Après un mois de répit au cours duquel les immondices avaient quelque peu disparu des rues de la capitale économique camerounaise, Douala renoue depuis deux semaines avec ses montagnes d’ordures. À travers la ville, les tas de déchets refont surface et suscitent incompréhension et colère chez les habitants.
Au marché PK 10, ce jeudi 19 février 2026 et ce depuis plusieurs jours, marchands et clients cohabitent avec un immense monticule d’immondices. L’odeur est suffocante, la circulation difficile. « Voilà près de deux semaines que ce mont d’immondices n’a pas été enlevé », déplore un commerçant installé à quelques mètres du tas d’ordures. La montagne de déchets déborde sur la chaussée, réduisant l’espace de circulation et exposant riverains et usagers à des risques sanitaires évidents.
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Au lieu-dit Génie militaire, le constat est identique. Les habitants affirment ne plus apercevoir les camions de ramassage. « Voilà plusieurs jours qu’on ne voit même plus les véhicules en charge des déchets ménagers. Au départ, on pensait que c’était à cause de la route barrée pour la réfection des tuyaux. Mais est-ce que toutes les routes sont aussi barrées ? On ne comprend pas pourquoi le ramassage n’est plus assuré », s’interroge un riverain.
À presque tous les carrefours de la ville, le décor est le même : des tas d’ordures qui s’amoncellent, des odeurs nauséabondes et des populations contraintes de vivre au milieu des déchets. La ville ploie sous les détritus.
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Cette résurgence de la crise intervient un mois seulement après la mise en œuvre de la nouvelle structuration de la gestion des déchets ménagers adoptée par la Communauté urbaine de Douala.
Cette réforme a notamment été marquée par l’entrée d’un deuxième opérateur chargé du ramassage des ordures dans la ville, censée améliorer la couverture et l’efficacité du service. Mais sur le terrain, les résultats tardent à se faire ressentir. Est-ce des problèmes de coordination ? Des difficultés logistiques ? Des retards de financement comme c’est très souvent le cas ? Pour l’heure, les populations attendent des explications claires et surtout des solutions urgentes dans une métropole de plus en plus confrontée aux défis de l’urbanisation rapide.
Blanchard BIHEL






