Dans une atmosphère empreinte de solennité et de rigueur, la Société Camerounaise de Palmeraies (Socapalm) a tenu le 9 janvier 2026, son Assemblée Générale ordinaire. Présidée par Abdoulaye Karim Hayatou Well, représentant de l’État camerounais, cette AGO avait pour objectif principal de stabiliser sa gouvernance après le décès de l’ancien président du Conseil, M. Joseph Owona Nkono, survenu en mars 2025.
Réunis dans une salle de conférence au décor sobre, dominée par l’identité visuelle de l’entreprise, les actionnaires de la Socapalm ont conduit leurs travaux dans un climat de discipline et de responsabilité, à la mesure des décisions attendues. Cette AGO s’inscrivait dans une séquence institutionnelle sensible, marquée par la nécessité de consolider la gouvernance après le décès, le 14 mars 2025, de l’ancien président du Conseil d’administration, Joseph Owona Nkono.
Convoquée conformément aux statuts, l’Assemblée avait pour objectif principal de renforcer les organes dirigeants et de statuer sur des choix structurants. À l’ouverture des travaux, le président de séance a rappelé le cadre juridique de la rencontre, précisant que l’Assemblée était réunie « à l’effet de proposer la nomination d’un nouvel administrateur […] ainsi que pour approuver la convention conclue avec Sogescol Cameroun », donnant ainsi le ton d’échanges orientés vers l’essentiel.
Un nouvel administrateur
L’ordre du jour s’articulait autour de trois points majeurs : la nomination d’un administrateur en remplacement du membre décédé, l’approbation d’une convention avec Sogescol Cameroun, et l’octroi des pouvoirs pour l’accomplissement des formalités légales. La proposition de nomination, portant sur un candidat unique en raison de la vacance circonstancielle du poste, a été soumise au vote et adoptée. Elle a permis l’entrée de M. Sali Hamadou au Conseil d’administration, dans l’espoir de restaurer une stabilité durable après plusieurs années de transitions à la tête de l’organe dirigeant.
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Accueilli par les actionnaires comme une « marque de confiance », le nouvel administrateur a exprimé, dans une allocution brève, sa fierté et son engagement à œuvrer pour « le bien de notre entreprise et de notre pays ». Il a insisté sur la dimension collective de la mission, rappelant que derrière chaque décision se joue l’avenir de milliers de familles dépendantes de l’activité de la Socapalm.
Convention Sogescol
Les actionnaires ont ensuite examiné la convention liant la Socapalm à Sogescol Cameroun, en substitution de l’ancienne convention avec Sogescol France. Il a été clairement établi qu’il s’agissait d’un changement de dénomination et de domiciliation, sans modification des termes contractuels ni du taux de rémunération, fixé à 1 %. La direction a justifié cette relocalisation par des impératifs de conformité fiscale et de meilleure traçabilité administrative. « Nous payerons désormais les commissions au Cameroun », a expliqué le Abdoulaye Karim, soulignant l’alignement avec les règles fiscales et les principes de transfert.
Le Directeur financier, Raphaël Rondeau, a précisé que Sogescol assure un travail essentiel de suivi administratif : gestion des stocks, des clients, des reliquats de commandes et des encaissements. « C’est pour ce service principalement que nous payons cette commission », a-t-il indiqué, rappelant que celle-ci est passée de 4 % à l’origine à 1 % aujourd’hui, avec un caractère potentiellement dégressif.
Attentes et perspectives
Le débat a été enrichi par l’intervention de l’actionnaire Jean-Marie Mbiada, qui a questionné la pertinence du recours à un intermédiaire dans un contexte de sous-production nationale. Il a plaidé pour une réduction future de la commission et, surtout, pour une extension significative des surfaces cultivées. « Augmenter les rendements passe également par l’extension des surfaces cultivées », a-t-il affirmé, estimant que sans cette option, le Cameroun restera durablement en deçà de son potentiel de production.
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En réponse, le président de séance a tenu à rassurer les actionnaires, rappelant que la question est « particulièrement suivie » par le Conseil d’administration et que le rôle de Sogescol est régulièrement réévalué, même si, à ce stade, la société reste indispensable au fonctionnement commercial de la Socapalm. « Pour le moment, tel que ça fonctionne, nous avons besoin de Sogescol. À moyen terme, il pourrait y avoir des évolutions », a précisé Abdoulaye Karim.

En clôture des travaux, l’Assemblée a adopté la résolution conférant tous pouvoirs pour l’accomplissement des formalités légales, avant de formuler des vœux pour une année 2026 annoncée sous le sceau de la sérénité et de la performance. L’AGO du 9 janvier 2026 s’impose ainsi comme un moment de régularisation institutionnelle assumée.
Au-delà de l’acte administratif, cette Assemblée a donc fait office de révélateur stratégique. L’entrée de M. Sali Hamadou au Conseil d’administration cristallise des attentes élevées de la part des actionnaires, tant sur le renforcement des pratiques de gouvernance que sur la capacité de l’entreprise à répondre aux impératifs de production, de compétitivité et de performance durable. L’exercice 2026 s’ouvre dès lors comme une phase de consolidation décisive, où les perspectives de développement devront se mesurer à l’épreuve de l’exécution et de la cohérence des choix stratégiques.
Cheikh Malcolm EPANDA






