Macase : retour à la case (départ)

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Le groupe mythique fondé en 1996, traversé par plusieurs péripéties a démontré ce 21 février 2019 à Douala à travers un concert qu’il est encore là. Macase  trône toujours au-dessus de la case.

Une atmosphère chaleureuse règne dans la salle de spectacle de l’institut français de Douala ce jeudi 21 février 2019. Une ambiance qui devient tout d’un coup mélancolique lorsque la voix suave et envoutante de la femme du groupe, Sandrine Nnanga, sur un air divin vient annoncer le début du spectacle. Le premier, de la série de 6 que donnera Macase dans différentes villes du Cameroun après plusieurs péripéties traversées et plusieurs années d’absence.

Une entrée en solfège, et  en duo. Anthony Mbakop, un des plus jeunes du groupe accorde sa voix perçante avec celle de Sandrine, sur la chanson inaugurale  «Je veux n’être qu’à toi». Après cette louange, le spectacle peut commencer. Mais survient un problème technique. Une entorse de quelques minutes  magistralement entretenu par le mammouth Serge Maboma, leader du groupe. Le « la » est donné, amenant une trainée envahissante d’amour dans la salle. Un cocktail détonnant de sonorités qui passent par le traditionnel « Bantu groove » propre au Macase, aux nouvelles vibrations amenées par les nouveaux. Tout ceci,  laissant place au « PART-AGE ». Ici tout le monde prend sa « Part » à travers les « Age ». Les 23 ans du groupe Macase qui les ont menés à cette « musique aboutie », à cette maturité musicale.

Le groupe mythique fondé en 1996, traversé par plusieurs péripéties a démontré ce 21 février 2019 à Douala à travers un concert qu’il est encore là. Macase trône toujours au-dessus de la case.

Après la «nouvelle écriture » commise en 2013 et 23 ans après, c’est le renouveau, une nouvelle aventure. La nouvelle vie incarnée par Anthony Mbakop le nouveau chanteur du groupe. Il qui fait couler des larmes  au public en évoquant dans une chanson la mort de sa mère. Un rite d’expiation collectif,  entrainant une mélancolie partagée qui fait resurgir l’âme de la défunte Merveille Tsang’Mbe. On se souvient alors que c’était le 02 juin 2017 au quartier Ngousso à Yaoundé, que Merveille à la texture vocale unique, la trentaine à peine entamée, est morte des suites d’un accident de la circulation.

Une page sombre de Macase qui se dilue dans la dynamique nouvelle, la solidarité des membres, incarnée par l’harmonie des deux chanteurs Sandrine et Anthony. Par l’aisance rythmique de petit Jean Abanda aux percussions, la dextérité de Jules Tawembe au clavier. Mais aussi l’expérience de Roddy Ekoa à la batterie et de Roger « Dubois » Minka aux guitares. Pour le leader du groupe Serge Maboma: «Je pense que si vous avez sept personnes qui regardent dans la même direction, c’est une force, parce que vous avez une énergie incroyable à travailler avec des gens qui ont la même ambition pour le groupe

Le groupe Macase qui a distillé du bonheur au public de l’IFC de Douala tout le long de la quinzaine de chansons. Un bonheur qui atteint les paroxysmes avec l’entrée surprise de Ben Decca venu à quelques heures de son anniversaire donner de sa voix à cette « renaissance ». On finit le concert comme on a commencé en invoquant Dieu sous un air de « hamdouhilaye » saupoudré d’un message de paix et d’appel au « vivre ensemble ». Le spectacle de ce 21 février 2019 est la mise en bouche de la première partie de l’After 23 Tour du groupe.  23 ans après, Macase n’a pas perdu une seule paille qui le recouvre.

Jean Marie ONAMBELE

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