A l’issue des travaux de la 14ème Conférence ministérielle de l’OMC (MC14) à Yaoundé, le mouvement mondial La Via Campesina demande la fin de l’OMC et plaide pour la création d’un nouveau cadre fondé sur la souveraineté alimentaire. Le Mouvement martèle au MC14 jà Yaoundé que l’OMC et le libre-échange, engendrent la faim, la pauvreté et les inégalités.
La 14ème Conférence ministérielle de l’OMC qui se tient depuis le 24 mars 2026 au Palais des Congrès à Yaoundé, s’achève ce dimanche 29 mars 2026 sur une déclaration musclée du mouvement paysan La Via Campesina à l’adresse surtout des pays du Sud : « Il est grand temps de faire une évaluation critique des effets de l’OMC. Aucune des belles promesses sur un prétendu cycle de développement n’ont été tenues. Au contraire, l’OMC au cours de ses 28 années d’existence n’a été qu’un instrument de domination des grandes puissances du Nord global contre la souveraineté économique des pays du Sud Les petits producteurs d’aliments ont subi les impacts d’une idéologie délétère : l’idéologie néolibérale, selon laquelle tous les pays devraient abandonner leur souveraineté alimentaire pour importer au plus bas prix possible des marchandises alimentaires venues de l’autre bout du monde ».
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Les paysans d’Afrique, d’Amérique Latine et des Caraïbes, d’Europe, d’Asie, des Pays Arabes, d’Amérique du Nord réunis au sein de La Via Campesina, soulignent d’ailleurs qu’« aujourd’hui, la guerre impérialiste en Iran conduit à un blocage massif des flux de commerce mondial et les pays qui ont accepté de sacrifier leur souveraineté alimentaire se trouvent pris au piège. La leçon est claire, faire dépendre l’alimentation de sa population des flux internationaux de commerce est suicidaire. Chaque pays a le droit et le devoir de défendre sa souveraineté alimentaire, de façon à assurer que sa population mange à sa faim. Pour cela, les petits producteurs, paysans, pêcheurs, éleveurs nomades, Peuples Autochtones, doivent être protégés et soutenus, car ils produisent une alimentation saine pour plus de 70% de la population mondiale ».
Réunis en assemblée, en marge du MC14, La Via Campesina a publié sa déclaration censurant l’évènement. Le mouvement exige « le démantèlement du système commercial mondial actuel et à la création d’un nouveau cadre fondé sur la souveraineté alimentaire ». Dans cette déclaration finale intitulée « l’OMC et le libre-échange engendrent la faim, la pauvreté et les inégalités », le mouvement regrettent qu’à cette 14ème Conférence, « comme d’habitude, les pays riches et les grands pays exportateurs ont tenté d’imposer un nouveau cycle de libéralisation, en poussant pour plus d’accès aux marchés pour l’agrobusiness et les entreprises multinationales et pour la baisse des soutiens publics aux petits producteurs. Nous déplorons qu’ils soient parvenus à imposer un accord sur la pêche qui va empêcher les pays du Sud de soutenir convenablement les petits pêcheurs artisanaux, tout en laissant libre court à la pêche industrielle qui détruit les océans ».
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Pour eux, l’OMC contribue à l’augmentation de la pauvreté et de la faim dans le monde, à la destruction de l’environnement et à la hausse des inégalités. « Nous appelons à construire une alternative à l’OMC en créant un nouveau cadre de commerce basé sur la souveraineté alimentaire et la solidarité internationale. Il est temps pour tous les pays sincèrement préoccupés par le bien-être de leurs populations de travailler à la construction d’une alternative à l’OMC fondée sur la souveraineté alimentaire, l’auto-détermination des peuples et la solidarité internationale », ponctue le mouvement La Via Campesina.
Valgadine TONGA






