Exploitation forestière : peur sur la gestion des bois bruts au Cameroun

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Fongod Edwin Nuvaga, le directeur général des Douanes dénonce certaines pratiques ayant cours dans son administration avec des conséquences négatives sur le rendement des bureaux compétents des secteurs des douanes du Littoral I et du Sud II.

Attention, forêts en danger ! Dans une note de service publiée en date du 25 mars dernier, Fongod Edwin Nuvaga, le directeur général des Douanes dénonce certaines pratiques ayant cours dans son administration avec des conséquences négatives sur le rendement des bureaux compétents des secteurs des douanes du Littoral I et du Sud II.

Fongod Edwin Nuvaga, Dg des Douanes.

Attention, forêts en danger ! Dans une note de service publiée en date du 25 mars dernier et dont nos confrères du quotidien Le Messager ont eu copie, Fongod Edwin Nuvaga, le directeur général des douanes met en garde ses collaborateurs. En effet, le directeur général s’inquiète de la gestion faite dans le secteur de la prise en charge des bois bruts. « L’exploitation attentive des certificats/rapports d’empotage et autres bulletins de spécification indique que malgré mes nombreux appel à l’ordre, certains acteurs impliqués dans la prise en charge des bois bruts (des positions tarifaires 44 03 99 90 010 à 44 03 99 90 960) destinés à l’exploitation, continuent de faire des reconnaissances approximatives… » Le directeur général des douanes estime que ces pratiques ont des conséquences négatives sur le rendement des bureaux compétents des secteurs des douanes du Littoral I et du Sud II. Afin d’enrayer cette pratique, Fongod Edwin Nuvaga a pris des mesures qui s’imposent. Comme première mesure, le directeur général des douanes a instruit à tous ses collaborateurs l’identification systémique et précise des équarris, rondelles et des plots, à l’instar des grumes.

Les mesures légales et règlementaires qui encadrent l’exploitation des grumes devront désormais être appliquées aux équarris. L’on parle de l’obligation de l’inspection Sgs (sur le site d’empotage de préférence) préalablement à toute émission de bordereau de taxation. Il s’agit aussi du respect des prohibitions à l’exportation de certaines essences  sous forme de grume, telles que spécifiées dans les annexes I du décret 99/781/ Pm du 13 octobre 1999.

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Rapports de la Conac

Suite à une dénonciation en 2015 d’une élite du Nkam dans la région du Littoral portant sur une présumé exploitation illégale de l’essence Zingana par une société chinoise chargée de la construction du lycée agricole de Yabassi, la Commission nationale anticorruption (Conac) avait fait une descente sur le terrain. Après investigation, la Conac avait constaté que l’entreprise chinoise s’était auto érigée en entreprise de récupération du bois d’œuvre trouvé sur le site et revendu avec la complicité du délégué départementale des forêts et de la faune du Nkam. Plusieurs rapports produits en 2018 par le système normalisé  d’observation indépendante externe (Snoie) avaient indexé cinq sociétés forestières soupçonnées d’exploitation forestière présumée illégale au Cameroun. Le rapport du Snoie les accusait d’activités d’exploitation forestière dans le Domaine forestier national (Dfn) et dans les titres légalement attribués.

L’Etat a-t-il démissionné ?

A quoi servent donc ces multiples séminaires de renforcement des capacités organisés à travers le pays et articulés autour du renforcement du processus national de contrôle de l’exploitation forestière illégale et du commerce associé au Cameroun initiés par le ministre des Forêts et de la Faune ? L’Etat a-t-il toujours la mainmise sur le flux et les circuits de commerce du bois au Cameroun ? Que sont devenus les projets de la mise en place d’un groupe d’experts en vue de faciliter la mise en application de la réglementation forestière ? Quid des expertises nationales pour le renforcement des capacités du personnel étatique intervenant dans la chaîne de contrôle de l’exploitation forestière et du commerce des ressources ligneuses au Cameroun ? Des questions restées jusqu’ici sans réponses.

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Pourtant il y a quelques années, l’appui du Centre pour le développement local et alternatif et l’Aide du Programme d’appui à l’élevage et de préservation de la biodiversité des aires protégées (Papel) a permis qu’une dizaine de sociétés d’exploitation forestière soient sanctionnées par des amandes s’élevant à plus de 10 millions de Fcfa pour certaines ainsi que la suspension des titres d’exploitations forestières. Mais le combat très enthousiasmé au départ, a visiblement fait long feu.

Daniel NDING (source Le Messager)

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