Cinéma : « 2 Avril», un film  à succès pour sensibiliser sur l’autisme

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Sorti officiellement le 28 décembre dernier à Douala et rediffusé le 31 janvier sur la demande du public, ce long métrage de 1h 20 sur l’autisme, réalisé par Noëlle Kenmoe, connaît un succès sans précédent auprès des cinéphiles camerounais.

Il n’était plus coutumier de voir les Camerounais se mobiliser massivement pour le cinéma. C’était pourtant le cas le 28 décembre dernier lors de première projection officielle de 2 Avril, à  Douala Bercy. La salle est comble. Plusieurs personnes n’y ont pas accès, bien qu’ayant les tickets. Les organisateurs sont obligés de programmer une deuxième projection le 31 janvier 2020. L’affluence n’est pas loin du premier. On aperçoit à peine quelques sièges vides dans la salle. C’est dire si ce long métrage sur l’autisme est bien mené.

Dans une ville où les habitudes n’étaient plus collées au septième art, le succès que rencontre la réalisatrice Noëlle Kenmoe à travers son film 2 avril est sans précédent. Pour le coup, la jeune réalisatrice est un as. Elle ne cache d’ailleurs pas son émotion à la fin de la projection. «Je suis super contente. J’espère que les Camerounais comprendront enfin, après cette diffusion, ce que c’est que l’autisme et iront en parler aux autres», déclare Noëlle Kenmoe.

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2 avril c’est l’histoire émouvante du quotidien bouleversant d’un garçon de quatre ans, Kwessi.  Il souffre d’un handicap inconnu de la population et de ses parents. Pour avoir une explication au comportement –anormal- de leur garçon, les parents font le tour des hôpitaux, des féticheurs, des pasteurs. Sorcier, revenant, esprit…concluent les «experts». Kwessi va avaler toutes sortes de potions, sans que jamais rien ne change. Pis, l’enfant en vient à manger ses matières fécales, est renvoyer de toutes les écoles, s’auto-flagelle, sans jamais éprouver de douleurs. Ce sont ses parents qui trinquent. Puis un jour, naît l’espoir.

2 avril c’est l’histoire émouvante du quotidien bouleversant d’un garçon de quatre ans, Kwessi.  Il souffre d’un handicap inconnu de la population et de ses parents. Pour avoir une explication au comportement –anormal- de leur garçon, les parents font le tour des hôpitaux, des féticheurs, des pasteurs. Sorcier, revenant, esprit…concluent les «

Noelle Kenmoe.

Un récit poignant plein de rebondissements d’une maman désespérée, réconfortée par son mari Kagame et sa copine Charlotte, raconté avec beaucoup de maestria par la jeune réalisatrice. Le long métrage sur l’autisme ne laisse personne indifférent. Intitulé 2 Avril, en rapport avec la journée mondiale de sensibilisation sur l’autisme. Cet handicap touche selon les chiffres officiels environ 100 000 enfants au Cameroun, et un enfant sur 160 né dans le monde. Un trouble destructeur de nombreux couples et parfois assimilé à la sorcellerie. Le film de Noëlle Kenmoe qui a connu une adhésion du public à Douala est également interpellateur. Il interpelle la société à moins de superstitions, et l’Etat à la création d’établissements pour enfants autistes. Parent d’un enfant autiste, Rose Bika qui intervient dans le film, dénonce la marginalisation dont sont victimes les autistes et leurs parents.  Aucune école publique pour autistes n’existe au Cameroun.

Après sa projection à Douala, plusieurs autres dates sont bookées : Yaoundé le 13 mars, Italie le 8 mars 2020,  Lyon(France) le 27 mars 2020, Kigali au Rwanda le 2 avril 2020, Kinshasa (RDC) le 4 avril 2020, Tananarive en mai 2020, Allemagne en juillet 2020,  et Canada  en septembre 2020.

Félix ÉPEE

Principaux acteurs :

Nènè (Maman de l’enfant) : Emie Dany Bassong,

Kagame : Serge Belang

Charlotte : Kelly Bidogue

Djimon (époux de Charlotte) : Guy Kamdem

Kwessi : Elvis Tala Sofo

 

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