Yaoundé : journalistes, slameurs et rappeurs à l’école des migrations

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Ils ont reçu pendant deux jours des éléments pour mieux sensibiliser la jeunesse sur ce phénomène.

«Les images que nous voyons  à travers les chaines de télévisions font froid au dos. La migration clandestine est un gros problème pour la jeunesse africaine. Il nous faut trouver une solution». C’est en ces termes que Christian Ndombi, représentant du Directeur Régional de l’Unesco a ouvert le vendredi 28 novembre dernier à Yaoundé, les travaux du séminaire-atelier sur les migrations au profit des journalistes, slameurs et rappeurs.

Sur le thème «Autonomiser les jeunes en Afrique à travers les médias et la communication», le séminaire de formation, organisé par l’Unesco en partenariat avec l’Agence italienne pour la coopération au développement, avait pour objectif de permettre aux journalistes et aux artistes, dont l’influence est certaine sur les populations, d’appréhender les problèmes liés aux migrations afin  de mieux sensibiliser et donner la meilleure information à la jeunesse, principale cible et victime de ce phénomène.

3072 morts

Selon Jacques Blaise Nkene, conseiller technique au ministère des Arts et Culture (Minac), les problématiques de la migration des jeunes africains sont d’une extrême complexité et d’une grande importance. Ils sont par ailleurs, d’après ce dernier, un facteur majeur de perturbation démographique au regard du nombre de personnes migrantes dans le monde. Près de 250 millions selon les Nations Unies. Avec des risques encourus en chemin.

Environ 3072 morts en 2014. Un décès sur 35 personnes est enregistré sur les côtes de Lampedusa en Italie. Sans compter les kidnappings, l’esclavage et les trafics d’organe dont sont victimes plusieurs d’entre eux sur leur parcours ou dans leurs pays de destination. «Le migrant est perçu dans la plupart de ces pays comme un moins que rien pourtant il apporte parfois beaucoup dans le pays d’accueil», souligne Yves Tsala, président de l‘Ong  Smic (Solution aux migrations clandestines).

Cet expert a longuement, au cours de ces travaux, plongé les participants sur les causes et conséquences des migrations sur les populations. Entre autres le traumatisme subit par de nombreux migrants, les viols, les activités des passeurs, le refus des familles d’accueillir les leurs dont le retour est considéré à leurs yeux comme un échec, l’absence de prise en charge et d’une politique véritable des migrants au Cameroun… Cet exposé sera suivi du témoignage d’un couple d’anciens migrants de retour au pays ayant bénéficié d’un accompagnement. YvesTsala estime par ailleurs que le meilleur management de la migration consiste à maximiser les effets positifs afin qu’elle soit bénéfique pour le pays d’origine ainsi que pour les pays de destination.

Le mirage de l’eldorado

Environ 3072 morts en 2014. Un décès sur 35 personnes est enregistré sur les côtes de Lampedusa en Italie. Sans compter les kidnappings, l’esclavage et les trafics d’organe dont sont victimes plusieurs d'entre eux sur leur parcours ou dans leurs pays de destination. «Le migrant est perçu dans la plupart de ces pays comme un moins que rien pourtant il apporte parfois beaucoup dans le pays d’accueil», souligne Yves Tsala, président de l‘Ong  Smic (Solution aux migrations clandestines). Selon Jacques Blaise Nkene, conseiller technique au ministère des Arts et Culture (Minac), les problématiques de la migration des jeunes africains sont d’une extrême complexité et d'une grande importance. Ils sont par ailleurs, d’après ce dernier, un facteur majeur de perturbation démographique

Des participants au séminaire.

Le baryton Greg Belobo, artiste musicien et globe-trotter, venu à son tour échanger avec les participants, a abordé le volet des stéréotypes et image. Surtout l’image négative véhiculée par nous-mêmes et nos pays qui laissons penser que le meilleur est ailleurs. Le chanteur d’Opéra a suggéré aux participants de rectifier cette perception dans le cadre de l’exercice de leur métier. « Il revient à vous de changer cette façon de faire et de voir les choses», a-t-il déclaré.

La tranche d’âge des candidats aux migrations étant comprise entre 15 et 35 ans, le choix des slameurs et rappeurs, artistes proches de la jeunesse de par leur art, n’est donc  pas anodin. A travers leurs textes, ils sont susceptibles de captiver l’attention de la jeunesse. De même pour les hommes de médias dont la diffusion des informations et programmes est capitale sur la décision et le comportement du potentiel migrant, ceux sur le chemin du retour ou d’autres déjà rentrés dont certains n’ont plus de repère. Plusieurs journalistes ont d’ailleurs félicités l’initiative. « Cette rencontre nous a permis d’être d’avantage outillé en matière de migrations irrégulières et de pouvoir désormais aborder le sujet avec beaucoup plus d’aisance. Nous ferons mieux de sensibiliser les populations africaines sur cette activité qui a plus de dangers que d’avantages», indique le journaliste Roland Macaire.

Félix ÉPEE

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