Samuel Nana Sinkam : l’hirondelle qui annonce le printemps…à Bangou

0

Maillon essentiel et personnage presqu’indispensable dans l’apaisement des tensions pendant la bataille successorale à la tête de la chefferie supérieure Bangou, l’ex fonctionnaire onusien a boudé une retraite paisible et dorée sur les bords de l’Atlantique pour se consacrer au développement de Bangou. Cahier d’un retour au village natal.

Maillon essentiel et personnage presqu’indispensable dans l’apaisement des tensions pendant la bataille successorale à la tête de la chefferie supérieure Bangou, l’ex fonctionnaire onusien a boudé une retraite paisible et dorée sur les bords de l’Atlantique pour se consacrer au développement de Bangou. Cahier d’un retour au village natal.

Samuel Nana Sinkam.

Samuel Nana Sinkam ! A l’épreuve du sondage, il entrerait certainement dans le très célèbre Guinness world record. Car ce nom est revenu des milliers de fois dans les colonnes de journaux, les émissions radios ou télévisés ces trois derniers mois. Célébré ou vomi ; encensé ou conspué ; élevé ou noirci, l’homme qu’on sait généralement discret si ce n’est effacé, s’est retrouvé sous le feu des projecteurs. Lui qu’on présente comme un personnage incontournable dans le processus qui a débouché à la désignation le 28 janvier 2019 de Sa Majesté Maurice Ngambou Kemayou. Le nouveau roi Bangou choisi selon les coutumes ancestrales et acclamé par le peuple Bangou tout entier.

Mettant ainsi un terme à de longues et interminables semaines d’atermoiements et d’échauffourées autour du trône du défunt roi Paul Bernard Kemayou. Ulcéré et las de voir cette famille respectable et respectée, continuer à se déchirer sur la place publique, cet ex fonctionnaire de l’Organisation des Nations unies (Onu) a décidé d’emboucher la trompette de la réconciliation à l’effet de rassembler les différentes factions en dissidence autour d’un même idéal : la paix, seul gage de l’honorabilité de cette chefferie de l’Ouest Cameroun, dont la genèse renseigne à suffire sur son obsession dans la préservation des valeurs traditionnelles. Lire aussi :Succession à la chefferie supérieure Bangou : la vérité qu’on refuse de dire…

Au nom de la paix

Le 10 et 11 décembre 2018, il a réunit toutes les souches autour de l’arbre à palabre et a posé comme impératif pour le rétablissement d’une paix  durable, la reconstitution de l’histoire du groupement Bangou. S’en est suivi le 14 janvier d’un grand rassemblement de toutes les souches à la Fondation Sinkam Charles (Fosic) dont il est le bâtisseur, pour prôner le message de la paix, de la retenue entre les fils et les filles de cette contrée. La suite, on la connait. Même si la démarche de Nana Sinkam a ouvert un boulevard à la polémique et ressusciter une nouvelle guerre de clans, le happy-end de l’histoire a consacré S.M. Ngambou Kemayou, nouveau chef supérieur des Bangou, ce avec l’assentiment de chefs Mbete, Degso, Balambo, Meudjieu, Fople et Ndengnieup. Ces « gardiens et porteurs de la tradition » qui ont marqué leur satisfaction pour la diligence et le dévouement dont a fait montre l’autorité administrative lors des cérémonies des obsèques à travers une correspondance datée du 1er février et adressée au préfet des Hauts-Plateaux. Mais qui est donc ce Samuel Nana Sinkam dont les réalisations à caractère sociales, économiques et culturelles occupent une place prépondérante dans les investissements consentis par la Fosic ?

Maillon essentiel et personnage presqu’indispensable dans l’apaisement des tensions pendant la bataille successorale à la tête de la chefferie supérieure Bangou, l’ex fonctionnaire onusien a boudé une retraite paisible et dorée sur les bords de l’Atlantique pour se consacrer au développement de Bangou. Cahier d’un retour au village natal.

Fondation Sinkam Charles au service de la population.

Une vie de diplomate

Il a entamé sa carrière de diplomate en 1967 comme économiste à l’Onu pour l’alimentation et l’agriculture (Fao, à Rome) dont il était le représentant à Brazzaville (République du Congo) depuis 1995. De 1987 à 1995, il fut représentant du Directeur-général de la Fao auprès de l’Organisation de l’unité africaine (Oua) et Directeur de la Division commune sur l’agriculture de la Commission économique pour l’Afrique (Cea) et de la Fao à Addis-Abeba (Ethiopie). En 1993, il a dirigé la Mission de haut niveau inter-institutions des Nations Unies chargée d’examiner la situation économique de la Namibie. Nana-Sinkam a également occupé plusieurs fonctions au sein du ministère de la Planification du Cameroun. En 1970, il a rejoint le Fonds monétaire international (Fmi) à Washington, D.c. et a été chargé, à divers postes, des questions macroéconomiques et de l’assistance technique. En tant que Directeur exécutif du Fmi, de 1976 à 1982, il était en charge de 21 pays africains, dont la Guinée-Bissau.

De 1984 à 1986, il a occupé un poste de conseiller principal au Fmi, après avoir été professeur de développement économique et de théorie monétaire à l’Université de Paris IX Dauphine et conseiller du président de la « Chase Manhattan Bank » à New York. L’homme a également étudié les sciences économiques et la planification à l’Institut de développement économique et de planification de Dakar (Sénégal) et est titulaire d’un doctorat en sciences économiques de l’Université de Poitiers (France) et de la George Washington university. Outre de nombreuses publications sur les questions économiques, monétaires, commerciales, de développement et d’assistance technique, il s’est occupé pendant plus de vingt ans, de diffuser des idées sur la résolution des conflits et la médiation, sur la transition et la démocratisation et sur les liens avec les valeurs africaines traditionnelles.

La reconnaissance qui vient de Rome

Sur un plan purement local, les œuvres de ce patriote (qui a servi les deux régimes (Ahidjo et Biya) tout en se refusant d’entrer au Gouvernement), foisonnent. Parmi les plus éloquents, la réhabilitation du Collège catholique St Jean Baptiste de Bangou jadis voué à la fermeture à cause de la désuétude des infrastructures et l’incapacité à disposer d’un cycle d’éducation complet. Grâce aux bons soins du diplomate, cet établissement ressuscité, affiche désormais chaque année, des résultats scolaires parmi les plus miroitants dans la région de l’Ouest. Un bienfait n’étant jamais perdu, Sa Sainteté le Pape François a décidé de décerner à la Fosic à travers son président Nana Sinkam, la plus haute reconnaissance ecclésiale, en l’occurrence la « Bénédiction Apostolique».

Ce geste venu de Rome marque l’intérêt indéfectible de l’Eglise Catholique pour les œuvres sociales multiformes de la Fosic visant à booster le développement local. Et l’homme n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. «J’ai des ambitions pour le Cameroun, annonce-t-il. Mais je ne peux les réaliser tout seul. Il nous appartient à nous les fils du Cameroun, de nous approprier cette volonté du président de la République pour agir dans le même sillage que lui à tous les niveaux, en l’occurrence au niveau des départements, des arrondissements et des villages. Si chacun d’entre nous faisait les choses dans le même esprit que nous les membres de la Fosic sommes en train de faire à Bangou, je crois que le Chef de l’Etat serait encore plus fier de ses concitoyens. Et le jour où il se lèvera pour parler au peuple, il dira ; j’ai accompli ; j’ai fait ma mission. Et pour le faire, il a besoin de nous tous ».

Volonté de changement

Soucieux du décollage de Bangou, Nana Sinkam estime que ce développement cher à ses yeux, ne passera que par la volonté du peuple, d’accepter le changement. Les jalons sont d’ores et déjà posés par la Fosic créé en hommage au père de l’illustre fondateur qui fut le 10e de la dynastie régnante. L’exemple de la Provenderie qui a été mise sur pied dans le cadre des activités de la Fosic et qui fonctionne en utilisant les trois matières premières (maïs, arachides, soja…) que lui fournissent les agriculteurs de ce village, en est une parfaite illustration. Ceux-ci ont là l’opportunité d’écouler leurs produits plus facilement au lieu d’aller perdre beaucoup de temps au marché pour parfois ne pas être capable de vendre le fruit de leurs récoltes décemment. « Nous voulons des citoyens volontaires qui veulent travailler, nous ne voulons pas des garanties extraordinaires dans ce cadre-là. La garantie c’est la solidarité sociale. Nous ne demanderons jamais au niveau de cette banque à un citoyen de mettre en gage son mobilier ou bien demander aux citoyens de donner à la Fosic sa maison, son titre foncier ou quoique ce soit en garantie. Si déjà le citoyen appartient à une structure sociale reconnue par les habitants du village Bangou, cela suffit largement comme garantie pour lui accorder un crédit », confie-le prince le plus âgé de la famille royale.

Et de se féliciter d’avoir contribué à mettre en pratique des recommandations qui ont été faites par Paul Biya dans ses nombreux discours à la jeunesse. C’est-à-dire réduire l’exode rural dont les corolaires sont la délinquance, l’extension de l’habitat spontané, le désordre urbain et autres plaies de notre société. La Fosic a également du cœur pour des enfants nés avec des malformations cardiaques. « Quand on naît avec une malformation cardiaque, je peux vous assurer que la probabilité de mourir avant les 10 années qui viennent est très élevée. Lorsque les parents de ces enfants les amènent vers nous, pour éviter de les évacuer, nous faisons venir des médecins spécialistes d’Afrique du Sud, des Etats-Unis, d’Italie et d’ailleurs qui leur font des opérations chirurgicales sur place à Shichon dans la région du Nord-Ouest Cameroun. Jusqu’à présent, plus de 10 enfants ont bénéficié de ces opérations et ils se portent à merveille. La facture pour chacun d’entre eux s’élève à pas moins de sept millions de Fcfa. Nous le faisons sans rien attendre en retour parce qu’en réalité, il y a de la honte à être heureux tout seul », explique-t-il.

Au chevet des malades

Au centre de cardiologie de la Fosic.

Cerise sur le gâteau, au lieu dit « Bangou Carrefour », une pharmacie comprenant un laboratoire d’analyses médicales de référence et un centre d’hémodialyse bien équipée, est ouvert à la population. Grâce au relationnel de Nana Sinkam, des brillants médecins à l’instar du Pr Patrick Nana Sinkam, cancérologue, chercheur résidant aux Etats-Unis et Dr Armel Djomou ont accepté de s’occuper des opérations de dépistage des cancers. Ces deux chercheurs sont arrivés à découvrir un nouveau système de dépistage du cancer qui permet avec une goutte de sang de dépister normalement si le patient est sujet à cancer ou non. Une méthode innovante qui fait le bonheur des hommes et femmes de cette localité puisqu’ils ne sont plus obligés d’effectuer un voyage pour le Centre pasteur de Yaoundé en cas de maladie.

A cela vient se greffer l’ouverture d’un centre multimédia équipé d’une trentaine d’ordinateurs neufs de dernière génération et bénéficiant de la connexion internet haut-débit. A la pointe de la technologie, ce centre fonctionne avec la solution Cyber Cloud, une innovation qui présente de nombreux avantages, notamment la possibilité de bénéficier d’une assistance à distance en permanence. Le don est aussi composé d’autres équipements tels que : vidéo projecteur, imprimante, disques durs externes, mobiliers etc. Last but not the least, le financement par la Fosic des études des bacheliers qui obtiennent leur concours d’entrée à l’Université des montagnes (Udm) de Bangangté. Un établissement de microfinance (Kapgok), une usine de fabrication de seringues perchée au sommet de Kagweu Bangou, une briqueterie, des étangs de pisciculture sont autant de projets créés pour venir en appui aux jeunes de Bangou et partant des camerounais.

Source Le Messager

Share.

About Author

Leave A Reply