Noël : Jésus, naissance fêtée, œuvres ignorées

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La naissance n’est que le début d’une vie, faite d’œuvres laissées en héritage. Celle de Jésus aussi, mais aujourd’hui on fête sa naissance tout en bafouillant complètement ses œuvres
Ils sont nombreux, de confession religieuse chrétienne, qui ont célébré le 25 décembre à travers le monde et au Cameroun la naissance de leur Messie, le sauveur Jésus Christ, au cours de la célébration de ce qui est connu sous le nom de fête de Noël.

Au-delà des polémiques sur la véracité de la date, tous ceux qui croient à un être suprême sont au moins unanimes sur cette venue au monde. Mais au fil des années, le constat est que beaucoup fêtent cette naissance, mais s’arrêtent là, sans se poser la question de savoir ce que le Messie en question est devenu après, quelles sont ses œuvres et ce qu’il a laissé comme héritage. Cela n’empêche pas que le quotidien de chacun soit rythmé par lui, en commençant par le calendrier. Si on est en 2019 aujourd’hui, c’est en rapport avec la venue au monde de cet enfant de Bethléem, la première année prise comme référence étant son année de naissance.
Influence
La naissance de Jésus a en effet mis fin à l’ancienne période temporelle, désignée comme des années avant Jésus Christ, en même temps qu’elle inaugurait la nouvelle période qui compte déjà 2019 et bientôt 2020 ans. Cette rupture est formalisée dans la bible par la division en ancien et nouveau testament, l’ancien testament retraçant l’histoire du peuple Juif jusqu’à la naissance, et le nouveau prenant le départ après l’avènement du Messie. Cette naissance a surtout bouleversé les habitudes et imposé des modifications profondes au sein des populations de son époque et même après, provoquant une opposition farouche de la part du système gouvernant de l’époque, et aussi un fanatisme sans faille d’une partie de la population. Cet antagoniste a créé un environnement propice à la réalisation de ses œuvres, dont l’essentiel se serait déroulé sur trois ans, après le retour d’Egypte où il s’était exilé dès l’âge de 12 ans et où il aurait grandi en stature et en sagesse, d’après les termes de la bible.
Quatre livres du nouveau testament, les évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean, reviennent en détail sur la vie et l’œuvre de l’homme, qui s’est achevée sur la croix à Golgotha, entouré de deux grands bandits comme qualifiés par les écrits. Croix sur laquelle il a poussé le dernier soupir en implorant une fois de plus la compassion et le pardon de Dieu à l’endroit de ses bourreaux, d’après le récit de Luc au chapitre 23 verset 34 « Père pardonne leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. »
Leçons de vie
Durant les trois années d’évangélisation, l’homme a laissé des leçons riches et universelles, dont certaines sont machinalement répétées tous les jours sans que ceux qui le font n’en connaissent ni l’origine ni le sens. Voici quelques-unes prises au hasard:
1 « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».
Dans les évangiles, il est raconté que les Pharisiens qui voulaient à chaque fois contrarier Jésus et lui trouver la petite bête qui permettrait de lui nuire, lui demandèrent s’ils étaient obligés de payer les impôts à l’empereur, du moment où il professait que le vrai roi était ailleurs. Ils s’attendaient à ce que Jésus dise non, pour qu’ils l’accusent de rébellion contre l’empereur et trouvent là le prétexte pour l’arrêter. Mais Jésus leur demanda de lui apporter un denier ou pièce de monnaie. Il leur montra l’effigie de César qui était gravé dessus, et leur dit simplement « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.» Les Pharisiens, confus, battirent en retraite. L’expression est devenue courante et signifie qu’il faut savoir attribuer le mérite d’une chose à son seul auteur, où la responsabilité d’un acte à celui qui l’a commis.
2« Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre » Jean chapitre 8.

Jésus était dans la cour du temple en train d’enseigner. Les spécialistes de la loi et les pharisiens, bien déterminés à lui trouver les poux dans les cheveux, arrivèrent trainant avec eux une femme. Ils firent savoir à Jésus qu’elle avait été prise en flagrant délit d’adultère, que selon la loi de Moïse elle devait être lapidée, et demandaient son avis là-dessus, lui qui apportait un nouvel ordre d’enseignement. Jésus baissa sa tête et se mit à écrire au sol, faisant semblant de les ignorer. Les accusateurs insistèrent de plus belle, répétant leur question. Alors il releva la tête et leur dit « que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol.
Ceux qui étaient venus avec la rage, disparurent un à un sur la pointe des pieds. Personne n’avait osé lancer la première pierre de lapidation. Ils étaient tous partis en laissant sur place la femme qui était destinée à la mort. Jésus releva une seconde fois la tête, fit le constat de ce que tout le monde était parti et dit à la femme : «Personne ne t’a condamné, moi non plus je ne te condamne pas. Va, et ne pêche plus. » Par cette leçon, Jésus mettait en lumière l’hypocrisie de certaines personnes, qui sont promptes à voir ce que les autres font de mal, alors qu’elles-mêmes sont des sacs de méchanceté et de mauvaises pratiques. Il interpellait également là ceux qui condamnent rapidement les autres sans appel, sans connaître les circonstances qui peuvent avoir amené à poser tel acte, et surtout sans tenir compte de la possibilité pour un cœur de se repentir. Les pharisiens et les scribes avaient condamné la femme sans appel et prononcé la peine de mort, Jésus leur a opposé la miséricorde et donné à la femme une chance de se repentir.
Le doute de Thomas est aussi l’un des caractères que Jésus a révélé au monde. Thomas était l’un de ses disciples, et quand il fut ressuscité après sa crucifixion, ce disciple ne voulait pas accepter que cela a pu se produire. Il a fallu que lors de l’une de ses apparitions au milieu de ses disciples, qu’il demande à Thomas de se rapprocher de lui, de toucher du doigt la blessure qui lui avait été faite sur la croix, ce que Thomas fit avant d’accepter qu’il était ressuscité. Aujourd’hui on désigne par Thomas, celui qui veut voir avant de croire, de même pour Judas qui désigne aujourd’hui le traitre, en référence à Juda Iscariot, le disciple qui avait livré Jésus pour 30 pièces d’argent. Jésus était aussi un exemple d’humilité. Il était celui-là qui n’avait pas où poser sa tête, qui marchait pieds nus ou avec des sandales pour évangéliser.
Mais ce Jésus-là très peu le connaisse, on se rappelle juste le jour où il est supposé être né, et au prétexte de cette naissance l’on s’adonne aujourd’hui à toutes les dérives, reléguant au second plan les enseignements qu’il a prodigué après cette naissance, et qu’il avait l’habitude de conclure en disant « que celui qui a des oreilles…qu’il entende »
Roland TSAPI

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