Rod On Junior : «L’écriture est une contribution au développement culturel de son pays »

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Romancier et scénariste à succès, ce Camerounais vient de commettre son troisième roman intitulé « Le tunnel bleu », bien accueilli et applaudi par la critique. Lauréat de l’Award du Meilleur réalisateur au Festival international du film de Philadelphie, il raconte dans ce nouvel opuscule, une histoire passionnante et intrigante en 286 pages réparties en un prologue, dix chapitres et un épilogue.

Romancier et scénariste à succès, il vient de commettre son troisième roman intitulé « Le tunnel bleu », bien accueilli et applaudi par la critique. Lauréat de l’Award du Meilleur réalisateur au Festival international du film de Philadelphie, il raconte dans ce nouvel opuscule, une histoire passionnante et intrigante en 286 pages réparties en un prologue, dix chapitres et un épilogue. Dans cette interview, Rod On Junior revient sur ce livre qui s’arrache comme du petit pain. "Quand vous écrivez un ouvrage dont la note critique se retrouve en couverture du très célèbre  Washington post qui est pratiquement le deuxième meilleur journal dans le monde entier

A quoi renvoie « Le tunnel bleu » ?

Le tunnel bleu c’est la version traduite en français. En effet, la version originale c’est en anglais c’est-à-dire « The blue tunnel ». Le bleu renvoie à l’espoir, il renvoie au ciel pour ceux qui sont chrétiens. Le bleu symbolise un peu le ciel. Quand vous êtes couchés à même le sol, le premier regard que l’on a, c’est vers le ciel. La couleur bleue symbolise aussi l’amour, l’espoir et  la paix. Le couple qui est assis là c’est un peu comme vous et moi et le reste du monde. Le couple sur la couverture de l’ouvrage est un couple qui n’a pas d’âge ni de couleur. Il est le symbole de l’humanité c’est à dire l’homme et la femme. Face à leur destin, ils regardent droit vers le ciel. C’est un regard vers la foi que demain sera plein d’espoir. Il y a aussi le tunnel. Notre vie n’est qu’un tunnel. On ne sait jamais quel est le bout. Quelle est la sortie ou quelle est l’entrée. Quand on entre, quand on sort on ne sait pas ce qu’il y a dedans. En réalité, nous vivons dans un petit trou avec toutes les conséquences qu’il y a là-dedans dans le bon et dans le mauvais sens. Ça monte et ça descend et ça avance. Mon livre parle d’une belle histoire d’une vie d’un couple métisse qui se rencontre et qui forme une vie qui arrose leur vie mais qui connaît à un moment donné, des péripéties, des hauts et des bas. En bref, il s’agit du destin funeste d’une famille en quête de bonheur, mais l’arrivée du bonheur plonge plutôt la famille dans le malheur.

Est-ce que le choix du titre s’inscrit dans une perspective marketing ou alors pour conscientiser les sociétés ?

En fait s’il fallait suivre mon éditeur je dirais non. Parce que si le titre avait une visée marketing, on aurait pu renvoyer ça à un titre plus accrocheur, plus vendable comme par exemple « Les destinées ». Mais ça collait beaucoup plus avec des histoires narrées juste pour faire le buzz. Ce n’est pas que je décris la société mondiale conçue comme elle est, cependant je dis qu’on ne peut pas vivre dans une société en ignorant les valeurs, les identités des autres. Si vous êtes Camerounais vous n’allez pas vivre par exemple en France  en ignorant les valeurs françaises. Pour mieux s’adapter, il faut pouvoir être comme un caméléon pour avoir une couleur, s’insérer afin de vivre dans cette société. Si quand vous venez vers l’Afrique, vous ignorez les valeurs africaines vous pouvez être frappé d’un sort qui peut vous faire mal. En définitive, pour pouvoir vivre confortablement dans une société il faut connaître les choses qui sont autorisées et interdites.

N’avez-vous pas tenté à travers ce roman, de vous essayez à un nouveau genre littéraire bien loin du promoteur culturel que vous êtes ?

Ah non ! Je ne pense pas. Déjà il faut dire une chose : au Cameroun, les gens ont peut-être cette image de moi, cette casquette d’un homme d’affaires, un homme des médias, un homme de culture et un producteur aussi. Mais de l’autre coté ou je vis (Etats-Unis Ndlr), où je passe beaucoup plus mon temps, je suis à mon troisième livre. Le tunnel bleu n’est pas mon premier opuscule. Il ne s’agissait donc pas d’un coup d’essai. Au départ, ce livre est inspiré d’une histoire vraie. C’est un parcours fait  de hasard, je me retrouve à Vérone (Italie)  je suis égaré, je rencontre un abbé de l’église catholique romaine qui me parle de sa famille, je suis intéressé. Et là je me rends compte que les thématiques développées que ce soit l’amour, le destin, la famille, le mal, le bien peuvent être des thématiques universelles. C’est un peu ça qui me pousse à écrire ce bouquin.

Votre roman traite des thématiques tels que l’amour, le destin la responsabilité etc… Ne vous est-il pas venu à l’esprit de faire par exemple un essai sur une thématique plus camerounaise ?

Romancier et scénariste à succès, il vient de commettre son troisième roman intitulé « Le tunnel bleu », bien accueilli et applaudi par la critique. Lauréat de l’Award du Meilleur réalisateur au Festival international du film de Philadelphie, il raconte dans ce nouvel opuscule, une histoire passionnante et intrigante en 286 pages réparties en un prologue, dix chapitres et un épilogue. Dans cette interview, Rod On Junior revient sur ce livre qui s’arrache comme du petit pain. "Quand vous écrivez un ouvrage dont la note critique se retrouve en couverture du très célèbre Washington post qui est pratiquement le deuxième meilleur journal dans le monde entier

Au départ, je ne me suis pas poser la question de voir si mon roman devait absolument être le fruit d’une histoire camerounaise. Quand on écrit, on n’écrit pas pour un peuple ou pour un pays surtout quand on est  auteur ou écrivain international. On écrit pour tout le monde. On écrit pour l’universalité des thèmes. Sinon, j’aurais pu par exemple écrire sur la secte terroriste Boko Haram et on se serait arrêté sur deux ou trois pays par rapport à l’angle d’approche de l’histoire. Mais je pense que l’histoire du tunnel bleu touche un peu tout le monde. Les Camerounais se retrouvent là-dedans parce que au quotidien notre vie est colorée d’amour, de paix, de haine. Le Cameroun c’est un grand pays en termes de tout ce qui est christianisme. C’est vous dire que je touche aussi la sensibilité de ces gens-là qui vont constamment à l’Eglise et qui se pose la question quand c’est dur, de savoir si Dieu existe vraiment.

Pourquoi avoir jeté votre dévolu sur les Editions Ifrikiya plutôt qu’une autre maison d’édition ?

En fait, il y a deux ou trois autres auteurs Camerounais que j’ai lu notamment madame Evelyne Mpoundi Ngollé qui a écrit « sous la cendre le feu ». J’ai lu et j’ai aimé un petit peu l’approche de l’éditeur. Ce n’est pas une grosse maison, mais c’est une maison sérieuse dans les choix de ce qu’ils font. Il y a une certaine ouverture, le contact avec l’éditeur est important. Et quand on est auteur, on peut ressentir qu’on parle le même langage et quand on commence à parler le même langage, la vente est beaucoup mieux faite. J’ai besoin que l’éditeur s’approprie mon histoire et me la raconte. C’est ce qu’Ifrikiya a fait. Ici, on parle le même langage, je me sens à l’aise et je continue à travailler avec lui. J’ai eu d’autres propositions dans d’autres maisons d’éditions mais j’ai jeté mon dévolu sur Ifrikiya à cause de la façon dont ils se sont appropriés le texte, l’histoire, le récit. Et là, j’ai senti qu’on pouvait faire mariage ensemble.

Est-ce que les retours que vous avez des ventes sont positifs ?

Je suis très étonné des retours que nous avons. Les premiers 500 bouquins qui ont été imprimés par l’éditeur s’arrachent comme des petits bouts de pain. Et l’éditeur lui-même est très étonné puisqu’on dit chaque fois que les Camerounais ne lisent pas beaucoup. Il faut aussi saluer les critiques que nous avons reçu. Quand vous écrivez un ouvrage dont la note critique se retrouve en couverture du très célèbre  Washington post qui est pratiquement le deuxième meilleur journal dans le monde entier, ça représente quelque chose d’immense. Mieux,  les notes critiques faites à Cameroon Tribune et à la Cameroon radio and television (Crtv) sont une preuve que le livre vaut la peine d’être lu. Cela participe un peu à l’émancipation du bouquin et à l’ouverture que d’autres personnes puissent le lire.

Entretien avec Daniel NDING

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