Louis-Georges Njipendi Kouotou : énième pilote d’un avion en zone de turbulence

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Le nouveau directeur général et tout son équipage nouvellement nommé, ont reçu pour mission de piloter à bon port le nouveau plan de relance de la compagnie qui n’a jamais réussi à décoller.  

Cadeau empoisonné ? Cela en a tout l’air. Quoique les états de services de Louis-Georges Njipendi Kouotou -qui connaît parfaitement la maison- plaident en sa faveur. C’est un héritage bien fragile que vient de confier Paul Biya au désormais ex Pca de Camair-Co. Ce n’est pas son prédécesseur Ernest Dikoum qui le démentirait. Sixième Directeur général débarqué en seulement 11 ans depuis sa phase opérationnelle, l’homme qui a été notifié ce lundi après-midi au terme d’un conseil d’administration sous haute tension, a connu des trous d’air, des zones de turbulences et a même parfois risqué des crashs depuis son siège de pilote. Ambitieux, travailleur et visionnaire, ce pur produit du transporteur dubaïote Emirates, a malheureusement connu la même fin tragique que ses prédécesseurs. Comme frappé par une malédiction.

La décision du Conseil d'administration de la Camair-Co est tombée cet après-midi. Le poste de directeur général adjoint, est désormais occupé par Max Mve. Le président du conseil d'administration est désormais Jean Ernest Ngalle Bibehe, ministre des Transport

Louis Georges Njipendi.

Lire aussi :Camair-Co : Ernest Dikoum est le nouveau Directeur général

Parmi les legs qu’il abandonne à son successeur, le fameux plan de relance de la Camair-Co. L’une des recommandations du Premier ministre Joseph Dion Ngute lors du Conseil de cabinet de jeudi dernier. Un projet titanesque que beaucoup d’observateurs voient d’un mauvais œil puisque la compagnie aérienne camerounaise peine à mettre en œuvre le calendrier de redressement proposé par Boeing Consulting. Entre promesses de financement, pression des Dg et petits mensonges du gouvernement, les différents axes contenus dans ce vaste programme ont été renvoyés aux calendes grecques. Faute de pouvoir atteindre ces objectifs, l’entreprise se contente d’un service minimum de survie sous fond de sécheresse de trésorerie, climat social tendu et flotte quasi-inexistante.

Acheter de nouveaux avions, rouvrir les lignes internationales…

Engagé par Frédéric Mbotto Edimo, alors directeur général de la compagnie, après sa validation par le président de la République, aucun manager n’a réussi à le concrétiser. Ni Jean-Paul Nana Sandjo encore moins Ernest Dikoum à ce poste depuis le 22 août 2016 avant d’être abattu en plein vol hier au terme d’une session extraordinaire du conseil d’administration de l’ « Etoile du Cameroun ».  Approuvé en juillet 2016, le plan de Boeing Consulting, le constructeur aéronautique américain, pour la relance de la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) prévoyait entre autres : l’augmentation de la flotte par l’acquisition de 9 nouveaux appareils à l’horizon 2020, l’extension du réseau des dessertes à 27 destinations nationales, régionales et internationales, le remboursement de la dette évaluée lors du lancement du plan de relance à 35 milliards de Fcfa.

60 milliards de Fcfa devaient également être injectés par l’Etat du Cameroun dans les caisses de la Camair-Co. Réajusté en 2017 après l’arrivée du sieur Dikoum, ce plan a connu plusieurs ratés comme le rapportent nos confrères du journal spécialisé Ecomatin. Il faudra surtout acheter de nouveaux avions, rouvrir les lignes internationales, assainir le climat social et ramener « l’Etoile du Cameroun » dans le cœur des Camerounais. C’est donc un euphémisme de dire que Louis-Georges Njipendi Kouotou vient de prendre les commandes d’un avion en zone de turbulence.

Daniel NDING

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