La Commission des Droits de l’Homme du Barreau du Cameroun exige des explications sur l’interpellation et la garde à vue des journalistes François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili. Dans une déclaration publiée le 28 septembre 2026, la Commission met en cause les conditions de leur arrestation et se dispose à les accompagner afin que le préjudice soit réparé.
L’interpellation et l’incarcération arbitraire des journalistes camerounais François Essomba de Chine Afrique, Igor Guinweth Bibey d’Inform Plus et Pierre Mouchili du Procès international et Solange Djuikam de Univers-Infonet connaît un nouvel épisode. Alors que les médias à travers le monde, les parlementaires, les hommes politiques…dénoncent cette détention arbitraire et appellent le ministre auteur de la plainte, Alamine Ousmane Mey à faire amende honorable, la Commission des Droits de l’Homme du Barreau du Cameroun a rendu public son communiqué daté du lundi 28 septembre 2026.
Dans le document signé par sa Vice-Présidente Maître Dorcas Nkongme, la Commission des Droits de l’Homme du Barreau du Cameroun conteste la régularité de cette procédure. Dans sa déclaration, elle relève que les autorités ne disposaient pas d’éléments permettant, pour établir un lien entre les quatre journalistes et la disparition des lunettes : « Les quatre journalistes ont été arrêtés au -Palais des Congrès en pleine couverture médiatique-, et placés en garde à vue dans des conditions illégales et arbitraires. Ils étaient soupçonnés d’être impliqués dans la disparition des lunettes du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. Les lunettes ont été retrouvées 24 heures après leur disparition présumée », tandis que les journalistes ont passé en garde à vue huit jours pour Solange Djuikam, et six jours pour les trois autres.
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La Commission regrette une violation de procédure, en invoquant la présomption d’innocence et cite le préambule de la Constitution ainsi que l’article 118 alinéa 2 du Code de procédure pénale. Ledit article dispose : « Toute personne ayant une résidence connue ne peut, sauf cas de crime ou de délit flagrant et s’il existe contre elle des indices graves et concordants, faire l’objet d’une mesure de garde à vue. Elle demande aux autorités chargées de l’enquête de respecter les dispositions légales encadrant les arrestations et gardes à vue ».
La Commission « condamne avec la dernière énergie l’excès de zèle des autorités chargées de l’enquête préliminaire dans cette affaire, couronné de ces agissements illégaux qui bafouent les droits les plus élémentaires et les plus sacrés reconnus à la personne humaine. La Commission exige une fois de plus que celles-ci se conforment à la loi, notamment en veillant à ce que les arrestations et les détentions soient faites dans le respect des textes en vigueur, et que toute violation de ces derniers soit sévèrement sanctionnée. La Commission regrette amèrement la multiplication de ces gardes à vue qui violent de manière ostentatoire les prescriptions du code de procédure pénale et exige formellement que les autorités chargées de l’enquête préliminaire s’en imprègnent encore mieux pour application stricte et non biaisée ».
Le Barreau du Cameroun témoigne « sa solidarité aux journalistes victimes de ces abus. La Commission est disposée à les accompagner afin que le préjudice qu’elles ont subi soit réparé. La commission tient à rappeler aux autorités camerounaises en charge de l’enquête préliminaire que la présomption d’innocence est un droit fondamental reconnu à chaque individu, et que les conditions d’arrestation et de détention des personnes font l’objet d’un encadrement méticuleux non seulement par la Constitution, mais aussi par le Code de Procédure Pénale Camerounais ainsi que les instruments internationaux de protection des Droits Humains. »
Dans une déclaration rendue publique le 22 septembre, le Syndicat national des Professionnels de l’Information et de la Communication, SPIC, a demandé des excuses publiques du ministre Alamine Ousmane Mey, une réparation du préjudice subi et la fin de la procédure. Le syndicat a aussi annoncé le boycott des activités du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. Pour l’heure, les quatre confrères sont suivis médicalement, à leurs frais. La procédure judiciare intentée contre eux -pour des lunettes supposées disparues, puis retrouvée- reste pendante.
Valgadine TONGA








