Les services du cadastre ont présenté le rapport relatif aux limites foncières et aux rétrocessions au niveau de la Socapalm Dibombari, lors de la réunion tripartite du mercredi 21 janvier 2025. Si le contenu de ce rapport initié par l’entreprise a été vivement salué par les populations, d’aucuns s’inquiètent quant aux surfaces de moins en moins disponibles pour la culture de l’huile de palme.
Sur une concession initiale de 11 210 hectares 41 ares 01 centiare, la superficie actuellement conservée par la Socapalm à Dibombari est désormais de 8 643 hectares 47 ares 52 centiares. Ainsi, une superficie exacte de 2 566 hectares 93 ares 49 centiares est restituée à l’État. Voilà les chiffres issus des travaux de délimitation et de densification des bornes réalisés sur la concession de l’État mise à bail à la Socapalm. Ces chiffres ont été présentés par le cadastre, le 21 janvier courant à Dibombari. C’était à la faveur de la séance de concertation tripartite conduite par le Préfet du Moungo, et réunissant les autorités administratives, les élus locaux, les autorités traditionnelles, les élites et les représentants des communautés riveraines, la Socapalm.
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Ces travaux, menés à l’initiative de la Socapalm, avaient pour objectif de clarifier de manière précise les limites foncières et d’identifier les superficies effectivement exploitées. Il s’agit de bâtir des solutions durables et travailler en parfaite harmonie avec les riverains.

« Cette restitution volontaire des surfaces non exploitées traduit la volonté affirmée de la Socapalm de travailler en toute transparence avec les pouvoirs publics et les communautés riveraines, afin de clarifier durablement une problématique foncière qui a pu, par le passé, être source d’incompréhensions et de tensions locales. À travers cette initiative, la Socapalm confirme son engagement en faveur du dialogue, de la concertation et de la co-construction de solutions durables, contribuant ainsi à un développement local partagé et responsable », explique la Responsable communication de la Socapalm, Barbara Lienoue. Les différentes parties prenantes ont d’ailleurs salué la qualité du dialogue, l’esprit de collaboration et l’approche inclusive qui ont prévalu tout au long des discussions.
C’est depuis 2017 que la Société camerounaise de Palmeraies, a initié le processus de clarification foncière et de restitution d’une partie de sa concession à l’État du Cameroun. L’opération concerne Dibombari et tous les autres sites de l’entreprise. La Socapalm martèle que ce processus de restitution des surfaces non exploitées au terme du processus de révision de ces surfaces s’étendra progressivement à l’ensemble de ses sites. Si ces rétrocessions sont généralement perçues comme un progrès, elles ne font pas l’unanimité : une frange d’observateurs y discerne également des écueils et des risques potentiels.
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« Si l’Etat ou les populations continuent à récupérer les terres, ne soyez pas surpris que d’ici cinq ans, on importe 80% d’huile de palme, tout simplement parce qu’il n’y aura plus de terre cultivable. On devrait plutôt encourager l’entreprise à agrandir les surfaces cultivables, pour chercher à satisfaire la demande des consommateurs », raisonne Willy Tsanga. Selon les statistiques de la boîte, la demande atteint les 1,17 million de tonnes. Pourtant la production annuelle est en deçà de 200.000 tonnes. L’entreprise prouve sa bonne foi avec le processus de rétrocession. Mais l’Etat devrait se pencher sur ce problème des terres cultivables, qui créerait un sérieux chamboulement dans le panier de la ménagère.
Valgadine TONGA






