Musique : Armand Biyag conte ses traces

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Le nouvel album de l’artiste retrace les évènements, les personnes…qui ont marqué son histoire. ‘‘Njan’’ a été présenté aux médias à Douala le 29 novembre 2016.

Le nouvel album d'Armand Biyag retrace les évènements, les personnes…qui ont marqué son histoire. ‘‘Njan’' a été présenté aux médias à Douala le 29 novembre 2016.

Amour, blessures, peines, Afrique, famille. Ce sont entre autres sujets exposés dans ‘‘Njan’’ (en langue bassa qui signifie les traces). Le 2ème album d’Armand Biyag a été présenté à la presse le mardi 29 novembre 2016 à Douala. ‘‘Njan’’ est un chef d’œuvre où l’artiste passe sa vie au rétroviseur. Des turpitudes de son enfance dues à la séparation de ses parents aux amitiés fausses, vraies, éphémères…, Armand Biyag nous ouvrent les portes de sa vie. Quoi de plus indiqué que la chanson pour panser ses plaies ? On comprend pourquoi l’album de celui qui a été affiné la dextérité de ses doigts sur les tambours, le balafon, le piano, est dosé de mélancolie.

Le 1er titre, ‘Intro Njan’’ est un délice. Le temps qu’on le savoure, il est terminé. Et c’est pareil avec les 11 titres de l’album –le 12ème est un instrumental). Vous n’avez qu’une envie, repasser le Cd. C’est avec art qu’il pose sa voix pausée sur des notes. Sa voix c’est un peu du Richard Bona avec une originalité qui vous laisse des traces en plein cœur. Aucun titre ne vous ressort pas les oreilles. Moins mélancolique, un peu enlevé sont les 5ème, 7ème, 9ème titres.




«Un diamant à polir»

On retrouve des featuring avec Sadrack, Guy Michel. On l’écoute aussi avec Ben Decca ou ils magnifient l’amour. Sur les traces et dans le futur d’Armand Biyag se trouvent sa famille, ses enfants. Le titre ‘‘Bon Bem’’ (mes enfants) leur est dédié. «J’inventerai une terre et un ciel pour vous qui êtes ma raison de vivre. Nos enfants son notre avenir. Prenons soin d’eux, protégeons-les», chante-t-il. Le 10ème titre est une reprise de ‘‘Cameroun o mulema’’ d’Etienne Mbappe. Un dinosaure de la musique camerounaise qui a décelé en Armand Biyag «un diamant à polir». C’est donc un bel hommage que lui témoigne l’artiste.

Vocaliste à la voix émouvante, Armand Biyag nous sert un concerto de jazz, de sonorités locales telle le ‘‘makuné’’. Comme il le dit lui-même, «je n’ai pas de registre, pas de style. Je fais la musique de mon cœur.» Il lui a fallu six ans, après le premier album ‘‘Mut Binam’’ (l’Etre humain) pour mettre ce nouveau bébé sur le marché. Et il n’a pas eu tord. La beauté, la pureté, les douces caresses que nous envoie ‘‘Njan’’ lui augurent un bel avenir qui laissera, à coup sûr, des traces dans les mémoires des mélomanes des traces. Les premières dégustations sont prévues le 2 décembre 2016 à la Place St David à Douala et le 17 décembre 2016 à l’Institut français à Yaoundé. Son équipe travaille aussi sur sa tournée européenne de 2017.

Valgadine TONGA  

 

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