Du 6 au 14 avril 2026, la Socapalm a déployé une vaste opération de formation itinérante à travers cinq de ses sites, avec pour ambition de refonder en profondeur le dialogue social et d’en faire un levier de performance durable.
La Société Camerounaise de Palmeraies (Socapalm) a été le théâtre d’une vaste opération de renforcement des capacités sans précédent. À l’initiative de la Coordination des Syndicats et avec l’implication directe de la direction, des centaines de délégués du personnel ont été formés lors d’un séminaire itinérant de sept jours sur les sites de Kienké, Mbambou, Eséka, Dibombari et Edéa. Une stratégie d’investissement social visant à substituer la logique de revendication stérile par une culture du dialogue structuré au service de la productivité.
L’ambition était à la fois pédagogique et logistique : couvrir l’intégralité du maillage territorial de l’agro-industriel. Lancée le lundi 6 avril à Kienké, la formation s’est achevée en apothéose le 14 avril à Édéa, après des étapes intenses à Mbambou, Eséka et une session marathon le samedi 11 avril à Dibombari devant plus de quarante participants. Au total, sept jours de travaux intensifs ont permis de professionnaliser le mandat des élus du personnel, souvent livrés à eux-mêmes face à la complexité du Code du travail et des conventions collectives.
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L’engagement de la direction
Loin d’une posture attentiste, la Socapalm s’est pleinement impliquée dans l’organisation de ces assises. En confiant à la Coordination des Syndicats la mission de former ses propres troupes, la direction envoie un signal fort. Car la performance économique de l’entreprise est indissociable de la qualité du dialogue social. Les cadres de l’entreprise ont suivi l’opération en coulisses, convaincus qu’« une doléance bien posée, conforme à la loi, est généralement acceptée », témoigne un cadre de l’entreprise.
L’arrivée du partenaire Opalm dans le paysage a également été évoquée avec pragmatisme. Sous condition du respect des engagements, notamment la reprise intégrale des travailleurs d’Eséka, cette évolution capitalistique est présentée par les formateurs comme un levier de « continuité opérationnelle » pour la production nationale.
Moins de grèves, plus de droits
Le bilan de cette caravane est « entièrement positif », selon les mots du formateur Pierre Pascali Makota, président de la Coordination des syndicats. Le séminaire a révélé une soif d’apprendre chez des délégués longtemps sevrés de formation continue. Le principal acquis est un changement de paradigme radical. Notamment, la fin de l’opposition systématique. « L’employeur n’est pas un ennemi », ont martelé les experts en droit du travail, rappelant que le délégué est une « courroie de transmission » et non un bloc de contestation.
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Les travaux pratiques ont insisté sur la méthodologie : s’appuyer sur l’article 52 relatif à la continuité de l’emploi, maîtriser les textes pour éviter les contentieux inutiles, et poser les problèmes avec des données précises plutôt qu’avec arrogance. Si les problématiques transversales, comme la mise en œuvre de l’article 32 sur les indemnités de transport restent des points de vigilance, les participants repartent avec la conviction que la stabilité sociale est un préalable à l’amélioration des conditions de vie.
Alors que cette phase s’achève avec un rapport d’étape prometteur, la Socapalm et ses partenaires syndicaux posent un jalon essentiel vers une « paix sociale avancée ». Les délégués, désormais mieux outillés pour distinguer la revendication légitime du blocage stérile, ont six mois pour traduire ces enseignements sur le terrain. L’enjeu est de taille : transformer les plantations et les ateliers en modèles de productivité concertée, où la défense des droits des travailleurs rime avec la croissance des bilans comptables. Rendez-vous est pris pour mesurer, sur les taux de conflictualité et la performance des sites, si la semence du dialogue a définitivement pris racine.
Cheikh Malcolm EPANDA






