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Pr. Nida Marie Joseh Ntamak : la science, l’autonomie et l’audace d’être soi

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A l’occasion de la célébration de la 41ème édition de la Journée Internationale des droits des femmes, certaines trajectoires méritent d’être racontées parce qu’elles éclairent le chemin des plus jeunes. Celle de la Professeure Nida Marie Joseh, Doyenne de la Faculté des Sciences de l’Université de Douala, fait partie de ces parcours inspirants où la rigueur scientifique fait bon ménage avec l’humanité, et où l’excellence professionnelle s’accorde avec une vie pleinement assumée.

Géologue de formation, après sa thèse soutenue en France, elle est retenue comme enseignante à l’Université de Douala dès 1991. A pratiquement trente-cinq années de vie partagée entre les amphithéâtres et les arcanes de l’Administration universitaire, la Professeure Nida Marie Joseh épouse Ntamak appartient à cette génération de femmes qui ont choisi la science non pour prouver quelque chose à un tiers, mais, simplement parce qu’elle s’y sentait appelée. Dans son univers, fait de roche, de terrains et d’observation méthodique, elle cultive la précision, la patience dans la transmission comme enseignante, la discipline propre aux chercheurs. Au-delà des amphithéâtres et des laboratoires, c’est une personnalité riche et singulière qui se révèle. Mais derrière la scientifique se découvre aussi une femme animée par une curiosité constante. L’esprit scientifique ne se limite pas dans les laboratoires, il s’exprime aussi dans le quotidien, dans l’envie de comprendre, d’explorer et de construire.

L’école de l’autonomie

Mère de trois filles et épouse de Monsieur Ntamak, elle incarne un modèle d’équilibre entre responsabilités familiales et la Recherche scientifique. Chez elle, la science ne s’arrête pas à la porte de la maison : elle se prolonge dans une curiosité pratique et un goût prononcé pour le bricolage. Madame Ntamak est un véritable « couteau suisse » couture, électricité, peinture, électronique… elle aime comprendre, réparer, créer. « Toucher à tout », comme elle le dit elle-même, n’est pas seulement un loisir ; c’est une manière d’habiter le monde avec intelligence et autonomie.

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Cette indépendance ne doit rien au hasard, elle trouve ses racines dans l’éducation de son père. Un homme convaincu que ses filles devraient apprendre très tôt à se débrouiller par elles-mêmes, avant même d’envisager le mariage, leur inculquant le sens de l’autonomie et de la responsabilité. Une philosophie de vie qui continue aujourd’hui de guider la Professeure Nida dans ses choix, ses décisions et dans son regard sur les jeunes générations.

Femme de science à l’humanisme prononcé

Car, au-delà de ses casquettes de responsable administratif et académique, elle demeure profondément attentive aux autres. Humanistes dans l’âme, elle garde un regard sensible sur des personnes en difficulté et démunies, convaincue que la connaissance ne prend tout son sens que l’lorsqu’elle se met au service de l’humain.

Chrétienne pratiquante, elle revendique également une joie de vivre simple et authentique. Elle n’a jamais renoncé aux moments de convivialité entre amies, ni aux soirées animées qui permettent parfois de relâcher la pression du quotidien. Pour elle, la liberté personnelle et la responsabilité morale ne s’apposent pas au contraire, elle se complètent.

Ce regard libre sur la vie nourrit aussi sa vision de la place de la femme dans l’environnement camerounais en dans le milieu académique. La professeure Nida affirme n’avoir jamais ressenti le besoin de se définir d’abord par son statut de femme. Elle refuse également de se réfugier derrière cette identité pour obtenir des privilèges ou des passe-droits. Dans les amphithéâtres comme dans les échanges informels, elle transmet un message clair à ses étudiantes, à savoir, « la Science n’a pas de genre ». Les jeunes femmes doivent s’y engager avec confiance, détermination et exigence.

Si elle reconnait la pertinence des luttes féministes qui ont permis des avancées notables, elle insiste néanmoins sur une dimension essentielle : « L’émancipation passe aussi par l’effort dans sa tâche, la persévérance malgré les difficultés, la responsabilité permanente dans la posture et l’attitude ».  Pour la femme de science, les femmes doivent se projeter dans une dynamique de conquête plutôt que dans une posture de plainte. En présidant le comité d’organisation des activités liées à la Journée Internationale des droits de la femme à l’Université de Douala, la Professeure Nida impulse une action constructive et participative dans l’engagement féminin.

Son parcours rappelle une évidence parfois oubliée : les modèles inspirants ne sont pas seulement ceux qui parlent le plus fort, mais aussi ceux qui, par leur cohérence de vie, montrent silencieusement qu’il est possible d’être à la fois scientifique rigoureuse, femme libre, mère attentive et citoyenne engagée.

Pour les jeunes filles qui croisent sa route, elle représente bien plus qu’une enseignante ou responsable universitaire ; elle est la preuve vivante que l’audace, le travail, de la détermination et la confiance en soi peuvent ouvrir tous les horizons.

FLESS

 

Nida Marie Joseh épouse Ntamak en bref…

Née le 14 décembre 1964 à Yaoundé (Cameroun), Marie Joseph NIDA est professeure titulaire des universités, mariée et mère de trois enfants. Elle est actuellement Doyen de la Faculté des Sciences de l’Université de Douala, fonction qu’elle occupe depuis 2019.

Elle est également initiatrice et coordinatrice du Centre PETROMINE, une structure dédiée à la recherche et à la formation dans les domaines des géosciences et des ressources naturelles.

La professeure Marie Joseph NIDA a soutenu sa thèse de doctorat en mai 1993 à l’Université Henri Poincaré (Nancy I) en France, dans le domaine de la sédimentologie, avec une spécialisation en analyse des bassins sédimentaires.

Pionnière dans son domaine, elle est la première géologue recrutée à l’Université de Douala et également la première femme à occuper le poste de Chef du Département des Sciences de la Terre à la Faculté des Sciences de cette université.

Ses domaines d’enseignement et de recherche couvrent notamment :

La paléontologie et la biostratigraphie,

La stratigraphie séquentielle,

L’analyse des bassins sédimentaires,

Les géosciences pétrolières,

La diagraphie.

Elle est co-auteure de plusieurs publications scientifiques et participe activement à des projets de recherche nationaux et internationaux, en collaboration avec divers partenaires et opérateurs du secteur.

La professeure Marie Joseph NIDA est également membre de plusieurs associations et sociétés scientifiques, évaluatrice de publications scientifiques et encadreur de nombreux mémoires de recherche, contribuant ainsi à la formation de nouvelles générations de chercheurs dans le domaine des géosciences.

 

 

 

 

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