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Cession de Chococam : six délégués du personnel menacés de licenciement pour réclamation de leurs droits

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Edjenguele Adrien Harding, Beng Dieudonné, Njell Fils Simon Pascal, Bikondy Félix Christian, Taah Ndjee Arnaud Fridolin et Mbayen Tonye Sylvestre ont osé demander à leur employeur les garanties des droits des plus de 400 travailleurs de Chococam, avant la cession des parts de l’entreprise au fonds d’investissement Minkama Capital. Chococam a lancé une procédure pour leur licenciement.

Six délégués du personnel de Chococam sollicitent la protection de l’administration du travail face à une procédure engagée par leur employeur. Dans un mémoire en défense daté du 12 octobre 2026, adressé à la déléguée régionale du Travail et de la Sécurité sociale du Littoral, Adrien Harding Edjenguele et ses cinq collègues demandent le rejet de la requête de licenciement déposée par la direction générale de Chococam le 23 septembre 2026. Edjenguele Adrien Harding, contrôleur qualité ; Beng Dieudonné, aide-magasinier ; Njell Fils Simon Pascal, senior operator ; Bikondy Félix Christian, agent de transfert ; Taah Ndjee Arnaud Fridolin, opérateur machine ; et Mbayen Tonye Sylvestre, magasinier pièces de rechange, ont commis le « crime » de faire leur devoir : demander l’application du Code du travail en cas de cession des parts dans une entreprise.

Au cœur du différend figure la cession de la participation de 74,69 % détenue par le groupe sud-africain Tiger Brands dans Chococam au fonds d’investissement Minkama Capital. Les délégués portent les voix des plus de 400 travailleurs qui réclament des garanties sur leurs droits sociaux avant la finalisation de la transaction. Leurs revendications portent notamment sur les réserves des mutuelles de santé, les contributions patronales à la retraite complémentaire, les avantages conventionnels et les engagements liés à la caisse de solidarité. Ils rappellent qu’un protocole relatif à cette caisse a été signé en mars 2024 par des responsables de l’entreprise.

Griefs contestés par les représentants du personnel

La direction reproche aux délégués d’avoir alerté la presse sur la situation qu’ils traversaient et d’avoir adressé une alerte au partenaire financier de l’opération, BGFI Bank. Ils sont aussi accusés de vouloir perturber le travail. L’entreprise a introduit une demande auprès de la Délégation régionale du travail et de la Sécurité sociale pour obtenir une autorisation de licenciement des six délégués du personnel. Dans leur mémoire, les représentants des travailleurs contestent ces accusations. Ils estiment que les griefs ne précisent pas les faits imputés à chacun et ne reposent pas sur des preuves suffisantes. « Un grief qui vise tout le monde ne prouve rien contre personne », soutiennent-ils dans leur argumentation.

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Les délégués expliquent que leur « démarche auprès de la direction de la conformité de BGFI Bank visait à obtenir la vérification du passif social, la conclusion d’un protocole tripartite et la constitution d’une provision destinée à garantir les droits des travailleurs ». Ils présentent cette initiative comme « une alerte liée aux conséquences sociales de la cession ». Ils invoquent également l’absence de grève, de préavis de grève et d’arrêt de travail pour contester les accusations de perturbation de l’activité. Selon eux, leurs interventions relèvent de leur mandat de représentation du personnel.

L’article 130 au centre de la procédure

Les six délégués fondent leur défense sur l’article 130 du Code du travail camerounais, qui encadre le licenciement des représentants du personnel et prévoit une autorisation préalable de l’inspecteur du travail. Ils demandent à l’administration d’« examiner les griefs individuellement et de vérifier si la procédure engagée présente un lien avec l’exercice de leur mandat ». Le dossier s’inscrit dans un différend collectif soumis au ministère du Travail et de la Sécurité sociale. Une commission paritaire avait été annoncée à l’issue d’une réunion tripartite en mai 2026. Sa réunion, fixée au 20 août, a fait l’objet d’une demande de report de la direction des ressources humaines, selon les documents produits par les délégués.

Le 9 octobre 2026, les services régionaux du travail ont prorogé d’un mois l’enquête relative à la demande de licenciement. Les délégués sollicitent désormais la communication du dossier de l’employeur, leur audition individuelle et celle de témoins. Ils demandent enfin le maintien de leurs emplois, de leurs fonctions représentatives et de leur rémunération dans l’attente de la décision administrative. L’issue de cette procédure déterminera la suite du dossier, alors que les garanties sociales liées à la cession demeurent au centre du conflit entre les représentants du personnel et la direction de Chococam.

Valgadine TONGA

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