Menacées de fermeture… des Osc appellent au dialogue avec le gouvernement

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Ces Organisations de la société civile ( Osc ) ont manifesté cette volonté au cours d’une conférence de presse tenue le mardi 16 mars dernier à Douala.

«Nous ne sommes pas des bandits. Nous sommes des Camerounais honnêtes qui travaillent pour le bien-être et l’évolution de leur pays. Il faut que l’État nous considère comme des partenaires et non comme des ennemis». C’est en substance les propos tenus par  Me Agbor Balla au cours la conférence de presse de Cameroon Advocacy, une coalition des organisations de la société civile (Osc) à laquelle son Ong Chrda en fait partie.

La sortie médiatique de cette coalition survient une semaine après celle de Paul Atanga Nji. Le ministre de l’Administration du territoire tance certaines Osc de bénéficier des financements occultes intérieurs et extérieurs et d’être en intelligence avec les forces étrangères pour non seulement  déstabiliser les institutions de la République, mais aussi diffuser régulièrement des informations tronquées dans les réseaux sociaux et dans certains médias à leur  solde pour discréditer la gestion de la crise dans le NoSo par le gouvernement. Plusieurs de ces Ong et associations ont même été menacées de fermeture par le Minat s’ils persistaient dans leur démarche «complotistes».

Des accusations rejetées en bloc par Cameroon Advocacy. Dans sa déclaration de ce mardi 16 mars, cette coalition estime que la récente sortie du Minat n’est que «pure diversion» pour détourner l’attention de la crise humanitaire dans l’Extrême Nord et le Noso. «C’est une hérésie », soutient Philippe Nanga, Coordonnateur de le l’Ong Un Monde Avenir. Selon cet activiste de la société civile, les Osc ont toujours joués leur rôle en toute transparence et honnêteté. Philippe Nanga défie d’ailleurs quiconque «de démontrer qu’ils sont de connivence avec l’extérieur.»

Financements occultes

Sauf qu’il y a un hic. Ces Osc avouent publiquement recevoir des fonds des partenaires étrangers, et jamais du gouvernement camerounais. Est-il possible de travailler en toute indépendance sans subir la pression de ceux qui vous financent? Aucun responsable d’une association de défense de droits humains ne pourrait facilement nous apporter des arguments contraires à ce sujet. Sinon comment expliquer qu’avec tous les problèmes basiques que rencontrent les Camerounais (faim, accès à l’eau potable, santé, chômage, sous scolarisation…) que l’Adefo, une Ong dite camerounaise trouve plutôt comme centre d’intérêt, la défense des droits des homosexuels. Une pratique non seulement interdite par la loi, par les us et coutumes africaines mais aussi très éloignée des préoccupations quotidiennes de la majorité de nos compatriotes. Sauf que l’Union européenne, en gros financeur, défend cette pratique et finance les actions qui vont dans le sens de son expansion. La présidente de ladite association est d’ailleurs auréolée de récompenses.

Des exemples de ce genre sont légion, des Ong dont les motivations sont de détourner l’attention des Africains des vrais problèmes importants pour leur devenir en leur imposant des visions plutôt destructrices. L’histoire nous enseigne longuement sur les financements occultes dont bénéficient des  Ong à travers le monde. Cas de figure : Médecins Sans Frontières faisant semblant de faire de l’humanitaire mais qui s’est retrouvé en train de distribuer les armes aux rebelles pendant la guerre du Biafra au Nigeria qui s’est déroulée entre1967 et 1970. Les méthodes ont-elles changées ? Certainement pas. On peut citer d’autres cas récents comme le conflit en Syrie où l’Observatoire des droits de l’homme, une Ong syrienne basée au Liban financée par l’Europe et les États-Unis, est accusé d’être partie prenante de la guerre à travers ses rapports biaisés qui incriminent uniquement le gouvernement.

«Intérêt du Cameroun»

Aujourd’hui, on observe presque la même chose dans le cadre de la guerre qui se déroule dans le NoSo. L’Etat désapprouve le fait que des associations qui disent défendre les droits humains, dénoncent avec véhémence et massification les exactions qui seraient commises par les forces de défense, et ferment les yeux devant les massacres réclamées par les sécessionnistes. Une démarche suspecte qui pousse plus d’un à se demander pour qui roulent ces Ong ? Les accusations portées à l’endroit de ces organisations viennent quand même du ministre de l’Administration territoriale, de surcroît, patron des renseignements généraux, susceptibles d’avoir des éléments à charge en sa possession. Si non pourquoi certaine Ong comme le Redhac refuserait d’emblée de se soumettre aux exigences du Minat de présenter ses rapports d’activités ?

Avocat au barreau du Cameroun, Me Agbor Balla ne nie pas qu’il y ait des brebis galeuses parmi les Ong. Raison pour laquelle il suggère le dialogue avec le gouvernement dans un cadre convenable. «La télé n’est pas un cadre approprié pour s’adresser aux associations sérieuses comme les nôtres», s’indigne l’homme de lois. Il pense par ailleurs que cette façon de faire du ministre contribue plutôt à envenimer la situation. D’après Agbor Balla, une discussion peut être menée sans que des menaces soient proférées. «Nous agissons tous pour l’intérêt du Cameroun. Et si les preuves nous sont données qu’il y a parmi nous des associations qui œuvrent pour déstabiliser le pays, nous allons nous mêmes les dénoncer», a conclu Me Agbor Balla.

Félix Épée

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