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Douala : les sourds et malentendants marchent pour leurs droits

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Le lancement vendredi 18 septembre 2026 de la 68 édition de la Semaine mondiale des sourds a été marqué par une marche de sensibilisation. Les participants ont plaidé pour un meilleur accès à l’éducation, aux soins de santé, à l’emploi et aux services publics, avec la langue des signes au cœur des revendications.

 « À l’hôpital, j’ai besoin d’un interprète en langue des signes », « Éduquer un enfant sourd, c’est investir en son avenir » sont entre autres messages qui ont rythmé la marche organisée à Douala ce vendredi 18 septembre 2026 à l’occasion du lancement de la 68ᵉ édition de la Semaine mondiale des sourds. Partie du lieu-dit Ancien Dalip, la mobilisation a pris la direction de la délégation départementale des Affaires sociales à Bonanjo.

À travers cette initiative, les personnes sourdes et malentendantes entendent attirer l’attention sur les difficultés auxquelles elles restent confrontées au quotidien. Santé, éducation, emploi, accès aux services administratifs : les revendications portent essentiellement sur l’effectivité de leurs droits et leur pleine participation à la vie sociale.

Pour Innocent Djonthe, président de l’Association des Sourds du Cameroun, cette mobilisation constitue avant tout un acte de plaidoyer. « Nous sommes en train de marcher pour la reconnaissance de nos droits. Droits dans la santé, droits à l’éducation, droits au travail et beaucoup d’autres choses », explique-t-il.

Lire aussi : Arliane Matchodoum : « Notre objectif c’est que les sourds soient bien reçus lorsqu’ils se rendent dans un hôpital »  

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Le choix de Douala pour le lancement officiel de cette semaine n’est pas fortuit. L’objectif est de donner le coup d’envoi aux activités qui doivent se poursuivre dans les différentes régions du pays du 21 au 27 septembre. « Nous avons choisi la ville de Douala pour le lancement officiel. Aujourd’hui, nous commençons afin de permettre à toutes les autres régions du Cameroun de lancer les activités dans leurs régions respectives », précise le responsable associatif.

Vie sociale

Au-delà de la marche, les participants veulent surtout sensibiliser la société sur la question de la communication. Pour Dimitri Fokou, éducateur spécialisé dans l’accompagnement des enfants sourds, la principale difficulté demeure l’accès à la langue des signes. « Lorsque nous enseignons les enfants, après la sortie de classe, lorsqu’ils rencontrent le public, ils sont bloqués parce que les autres ne connaissent pas leur langue », souligne-t-il. Une situation qui, selon lui, limite leur autonomie et leur participation à la vie sociale.

L’éducateur plaide ainsi pour une introduction plus large de la langue des signes dans les services essentiels. « Même à l’hôpital, au commissariat, le problème de communication se pose », relève-t-il. Pour lui, l’inclusion ne saurait être pleinement effective sans une meilleure prise en compte de ce besoin. La question de l’éducation occupe également une place centrale dans les revendications. Des participants appellent les pouvoirs publics et les familles à favoriser la scolarisation des enfants sourds plutôt que leur maintien à domicile.

Du côté des Affaires sociales, l’accompagnement est présenté comme allant de la scolarisation à la professionnalisation. Fomba Rose, chef de service aux Affaires sociales, indique que le ministère intervient notamment dans le placement scolaire et l’accompagnement des personnes sourdes.

Elle rappelle également l’existence d’écoles inclusives et de centres de formation destinés à favoriser leur insertion. « Les enfants sourds sont des personnes à part entière dans la société camerounaise », insiste-t-elle, appelant les familles à se rapprocher des services sociaux afin de bénéficier d’un accompagnement adapté. Si les acteurs reconnaissent certaines avancées sont, notamment avec l’interprétation en langue des signes de certaines communications officielles et la présence d’interprètes sur quelques chaînes de télévision, ils estiment que des efforts restent nécessaires.

À travers cette semaine de mobilisation, la communauté sourde entend ainsi rappeler que l’inclusion ne se limite pas à la reconnaissance de droits sur le papier. Elle passe aussi par des dispositifs concrets permettant aux personnes sourdes et malentendantes de communiquer, d’apprendre, de se soigner, de travailler et de participer pleinement à la société.

Blanchard BIHEL

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