Au Cameroun, pays hôte des milliers de réfugiés, l’accueil ne suffit plus. L’Ong Human Rights and Development Agency (HURDA), exhorte les Etats à investir dans l’éducation et l’emploi pour transformer les victimes de guerres en acteurs de développement.
À l’occasion de la Journée internationale des réfugiés 2026, cette Ong a lancé un appel à la solidarité et à la protection des droits fondamentaux des millions de personnes contraintes de fuir leurs pays à travers le continent africain. À travers un message poignant de Martial Ateba, son Secrétaire Général et les témoignages de ses coordinateurs régionaux, l’organisation réaffirme son engagement indéfectible pour des solutions durables et une intégration digne des réfugiés et des déplacés internes. Pour HURDA, les conflits, les persécutions et les crises humanitaires continuent de forcer des millions de personnes à abandonner leurs vies, leurs biens et leurs espoirs, pourtant obtenus de haute lutte. « Notre organisation se tient aux côtés de ces populations déplacées, reconnaissant la dignité intrinsèque de chaque être humain, indépendamment de sa situation ».
L’Afrique en général, continent marqué par une riche histoire d’accueil, se trouve aujourd’hui confrontée à des défis sans précédent en matière de protection des droits humains des réfugiés et des personnes déplacées internes. Le Cameroun en particulier, reconnu terre d’accueil historique pour des centaines de milliers de réfugiés, illustre bien cette réalité complexe. C’est dans ce contexte que HURDA intervient pour rappeler avec force que « le droit à l’asile et à la protection internationale n’est pas une simple faveur, mais un pilier fondamental du droit international, un engagement moral et juridique que nous devons collectivement honorer ».
Déplacements forcés
Au-delà de l’assistance humanitaire d’urgence, qui demeure essentielle pour répondre aux besoins immédiats, HURDA plaide avec conviction pour des solutions durables et porteuses d’avenir. « Il est impératif d’investir massivement dans l’intégration socio-économique des réfugiés, en leur offrant des opportunités d’éducation, de formation professionnelle et d’accès à l’emploi. L’accès aux droits fondamentaux, tels que la santé, le logement, la justice, doit être garanti sans discrimination ». Bien plus, poursuit l’Ong, « il est crucial de reconnaître que les réfugiés ne sont pas seulement des victimes passives de circonstances tragiques. Ce sont des individus résilients, porteurs de compétences et d’aspirations qui, avec un bon accompagnement, peuvent devenir des acteurs de changement et contribuer de manière significative au développement de leurs communautés d’accueil ».
Face à l’ampleur des déplacements forcés, HURDA exhorte avec la plus grande urgence les États, la société civile et la communauté internationale à intensifier leurs efforts. « Il est de notre responsabilité collective de nous attaquer aux causes profondes des déplacements forcés, qu’elles soient politiques, économiques ou environnementales. La sécurité des plus vulnérables, notamment les femmes, les enfants, les personnes âgées et celles vivant avec un handicap, doit être une priorité absolue. La promotion de politiques inclusives, qui favorisent la coexistence pacifique et le respect mutuel, est la clé d’une intégration réussie et d’un avenir partagé ». Les témoignages des coordinateurs régionaux, ancrés dans la réalité du terrain, viennent enrichir et préciser cet appel général, soulignant les défis spécifiques et les espoirs qui animent leurs interventions quotidiennes.
Diversité des réalités
Au Bureau régional HURDA pour l’Extrême-Nord du Cameroun, le Coordonnateur met en exergue la précarité persistante des populations réfugiées et déplacées internes, souvent victimes de violences et d’un accès limité aux services essentiels. L’accent est mis sur la nécessité d’une aide humanitaire continue, mais surtout sur des programmes d’autonomisation visant à permettre aux personnes déplacées de retrouver une vie digne et de contribuer à la reconstruction de leurs communautés. Dans cette partie du pays, la sécurité demeure une préoccupation majeure, exigeant une vigilance constante et un plaidoyer actif auprès des autorités pour garantir la protection des plus vulnérables. Dans la région de l’Adamaoua, le Coordonnateur du Bureau HURDA souligne l’importance de l’intégration socio-économique des réfugiés centrafricains. Il insiste sur le renforcement des liens entre les communautés hôtes et celles réfugiées, à travers des initiatives conjointes favorisant la compréhension mutuelle et la cohésion sociale.
L’accès à l’éducation pour les enfants réfugiés est également une priorité, considéré comme un investissement essentiel pour leur avenir et celui de leurs pays d’origine. La Coordonnatrice du Bureau HURDA pour la région du Nord aborde les défis liés aux déplacements internes engendrés par les crises socio-économiques et les impacts du changement climatique. Elle plaide pour une approche globale, allant au-delà de l’aide d’urgence, et intégrant des stratégies de résilience et de développement durable pour les populations affectées. Le plaidoyer en faveur de politiques publiques plus inclusives et d’une gouvernance améliorée est au cœur de ses préoccupations.
A Garoua-Boulaï dans la région de l’Est, le Coordonnateur du Bureau HURDA attire l’attention sur les conséquences des conflits transfrontaliers qui génèrent des flux migratoires importants. A côté de la recrudescence des conflits agropastoraux mettant aux prises populations réfugiées et hôtes, il souligne l’importance d’une coordination efficace entre les acteurs humanitaires et les autorités locales pour une réponse optimale. L’accès aux soins de santé et le soutien psychologique aux personnes ayant vécu des traumatismes constituent des éléments cruciaux de leur action.
Toujours à l’Est, le Coordonnateur du Bureau HURDA terrain de Batouri met en lumière la situation des femmes et des enfants. Des groupes particulièrement exposés aux risques et aux violences lors des déplacements. Il milite pour des programmes ciblés sur la protection de ces populations vulnérables, incluant la lutte contre les violences basées sur le genre et le soutien à la parentalité positive. L’éducation des filles est également présentée comme un levier fondamental pour leur émancipation et leur contribution au développement. A Bertoua, chef-lieu de la région de l’Est, le Coordonnateur du Bureau HURDA met en avant les défis spécifiques liés à la région du soleil levant, souvent confrontée à des déplacements de populations dus à des crises sécuritaires et économiques. Il insiste sur l’importance de programmes d’assistance humanitaire ciblés, tout en soulignant la nécessité d’investir dans des solutions à long terme, telles que le soutien à l’agriculture, à l’entrepreneuriat local, à l’accès à la documentation civile harmonisée, afin de favoriser l’autonomie des populations déplacées et de renforcer la résilience des communautés hôtes. Le plaidoyer pour la reconnaissance et la protection des droits des déplacés internes est une constante de son action.
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Enfin, le Coordonnateur du Bureau HURDA de Bétaré-Oya, insiste sur le renforcement des capacités des communautés locales à accueillir et à intégrer les personnes déplacées. Il souligne l’importance de programmes de développement économique bénéficiant à l’ensemble de la population, créant ainsi un environnement propice à la coexistence pacifique et à la solidarité. Le plaidoyer pour des politiques de retour volontaire, dans des conditions de sécurité et de dignité, est également un aspect important de son action.
Ange-Gabriel OLINGA BENG






