Crise sécuritaire : divorce entre Human Rights Watch et le gouvernement

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Suite au rapport de l’Ong sur la situation qui prévaut dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, le gouvernement constate et dénonce le parti pris en faveur des bandes armées de sécessionnistes.

Pour qui roule Human Rights Watch (HRW) dans la crise sécuritaire qui secoue le Cameroun ? Pour le gouvernement, la réponse est on ne peut plus claire. L’Ong défend les bandes armées des séparatistes. C’est en tout cas la trame du point de presse de ce 2 avril 2019, du ministre de la Communication René Emmanuel Sadi.

D’entame, René Sadi revient sur les points saillants du rapport mondial de l’Ong : « Les forces nationales de défense et de sécurité sont accusées d’exactions et autres graves atteintes aux droits de l’Homme, dirigées sur les cibles civiles…d’exécutions extrajudiciaires, d’usage excessif de la force envers  les civils, de torture des terroristes…» Le gouvernement camerounais dénonce «de prime abord une tendance systématique de certaines organisations humanitaires à discréditer les pouvoirs publics». Le porte-parole du gouvernement souligne sans ambages qu’à travers son rapport, «Human rights watch trahit comme un parti pris en faveur des bandes armées, en relativisant, voire en minorant la responsabilité de ces groupes dans les atrocités perpétrées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Il est malsain de vouloir mettre sur un pied d’égalité ou loger à la même enseigne la puissance publique et des hors-la-loi.» Le Mincom note d’ailleurs que les bandes armées de sécessionnistes sont responsables des «atrocités les plus criantes, les enlèvements de citoyens innocents, les incendies d’infrastructures, les menaces de toute nature…».

Le Cameroun «rejette catégoriquement ces accusations, portées inconsidérément contre les forces républicaines, engagées dans un combat pour la préservation de l’intégrité territoriale de l’Etat et la protection des personnes et des biens. Le Cameroun appelle au sérieux, à l’objectivité et au ses de responsabilité de nos partenaires humanitaires

Cette sortie n’est pas nouvelle. Le gouvernement a toujours eu à contester les rapports de cette Ong. Visiblement, HRW sait faire le vide autour d’elle. On se souvient de la brouille entre les autorités de Kigali au Rwanda et Human Right Watch. En octobre 2017, les conclusions d’un rapport de HRW accusent l’armée rwandaise d’usage de torture et d’exécutions sommaires de petits délinquants. Une contre-expertise de la Commission nationale rwandaise des droits de l’Homme démontre le contraire en accusant HRW d’avoir présenté comme mortes des personnes toujours vivantes ou décédées de causes naturelles. La même année, la Russie monte est créneau en mai. «Le ministère russe de la Défense a démenti le rapport de Human Rights Watch sur l’attaque chimique présumée de Khan Cheikhoun, en Syrie, l’ONG s’étant bornée à user de photos pour conclure à l’utilisation d’une «bombe chimique fabriquée en URSS», écrivait le site www.français.rt.com.

En septembre 2017, le Maroc répond avec virulence à HRW, suite à son rapport sur les évènements d’Al Hoceima. La Délégation interministérielle aux droits de l’Homme du Maroc écrit dans son rapport que les autorités du pays «font part de leur rejet du contenu de ce document, compte tenu du fait que la méthodologie utilisée manque du professionnalisme et de l’indépendance nécessaires à l’élaboration des rapports par les organisations crédibles, particulièrement en matière de précision, d’enquête sur le terrain concernant les faits et les événements et de recoupement des sources d’information». Les exemples sont légion.

Valgadine TONGA

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