Élection du super maire de Douala : les Sawa étalent leurs divisions

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Alors qu’on espérait d’eux qu’ils trouvent un compromis pour  la personne appelée à présider aux destinés de la ville, les Sawa se sont livrés à une bataille sans précédent en présentant leurs divergences au grand jour.

On croirait à une confrontation entre allogènes et autochtones, que non. Le scénario que nous a livré pendant deux jours à la salle des Fêtes d’Akwa les différents candidats au poste du super de la ville de Douala est du moins surréaliste. Une bataille entre Sawa et plus précisément douala. Les fils d’une même communauté voire d’une même famille qui, dans la logique auraient pu s’entendre, s’affrontent, se contestent, se chiffonnent et se livrent en spectacle devant toute la République.

Roger Mbassa Ndinè, Jean Jacques Lenguè Malapa, Jérémie Sollè, Me Henri Din, tous Douala, n’arrivent pas à se mettre d’accord sur un poste. Le poste est juteux, parait-il. Personne ne veut lâcher du lest. Déjà, d’entrée de jeu, leurs «cousins» bassa du grand Sawa, Valentin Epoupa Bossambo et Isaac Gwem Modè sont mis à l’écart et éloignés de toute discussion au contrôle de la mangeoire. Et les pauvres, pour ne pas se créer de soucis, se sont alignés au nom de la discipline du parti. Curieux n’est-ce-pas de voir que ces candidats débusqués, en dehors d’être membres d’une même communauté sont également ceux d’un même parti !

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Les Bassa à l’écart

Des agissements qui paraissent assez banals aux yeux de certains mais montrent la fragilité et vulnérabilité d’un peuple à qui il manque la capacité à résoudre ses problèmes en interne sans que cela ne fasse de bruits à l’externe. Et pourquoi s’arranger toujours à exclure une des composantes sociologiques de cette communauté qui a autant de droits que les douala de Douala et dont le choix  à la tête de la ville aurait réglé une frustration de longue date et pourrait plutôt contribuer à raffermir les liens entre les membres de la grande communauté Sawa et la rendre plus forte ?

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Dans la tradition Sawa quand il y a une bagarre interminable entre deux frères, pour y mettre fin, on fait appel à un cousin pour s’interposer. Pourquoi le refus de cette troisième voie ? Elle aurait pu ramener rapidement la paix et taire ces divergences entre deux frères dont les blessures risquent être difficiles à penser dans la durée ?

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Quid du Ngondo ?

Le spectacle que nous a offert nos frères Sawa, en occurrence les douala, ne devrait pas avoir lieu, si le Ngondo, institution traditionnelle du peuple Sawa avait pris soins de gérer cette affaire en interne.  Mais a-t-il encore de l’influence sur les siens ? Pour dire vrai, beaucoup de Sawa aujourd’hui ne se reconnaissent pas en cette institution au regard de la gestion un peu trouble de certains problèmes qui leur sont souvent adressés dont beaucoup n’ont pas de réponses. Quelques cantons pour dénoncer cette manière de faire ont eu d’ailleurs à claquer la porte du Ngondo.

Avec la montée du repli identitaire, le Ngondo tout en tenant compte de cette réalité, doit amener les Sawa à s’accaparer les bienfaits de la République, sans tomber dans les travers d’un discours communautaire comme on le voit ces derniers temps lors  des sorties faites par certaines élites. Pour cela une refondation profonde est nécessaire. L’élection du maire de la ville, qui vient d’avoir lieu, avec des tensions qu’on a pu observer, est un moyen de mettre en place ces réformes.

Félix ÉPEE

 

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