Dans l’agriculture tropicale, la durabilité se construit au cœur même de la production : gestion des sols et de l’eau, protection des forêts, maîtrise des émissions, traitement des effluents et traçabilité des matières premières. La Déclaration de durabilité 2025 de Socfinaf présente une stratégie fondée sur des standards internationaux, des outils scientifiques et un engagement contre la déforestation. Au Cameroun, la Socapalm en assure la mise en œuvre à travers la certification RSPO de ses six sites et un système de management environnemental certifié ISO 14001.
Pour Socfinaf, la performance environnementale constitue désormais un levier de performance économique. Présent dans huit pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, le Groupe inscrit sa production d’huile de palme et de caoutchouc dans une démarche structurée, articulée autour de politiques, d’indicateurs mesurables et de procédures harmonisées. La Déclaration 2025, élaborée en référence aux normes européennes ESRS, couvre notamment le climat, l’eau, la biodiversité, la pollution, l’économie circulaire et la traçabilité.
En 2025, les émissions consolidées du Groupe sont évaluées à environ 1,17 million de tonnes équivalent CO₂, dont près de 1,12 million pour les activités liées au palmier à huile. Certaines données demeurent estimatives, mais ces résultats ont conduit à la mise en place d’une Carbon Taskforce chargée de définir des objectifs de réduction des émissions et des mesures de mitigation adaptées aux activités agricoles et industrielles.
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La transition énergétique constitue un autre axe majeur. Les fibres, coques et autres résidus issus de la transformation des régimes alimentent les chaudières industrielles. En 2025, 79 % de l’énergie consommée par le Groupe provenaient de sources renouvelables, principalement de la biomasse, soit près de 941 120 MWh sur une consommation totale d’environ 1,106 million de MWh. Cette valorisation sécurise les besoins énergétiques, réduit le recours aux combustibles fossiles et transforme les sous-produits en ressources.
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Certification et biodiversité
L’ensemble des sites de production d’huile de palme de Socfinaf étaient certifiés RSPO en 2025, couvrant 176 603 hectares, dont les six plantations de la Socapalm au Cameroun. Cette certification, complétée par la norme ISO 14001, encadre la gestion des impacts environnementaux, la conformité réglementaire et l’amélioration continue.
La protection de la biodiversité repose sur les évaluations des Hautes Valeurs de Conservation (HCV), qui identifient les habitats sensibles, les zones forestières, les espaces essentiels aux ressources en eau et les sites d’intérêt pour les communautés. Le Groupe affirme n’avoir procédé à aucune conversion de couverture terrestre au cours des cinq dernières années, maintenir un engagement de zéro déforestation et n’avoir réalisé aucune nouvelle plantation sur tourbière depuis 2017. Environ 430 000 euros ont été consacrés en 2025 aux actions de préservation de la biodiversité.
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Eau, économie circulaire et intrants
La gestion de l’eau constitue un autre pilier de la stratégie environnementale. Les effluents d’huilerie (POME) sont traités au moyen de lagunes et de procédés anaérobies avant rejet ou valorisation. Des analyses régulières sont réalisées sur les eaux de surface, les nappes et les cours d’eau voisins, avec l’appui de laboratoires agréés. Des mesures complémentaires, telles que les zones tampons, le reboisement des berges ou les pièges à sédiments, complètent ce dispositif, même si le Groupe reconnaît ne pas disposer encore d’objectifs consolidés de réduction des rejets.
L’économie circulaire s’appuie sur la valorisation des rafles, fibres et coques comme amendements organiques ou combustibles. En 2025, Socfinaf a mobilisé au moins 700 000 euros d’investissements et 500 000 euros de dépenses opérationnelles pour optimiser l’utilisation des ressources et réduire les déchets.
La réduction des produits phytosanitaires relève également de cette logique. Le Groupe applique les principes de lutte intégrée contre les ravageurs, privilégie les solutions biologiques et agronomiques, a supprimé l’usage de l’aldicarbe depuis 2015 et du paraquat depuis 2020, tout en indiquant ne recourir à aucune substance classée « très préoccupante ».
Traçabilité et innovation au service de la durabilité
L’entrée en vigueur du règlement européen sur les produits exempts de déforestation (EUDR) renforce la place de la traçabilité. Les plantations sont cartographiées par GPS et systèmes d’information géographique afin de relier chaque matière première à son origine. En décembre 2025, Socfinaf déclarait atteindre 100 % de traçabilité de niveau 1 pour les filières palmier à huile et hévéa, avec des produits issus de ses plantations conformes aux exigences de l’EUDR.
Cette démarche s’appuie également sur des outils d’innovation, tels que la cartographie satellitaire, les plateformes numériques ou le calculateur PalmGHG de la RSPO, auxquels le Groupe contribue activement dans les instances internationales afin d’améliorer la mesure des performances environnementales.
À travers la Socapalm, cette stratégie trouve une application concrète au Cameroun. Les certifications RSPO et ISO 14001, la protection des écosystèmes, la gestion de l’eau, la valorisation de la biomasse et le renforcement de la traçabilité traduisent une approche où la compétitivité agricole repose sur la préservation durable des ressources naturelles. La Déclaration de durabilité 2025 souligne toutefois que certains indicateurs demeurent perfectibles et que le renforcement du reporting environnemental constitue l’un des principaux défis des prochaines années.
Cheikh Malcolm EPANDA






