Hygiène et salubrité : le marché Mbopi fait sa toilette

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L’opération de nettoyage du marché Mbopi a eu lieu ce jeudi 30 juillet dans le cadre de la journée citoyenne de propreté instaurée par les autorités de la ville de Douala.
Il est 8 heures au marché Mbopi. Les boutiques sont fermées. Les artères donnant accès au marché Mbopi sont quasi déserts. Nous sommes jeudi, jour de propreté instauré par les autorités de la ville. Chasubles jaunes au logo de la ville de Douala sur le corps, les commerçants sont regroupés autour des brouettes, pelles, râteaux et balais en main.
Le Synacocc à l’œuvre
Martine Lodjio est la présidente du Syndicat national des opérateurs commerçants et activités connexes du Cameroun (Synocacc) parallèlement à la tête du comité de gestion du Marché Mbopi dont le bureau a été élu le 09 juillet dernier à l’origine de cette initiative. « Si nous voulons que notre marché soit propre, le bon exemple doit venir nous mêmes les commerçants. Si nous ne le faisons pas qui va le faire à notre place ?», s’interroge la présidente du Synocacc.
Et comme pour toute équipe nouvellement aux commandes, la motivation est perceptible. Coup de balais, râteaux et pelles sont donnés ça et là. Bouteilles en plastique, des emballages et cartons usés ainsi que les ordures d’autre nature sont ramassés tout le long de leur parcours et déposés dans des tricycles chargés de les faire évacuer.
«Il y a un problème d’organisation et de communication. Tout le monde n’a pas été informé. Pour ce genre d’initiative, il fallait beaucoup communiquer pour impliquer un maximum de commerçants », nuance Serge Fokou. Le fait est que le “Jeudi propreté” n’intéresse pas tout le monde. «La journée de jeudi est considérée pour nous comme une journée de grand marché à Mbopi. Les gens sortent d’autres régions du pays( Sud-ouest, Nord-ouest,…) pour faire leurs achats. Si nous fermons nos boutiques cette journée quand est-ce que alors nous vendre ? On aurait dû maintenir la journée de mercredi comme au début. Malheureusement les commerçants ne se sont pas concertés pendant la prise des décisions », déplore Jules Kamdem, commerçant à Mbopi.
Enéo au banc des accusés
Cette action d’hygiène et de salubrité associée à une visite des équipements marchands a donné lieu à un constat plutôt consternant. Plusieurs boutiques de cet espace marchand sont dans le noir par manque d’électricité. Eneo, l’entreprise chargée de distribution et de commercialisation de l’énergie électrique sollicitée pour la cause, n’a installé que 200 compteurs électriques sur environ 3000 demandes. Malgré de multiples correspondances adressées par le Synocacc et les associations des commerçants d’augmenter le nombre de branchements, rien n’est fait. Une attitude qui suscite tout de même des interrogations à l’endroit de cette entreprise dont ignore les motivations. «Nous ne demandons pas d’être branchés gratuitement. Nous payons à hauteur de plusieurs millions de francs. Et nous avons du mal à comprendre qu’une entreprise refuse de faire rentrer l’argent dans ses caisses», s’indigne Martine Lodjio.
Une situation qui prête le flanc aux installations anarchiques, l’utilisation des groupes électrogènes non conformes et exposent cet espace marchand à des risques d’incendies, ainsi qu’aux vols et agressions des malfrats en soirée. Les vigiles étant parfois impuissants face à la pénombre ambiante.
L’autre visage sombre du marché Mbopi est l’absence de rigoles pour le drainage des eaux, ainsi que les passages appropriés pour recevoir les camions et les conteneurs et autres véhicules transportant les marchandises qui, en cette période de grandes pluies, présentent un spectacle de boue les plus désastreux à l’entrée Ouest de ce marché où sont pourtant perçus à tout véhicule les frais de passage à la guérite. Un état décrié par de nombreux commerçants aux alentours qui ne reflète pas ce marché grand marché de gros de l’Afrique centrale et interpellent les nouvelles autorités de la ville de Douala.
Félix Épee

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