Manœuvres : comment Paul Biya a sauvé Kamto et Cie de la peine de mort

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Après neuf mois passés sous les verrous, le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), et plus d’une centaine de militants et sympathisants interpellés depuis janvier dernier lors des manifestations organisées en vue de revendiquer la victoire aux élections présidentielles d’octobre 2018, ont recouvré la liberté ce samedi matin.

Des ténèbres à la lumière ! Ce n’est pas à Maurice Kamto, Christian Penda Ekoka, Albert Dzongang, Paul Eric Kingue, Valsero ou encore Me Ndoki, qu’on ira apprendre cet aphorisme. Puisqu’ils en sont désormais des spécimens vivants et des témoins de cette boutade qui dit que rien ne vaut la liberté. Tout ce beau monde et plus d’une centaine de détenus ont été libérés de prison ce 5 octobre 2019, après neuf mois de détention. Avec ses partisans, Maurice Kamto a quitté définitivement la prison centrale de la capitale Yaoundé sous une nuée de youyous, d’accolades et de chants de joie.

Entre les chaleureuses retrouvailles avec la famille, les parents, les amis et les proches doublées de l’accueil tonitruant à eux réservés à la fin de la brève audience sanctionnant leur remise en liberté, c’est une marée humaine qui a investi l’entrée du Tribunal militaire ce samedi. Cette foule qui scandait à tout rompre : « Kamto président », n’a pas caché sa joie de revoir ceux que beaucoup qualifient de « héros ». Même les agents de la Police et les forces de défense et de sécurité déployés sur les lieux pour tenter de contenir et d’encadrer ce peuple en liesse, ont été finalement débordés.

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Magnanimité légendaire

La libération de ces Mrcistes survient au lendemain de la décision du président Paul Biya d’exiger l’arrêt des poursuites judiciaires engagées contre plus de 300 détenus. Le président de la République dont la magnanimité légendaire ne peut être contestée, a pris cette décision quelques heures seulement après la clôture du Grand dialogue national qu’il a convoqué lors de son adresse à la Nation, le 10 septembre dernier, pour tenter de mettre fin au conflit séparatiste qui ensanglante les deux régions anglophones du pays. C’est surtout la fin d’un procès qui a suscité critiques et inquiétude dans la communauté internationale, consciente que la rébellion séparatiste des anglophones dans le NoSo et la recrudescence des attaques de Boko Haram à l’Extrême-Nord a finalement mis en péril la paix au Cameroun.

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Depuis la proclamation de la victoire de Paul Biya à la présidentielle, le 8 octobre 2018, pour un septième mandat consécutif, des manifestations pacifiques étaient organisées dans plusieurs villes par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun, arrivé deuxième avec 14,23 % des suffrages. C’est à l’issue de l’une de ces marches que Maurice Kamto et des centaines de ses partisans avaient été interpellés par les forces de l’ordre fin janvier. Après neuf mois d’emprisonnement donc, ceux-ci à qui on imputait des griefs tels l’hostilité contre la patrie, la rébellion et l’insurrection sont désormais libres. Un seul mot : Merci Paul Biya !

Daniel NDING

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