Augmentation du prix de la bière : Ça mousse entre le Mincommerce et les brasseurs

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Annoncé depuis le mois de décembre par la presse nationale puis démentie par le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana mais redoutée par le mouvement consumériste, la hausse des prix de la bière est effective depuis le 1er mars dernier.

La nouvelle est tombée au moment où beaucoup ne s’y attendaient pas vraiment. Même s’il faut avouer que les dernières concertations entre les responsables du secteur brassicole et le ministère du Commerce au mois de décembre 2018, avaient laissé les consommateurs sur leur soif. Le prix de la bière a augmenté de 50 Fcfa au Cameroun.  «… nos tarifs ont été modifiés, avec effet ce 1er mars 2019, pour tenir compte de la Loi des Finances 2019… ». C’est en substance ce qui ressort du communiqué de la direction régionale de la Société anonyme des Brasseries du Cameroun (Sabc) publié  depuis vendredi dernier. Selon la nouvelle grille tarifaire qui fait le tour des réseaux sociaux, cette augmentation de 50 Fcfa concerne les bières blondes de 65 cl qui passent de 600 à 650 Fcfa.

Il s’agit de la Castel, 33, Mutzig et Amstel. La bière blonde Isenbeck passe de 700 à 750 Fcfa. La bière blonde 33 cl est désormais à 400 Fcfa au lieu de 350 comme par le passé. La bière en cannette augment e de 25 Fcfa. Tous les Fûts augmentent de 100 F/L. Les bières brunes (65 cl, 50 cl, et 33 cl), sauf la Pelforth augmente aussi de 50 Fcfa. En ce qui concerne les boissons gazeuses, le Djino et l’Orangina augmente de 50 Fcfa. 100 Fcfa de plus pour le Vimto 35 cl. 25 Fcfa de plus aussi pour les Xxl 33 cl. Tous les produits Malta connaissent également une hausse de 50 Fcfa. Lire aussi :Augmentation du prix de la bière : vers la mort programmée de l’activité au Cameroun

L’addition qui divise

Suite à ce communiqué, la réaction du ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana ne s’est pas fait attendre. Dans une correspondance publiée le même jour, le Mincommerce convoque une réunion de concertation le mercredi 6 mars prochain avec les associations des défenseurs des droits des consommateurs, l’industrie et les syndicats de distribution des produits brassicoles. Une nouvelle pas très bien accueillie dans les rangs des associations syndicales en charge de l’exploitation des débits de boissons à l’instar de la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco) qui condamne d’emblée cette décision non sans exhorter les consommateurs à s’orienter vers les produits hygiéniques dont les tarifs restent inchangés.

« L’objet de la convocation « concertation sur les nouveaux prix des produits brassicoles » trahit déjà les intentions du ministre du commerce qui sont celles d’amener les associations à accepter les nouveaux tarifs pratiqués par certaines entreprises brassicoles. Pourtant lors d’une première concertation tenue le 15 janvier 2019, le ministre Mbarga Atangana avait rassuré les consommateurs, je le cite : « Il ne revient donc pas, ni aux sociétés brassicoles, ni aux grossistes et encore moins aux détaillants, de fixer de nouveaux coûts d’achat des boissons, sans l’avis des pouvoirs publics, régulateurs du marché. » Aujourd’hui il est clair que les producteurs ont rendu public leurs nouvelles grilles tarifaires sans l’avis officiel du ministère du Commerce », s’indigne Alphonse Ayissi Abena, le président de la Focaco chez nos confrères de camer.be.

La Sabc pleure la pression fiscale…

500 participants nationaux et internationaux ont investi le Complexe Camtel de Bépanda, où se vit la Foire internationale des affaires et du commerce, Fiac

Emmanuel De Tailly, Dg Sabc.

Dans un communiqué parvenu dans certaines rédactions ce lundi 4 mars 2019, Emmanuel de Tailly, le Directeur des Brasseries du Cameroun donne les précisions sur cette augmentation querellée. En dépit des contre propositions formulées dès le mois de décembre 2018 par la Capa (Cameroon Alcohol Producers Association), afin d’éviter une augmentation des prix dans un contexte de pouvoir d’achat faible, écrit-il, « les dispositions de la loi de finance 2019 sur notre activité nous ont contraints à revoir à la hausse les prix de la majorité des boissons fabriquées et commercialisées au Cameroun. Le groupe Sabc et les autres membres de la Capa – soucieux de préserver leur modèle socio-économique et sociétal- ne sont en effet plus en mesure d’absorber une charge fiscale supplémentaire face aux enjeux sécuritaires, de commerce de commerce illicite et face à une pression fiscale que nous jugeons, déjà depuis quelque temps, excessive ».

…Et le consommateur trinque

Consciente du rôle moteur du groupe Sabc en faveur de la promotion du « made in Cameroon » et pour continuer à accompagner le développement du secteur agricole, notamment la culture du maïs Camerounais qui entre à 100% dans la fabrication de la bière Manyan, « la Sabc a fait le choix de ne pas répercuter l’intégralité de l’impact de la nouvelle loi sur le prix de ce produit uniquement », conclut-il.  Mais seulement, cette nouvelle grille tarifaire contraste avec la réalité sur le terrain. Tous les propriétaires des bars à Yaoundé par exemple, pratiquent leurs prix selon leurs volontés et intérêts. On remarque curieusement que tous les prix des boissons hygiéniques, gazeuses et des bières ont augmenté au grand désarroi des consommateurs. Les produits Guinness dont la nouvelle grille tarifaire de la Sabc n’a rien en commun, ont même été revus à la hausse dans certains bars et bistrots. Comme quoi, c’est le consommateur qui trinque.

Daniel NDING

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