Crise sociopolitique : les ancêtres appelés à la rescousse

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Annoncée il y a quelques jours, la caravane des autorités traditionnelles et coutumières regroupées autour de l’initiative dénommée «Appel de Batchenga», s’est déposée ce dimanche 04 aout sur les berges du Wouri avec un contingent de 348 chefs venus des 10 régions du Cameroun pour assister au rituel d’invocation des ancêtres en faveur des jours paisibles dans le pays.

« Si ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise, pourquoi ne pas donner vie à cette cérémonie traditionnelle ?» Cette interrogation de Sa majesté Alain Dissake Mouangue, chef du village Bonamoukouri Bonakouamouang a étalé le contexte de la présence des gardiens de la tradition, des personnalités gouvernementales entre autres, ayant fait le déplacement ce dimanche 4 août 2019 sur les berges du Wouri. Ce qui témoigne, selon le Chef Dissake, de leur attachement au vivre ensemble et à la paix. Il a salué et marqué son encouragement pour cette assemblée «non tendancieuse et non partisane » au cours de laquelle ses compères et lui « par le truchement des ancêtres viennent mettre fin à un mauvais vent pour le retour de la paix au Cameroun».

Aujourd’hui, les groupes de danses habituellement présents lors des rituels sont absents. «L’heure n’est pas à la fête. Elle est grave» a déclaré le chef Essombe pour justifier cette absence. «Notre vivre ensemble est en péril, il faut agir » s’est alarmé Sa Majesté Mbassi chef supérieur de Bonatélé et coordonnateur de la caravane. Pour lui il est plus que temps de dire « stop » à plusieurs maux. Entre autres le « trop de sang versé », la souffrance des enfants, les destructions des familles mais aussi la haine et le tribalisme. Il a également interpellé les différentes parties prises dans la résolution du conflit à « débattre sans combattre et à servir sans se servir ».

«Rituel de pacification»

Annoncée il y a quelques jours, la caravane des autorités traditionnelles et coutumières regroupées autour de l’initiative dénommée «Appel de Batchenga», s’est déposée ce dimanche 04 aout sur les berges du Wouri avec un contingent de 348 chefs venus des 10 régions du Cameroun pour assister au rituel d’invocation des ancêtres en faveur des jours paisibles dans le pays. Aujourd’hui, les groupes de danses habituellement présents lors des rituels sont absents. «L’heure n’est pas à la fête. Elle est grave» a déclaré le chef Essombe pour justifier cette absence. «Notre vivre ensemble est en péril, il faut agir » s’est alarmé Sa Majesté Mbassi chef supérieur de Bonatélé et coordonnateur de la caravane. Pour lui il est plus que temps de dire « stop » à plusieurs maux. Entre autres le « trop de sang versé », la souffrance des enfants, les destructions des familles mais aussi la haine et le tribalisme

Les gardiens de la tradition autour du vase sacré. (A.Bonny)

La partie essentielle de la cérémonie s’est tenue après l’installation des diverses autorités. Il s’agit de ce que Sa majesté Essombe Chef de Sodiko et maitre de cérémonie a appelé « rituel de pacification ». En effet, dans la grande cour prédisposée sous sa supervision, était aménagée une case sacrée recouvertes de palmiers. Ici, seuls les chefs supérieurs des cantons du Moungo, du Nkam, du Wouri, de la Sanaga Maritime pouvaient y avoir accès.  A l’abri des regards non autorisés, ils y ont procédé à un rituel au cours duquel chacun était convié à « présenter ce qu’il a de précieux devant les ancêtres pour mettre fin à la crise anglophone à l’origine de ce déploiement ».

Après le passage dans le carré sacré, tous les autres chefs camerounais se sont regroupés en cercle autour d’une assiette blanche ornée selon la tradition. Cette étape de concertation baptisée « Essa », a donné suite à «la remise du canaris sacré» par les chefs supérieurs aux autres autorités présentes. Il était question de présenter devant chacune d’elles le canari sorti de la case de rituels, symbole des négociations menées avec les ancêtres.

Annoncée il y a quelques jours, la caravane des autorités traditionnelles et coutumières regroupées autour de l’initiative dénommée «Appel de Batchenga», s’est déposée ce dimanche 04 aout sur les berges du Wouri avec un contingent de 348 chefs venus des 10 régions du Cameroun pour assister au rituel d’invocation des ancêtres en faveur des jours paisibles dans le pays. Aujourd’hui, les groupes de danses habituellement présents lors des rituels sont absents. «L’heure n’est pas à la fête. Elle est grave» a déclaré le chef Essombe pour justifier cette absence. «Notre vivre ensemble est en péril, il faut agir » s’est alarmé Sa Majesté Mbassi chef supérieur de Bonatélé et coordonnateur de la caravane. Pour lui il est plus que temps de dire « stop » à plusieurs maux. Entre autres le « trop de sang versé », la souffrance des enfants, les destructions des familles mais aussi la haine et le tribalisme

Les autorités traditionnelles du Littoral convoquent les ancêtres pour la paix. (A.Bonny)

Les ancêtres sont-ils capables ?

A cette interrogation, nombreux sont les observateurs qui restent sceptiques. Cependant les autorités traditionnelles ont foi à une intervention de ces derniers  aussi bien qu’un « chrétien qui a foi en Dieu » a laissé entendre Maitre Makolè, chef du village Abo Sud. Pour lui, aucune utopie. «Si vous être chrétien, les prêtres et pasteurs vous disent de rester dans la prière et un jour les choses changeront. C’est exactement la même chose qui se fait dans nos traditions» a t’il illustré. D’après lui, ce qui a été fait aujourd’hui constitue le démarrage et non l’arrêt de quelque chose.

«Nous souhaiterions tous que la paix ait lieu à cet instant. Mais les lois de la nature veulent que les choses arrivent à maturité avant qu’elles ne se réalisent. Le rôle de ceux qui ont œuvré ici ce matin est de conduire à cette maturation de la réalité à travers ce type de cérémonie renouvelable dans les différents cantons» a-t-il ajouté. Pour sa part, le chef de 3e degré de l’arrondissement de Mango a expliqué le sens de sa présence par son souhait de voir son pays évoluer. Il est convaincu que les ancêtres pourront intervenir en faveur du Cameroun. Il a aussi salué les différents discours fédérateurs et nécessaires pour le retour de cette paix tant prônée.

Rappelons que dans les prochains jours, la caravane poursuivra des activités similaires dans d’autres régions du Cameroun.

Aurore BONNY

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