Double scrutin février 2020 : l’offre des chefs traditionnels du Wouri bottée en touche

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L’association des chefs traditionnels du Wouri tance l’opposition d’avoir rejeté sa proposition, relative à la prise en compte des natifs dans les listes électorales. L’opposition quant à elle dit sa bonne foi.  

Dans chaque commune de ce pays, les natifs doivent obtenir 55% au minimum dans les listes d’investitures, le reste de la communauté nationale se partageant les 45%. Cette proposition, aux allures de recommandation avait été posée par l’Association des chefs traditionnels des villages du Wouri. L’objectif étant de mettre un terme à la «marginalisation volontaire des enfants du Wouri par les différents états-majors politiques», comme l’expliquait aux médias en novembre dernier, le président de l’association, Sa Majesté Essombey Ndambwe Ness Ruben.

«Le Wouri par notre voix vous demande de lui réserver 55% des conseillers municipaux, 90% des postes de maires à défaut de nous donner les 100% et au moins la moitié des sièges de députés. La politique c’est le compromis. Les partis politiques devraient appliquer ce compromis partout sur le territoire national. Nous sommes tous des Camerounais, mais il faut reconnaître la place de chacun où il se trouve. Ce n’est pas parce que je t’invite à ma table que tu vas t’assoir sur mon siège», ponctuait Sa Majesté Essombey Ndambwe.

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Rejet. Après la publication des listes définitives retenues par Elecam, les chefs traditionnels des villages du Wouri constatent avec regret que leur demande a obtenu une fin de non recevoir. Les 55% souhaités n’ont pas été obtenus. «La faute revient en partie à nos enfants eux-mêmes, qui ne s’engagent pas toujours à temps et ne se donnent pas toutes les chances de sélection. Nous allons y travailler», reconnaît Sa Majesté Essombey Ndambwe ce mercredi 22 janvier 2020, face à la presse à la chefferie du village Bonapriso. Il convient également de reconnaître, poursuit-il qu’à «l’exception du parti au pouvoir le Rdpc, aucune autre formation politique en compétition dans le Wouri n’a saisi la perche que notre association tendait. On constate aujourd’hui que ce sont les partis politiques, pour des raisons qui leur sont propres, qui ne veulent pas d’échange franc et direct avec les chefs traditionnels du Wouri. On note par contre que le Rdpc, accusé par certains de faire pression sur les chefs traditionnels, a approché, sollicité et écouté les chefs au moment des investitures, même s’il ne les a pas toujours suivis dans leurs demandes

Selon Carlos Ngoualem, candidat Sdf pour les municipales à la commune de Douala 5, «du moment où le militantisme des fils Sawa est affiché, il était difficile de les approcher. Cela dit, il y a des autochtones dans notre liste.» Cadre de l’Alliance des forces progressistes (Afp) et  candidat aux municipales, Mandeki Mboumbang II Marcous argumente : «Les propositions des chefs Sawa n’ont pas été assez médiatisées. Elles sont restées pratiquement inconnues du grand public et des entrepreneurs politiques que nous sommes. Je peux dire avec certitude que la direction de notre formation politique n’a pas réceptionné ces propositions quant à l’intégration de quotas des originaires Sawa dans les listes. Cependant, nous sommes un parti politique qui se veut rassembleur, raison pour laquelle nous avons pris en compte tous les facteurs liés aux minorités, à l’autochtonie, les handicapés…dans nos listes.»

Aucun parti politique n’a cependant respecté les exigences des chefs. Impossible donc, selon les gardiens de la tradition, de donner une consigne de vote. «Nous appelons avec insistance tous nos enfants à aller voter le 9 février. Au moment de voter, qu’ils se rappellent les menaces et propos méprisants et injurieux de ceux qui, au lieu d’ouvrir un débat de fond sur la question de la place des natifs dans leur terroir, disent à qui veut les entendre, que seule la loi de la démographie fit-elle ethnique, prévaudra. Nous invitons notre peuple à faire le bon choix

La conférence de presse de ce mercredi a aussi été l’aubaine pour les chefs traditionnels de dénoncer la montée en flèche de la violence dans les écoles au Cameroun, le désordre urbain qui prend des proportions avec notamment des commerces sur les trottoirs, les litiges fonciers…

Valgadine TONGA

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