Fécafoot-Lfpc … Feu à volonté !

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Suspendue « avec effet immédiat pour violation grave réitéré de ses obligations » à l’issue de la réunion tenue jeudi 22 août 2019 par le comité exécutif de la Fédération camerounaise de football que dirige Seidou Mbombo Njoya , la Ligue de football professionnel pilotée par Pierre Semengue depuis huit ans, n’approuve pas cette décision dans un communiqué radio-presse diffusé ce vendredi 23 août 2019.

La nouvelle est tombée aux environs de 23h hier. Un peu comme si les signataires de ce communiqué ont voulu à dessein que la bombe explose au moment où tout le monde est déjà endormi. Au terme d’une session du bureau de son Comité exécutif, la Fécafoot représentée par Seidou Mbombo Njoya, Céline Eko et Alim Konaté, «suspend la Ligue de football professionnel du Cameroun pour violation grave et réitéré de ses obligation…» Sans plus. Cette décision pour le moins courageuse, s’appuie sur les articles 15 et 48 des Statuts de la Fécafoot, ainsi que l’article 81 des Statuts de la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc).
Le premier article donne à l’Assemblée générale de la maison mère du foot camerounais, de suspendre un membre, mais poursuit que « tout membre coupable de violations graves et/ou réitérés de ses obligations peut être suspendu avec effet immédiat par le Comité exécutif… ». Le second article traite de « représentation et signature », et attribue au président de la Fécafoot ces compétences, qu’il peut déléguer à un vice-président ou à un membre du Comité exécutif.
410 millions de Fcfa de subvention
Alors que les inconditionnels du football camerounais attendaient une réaction proportionnelle à l’attaque de la part de Pierre Semengue, le général d’armée va dans un premier temps, éviter de faire tomber une pluie de rafales sur la Fécafoot. Le président de la Lfpc a préféré jouer la carte de la sagesse, se limitant simplement à s’inscrire en faux contre la démarche de Mbombo Njoya et ses comparses. Sans doute une stratégie savamment pensée. « La Ligue conteste notamment la mesure discriminatoire de la Fécafoot », écrit le valeureux soldat. L’homme du 6 avril 1984 évoque la violation de l’article 4 qui indique que : «Toute discrimination d’un pays, d’un individu, pour des raisons de sexe, de handicap, de religion, de naissance ou autre statut, pour toute raison est expressément interdite, sous peine de suspension ou d’exclusion », lit-on dans le communiqué. Un autre argument en béton est la non-subvention de l’exécutif actuel depuis son installation. Pourtant, « la convention signée entre la ligue et la Fécafoot en 2011 prévoit que cette dernière verse à la Ligue une subvention de 410 millions par saison sportive », martèle l’ancien président de la Ligue nationale de football (Linafoot). Toutefois, celui qui se présente comme l’ami personnel du président de la République Paul Biya, demande à ses membres de rester sereins et positifs pour les compétitions en cours.
Rapports sulfureux
A la lecture des faits, on comprend aisément que cette situation de crise qui s’envenime, traduit à suffire la nature des rapports (sulfureux) entre les deux hommes. Mais à la vérité, les sirènes de cette sale guerre longtemps tenue en secret, retentissent dans une décision signée le 30 juillet dernier par le patron de l’organe chargé de superviser le football professionnel au pays de Samuel Eto’o. La décision avait pour objectif de constituer un collectif d’hommes de droit aux fins de conduire la saisine et la défense de la Lfpc devant les instances juridictionnelles suite à des résolutions prises au terme de l’Ag extraordinaire de la Fécafoot.
Mbombo Njoya et ses bras armés s’étaient offert le luxe d’inscrire et de valider la modification des statuts de la Lfpc à un an de la fin de mandat du général d’Armée admis en deuxième section. Une attitude que le concerné trouve infondée, malvenue et inopportune.

Parmi les avocats choisis pour dénoncer cette injustice : Me Dang Elise, Me Ngos Daniel Blaise de Dn Associates Avocates, l’intrépide Me Wamba Makolle George Gérard, Br Nguh Sarah Ngvve Avocat et le juriste Mvogo Jean Marie. Avec cette défense en béton, Semengue avait toutes les certitudes de répondre avec la dernière énergie aux « incongruités » de la Fécafoot mais aussi de rétablir son honneur sali, sa dignité ainsi que celle de l’institution dont il a la charge depuis sa mise sur pied en 2011. Affaire à suivre !
Daniel NDING

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