Port autonome de Douala : comment Paul Biya a sauvé Bolloré du naufrage

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Sommé de quitter le quai le 16 septembre dernier suite à une décision du Directeur général du Pad consacrant la société de droits suisses Terminal investment limited (Til), comme adjudicataire provisoire de la concession dudit terminal, Bolloré tel le Phœnix, renaît de ses cendres.

Retour sur le quai ! Capitaine Bolloré reprend les commandes du navire. La mort par noyade de Douala international terminal  (Dit) issu du consortium Groupe Bolloré n’est plus d’actualité. Il n’y aura d’autre opérateur chargé de la rénovation, de la modernisation, de l’exploitation et de la maintenance du terminal à conteneurs du port de Douala-Bonabéri que l’indétrônable français capitaine d’industrie. L’entreprise de droits suisses, Terminal investment limited (Til) qui sabrait déjà du bon champagne, parce que retenu finalement parmi une dizaine de postulants, devra libérer le plancher. Une correspondance de Ferdinand Ngoh Ngoh, ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République, en date du 23 octobre 2019, adressée au Dg du Pad, ordonne la suspension de la procédure  de passation de concession dudit terminal.

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L’effet Yves Le Drian ?

Dans la lettre adressée au Dg du Pad, Ngoh Ngoh instruit ce dernier de «suspendre les travaux de finalisation des termes du contrat de concession, ensemble, ses annexes, avec la société Terminal investment limited (Til), adjudicataire provisoire de la concession des activités de rénovation, de modernisation, d’exploitation et de maintenance du terminal à conteneurs du port de Douala-Bonabéri, en attendant les conclusions définitives de l’affaire société Apm terminals Bv et Bolloré Sa contre Port  autonome de Douala et portant sur la requête aux fins de sursis à l’exécution de la décision N°0006219/DG/PAD du 8 janvier 2019». Hasard de calendrier ou simple coïncidence ? Le moins que l’on puisse dire c’est que cette correspondance du Sgpr inonde les réseaux sociaux au moment où Yves Le Drian, ministre français de l’Europe et des affaires étrangères est en séjour au Cameroun et principalement à Douala où il a rencontré ce jour, le patronat camerounais. Lui qui a pour mission de réchauffer et relancer le partenariat économique avec le Cameroun, pays avec qui l’Hexagone garde des liens historiques. Comment donc ne pas y voir un lien étroit lorsqu’on connait la mainmise de la France sur le contrôle de ses « colonies »? Encore que le sortie de Ngoh Ngoh intervient quelques jours après le tête-à-tête de Paul Biya et Emmanuel Macron.

Disqualification

On se souvient que le consortium Bolloré transports and logistics et son associé danois, Apm terminals, avait été évincé de la short-list des entreprises retenues comme pré-qualifiées en vue de participer à cette concertation internationale restreinte. Le consortium avait alors traîné le Pad en Justice, après avoir engagé une démarche auprès du Tribunal administratif de Douala afin d’être édifié sur les mobiles réels de sa disqualification, avec en filigrane, l’intention d’obtenir du tribunal, l’annulation de la procédure ayant débouché à sa mise à l’écart. Dans la foulée, Bolloré et Apm ont saisi également la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale de Paris à propos du différend qui les oppose au Pad au sujet du paiement des frais de stationnement. Affaire à suivre !

Daniel NDING

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