La session intensive de formation itinérante à l’attention des délégués du personnel et des représentants syndicaux de la Socapalm est un programme ambitieux qui vise à professionnaliser le dialogue social au sein de l’entreprise. Cette initiative de la Coordination des syndicats exerçant à la Socapalm a fait courir grand monde ce lundi 6 avril 2026 dans le site de Socapalm Kienké.
La salle de réunion de la plantation de Socapalm à Kienké dans l’Océan a servi de cadre ce lundi 6 avril 2026 au Séminaire de renforcement des capacités syndicales des délégués du personnel de la Société camerounaise de palmeraies, Socapalm. Plus d’une quarantaine de personnes ont pris part à cette initiative de la Coordination des syndicats exerçant à la Socapalm, qui a eu pour fil conducteur : « La délégation du personnel, une instance de collaboration active pour le maintien de la sérénité du climat social en entreprise en vue de l’accroissement de la production : Rôles, missions et actions ». Cette session intensive de formation itinérante à l’attention des délégués du personnel et des représentants syndicaux de la Socapalm est un programme ambitieux qui vise à professionnaliser le dialogue social au sein de l’entreprise.
Mission de proposition de réclamation et de suivi au sein de l’entreprise, canevas, outils et méthodologie de travail du délégué du personnel pour le maintien de la paix sociale et l’amélioration de la production ont constitué les grands axes développés de la formation. Délégué du personnel à la Socapalm Kienké, Henriette Essama II est à son 7ème mandat de délégué du personnel. « Je suis animée par un sentiment de satisfaction, parce que nos pairs sont venus nous donner un souffle nouveau, une formation sur ce qu’est un délégué du personnel, ses missions. Nous sommes vraiment comblés parce que ce n’est pas tous les jours qu’on a devant nous ces grands syndicalistes », se réjouit-elle.
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Président de la Coordination des syndicats exerçant à la Socapalm, Pierre Pascali Makota trouve en cette session de formation une aubaine pour passer la main. Déjà 20 ans qu’il assure la présidence de la Coordination des syndicats, faute de candidats. « J’ai passé 20 ans de travail. Nous avons passé mandat sur mandat parce que la carence syndicale fait que beaucoup de personnes croient être comprimés, oppressés quand ils sont délégués du personnel. Ils croient qu’en portant leur défense et celle de leurs frères, ils seront mal vus dans l’entreprise. Vu qu’il n’y a pas une école qui forme les syndicalistes, ce sont des séminaires de formation comme ceux-ci qui aménagent ou fortifient les capacités des syndicalistes. Il faut savoir que délégué du personnel est une lourde tâche. Être une courroie de transmission entre L’employeur et les travailleurs n’est pas facile. Vous avez des collègues qui ne vont jamais avouer une faute commise mais chercher à vous dire des contrevérités pour vous amener devant l’employeur. Si vous n’avez pas fait sérieusement des enquêtes, vous serez mal vu ».
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De son long passé de délégué du personnel à la Socapalm, Pierre Pascali Makota se souvient que certains chefs d’usine n’approuvaient guère les rencontres syndicales. « Il y a des avancées parce que pour qu’une société comme Socapalm mette des millions pour la formation des délégués du personnel, ça veut dire qu’elle comprend déjà la réalité. On dit dans le monde du travail, qu’un travailleur conforme est réellement un employé qu’on a gagné. Si les délégués sont bien formés, si les ouvriers sont bien formés, chacun fera bien son travail. Les informations circuleront normalement, ça évite les procès dans les tribunaux et c’est la société qui en profite », argumente Pierre Pascali Makota.
L’atelier de ce jour n’est qu’une première étape d’un programme de cinq jours de formation dans tous les sites de la Socapalm. Après le site de production de Kienké ce 6 avril, les experts des questions syndicales vont se déporter le mardi 7 avril à Edéa, puis à Mbambou et Eséka le 9 avril. Le site de Dibombari et la direction générale vont accueillir le séminaire le 10 et 11 avril.
Valgadine TONGA
Emmanuel Ngweha : « Le délégué du personnel doit travailler avec méthode et savoir poser les problèmes à l’employeur sans arrogance »

Président du Syndicat autonome des travailleurs de l’agriculture du Moungo, Secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Cameroun (Csac), Emmanuel Ngweha est un des membres fondateurs de la Coordination des syndicats exerçant à la Socapalm, pour le maintien de la paix sociale et pour l’accroissement de la production de l’entreprise. Il fait partie des formateurs de la session.
D’entrée de jeu, dites-nous en tant qu’agriculteur, comment vivez-vous la cession des plantations opérée par la Socapalm à Opalm ?
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Oui, c’est aussi vrai que je suis agriculteur. Et l’un des objectifs que nous visons d’abord en tant que syndicalistes, c’est lors d’une cession, que les droits des travailleurs soient respectés, que les travailleurs qui passent d’une entreprise, passent simplement d’une entreprise à une autre, conformément à l’article 52 du Code du Travail ; C’est-à-dire la préservation de l’emploi. Donc, pour ma part, avec toutes les opérations qui ont été faites sur les réseaux et les médias, Opalm vient continuer une œuvre et apporter tout simplement un appui à la Socapalm. Il faut dire que les planteurs, les planteurs villageois ont besoin de beaucoup d’appui. Les produits parfois dans les plantations ne sont pas évacués, faute de moyens. Les planteurs n’ont pas assez de moyens pour augmenter leur production et tel que ça a été dit, je crois que ce sera un appui très important pour les planteurs et ça va permettre à ce que la production du palmier à l’huile soit vraiment atteinte suffise non seulement aux ménages mais aussi à l’exportation.
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Vous avez parlé surtout de la préservation des emplois. Est-ce que vous pouvez nous toucher un mot sur ce que vous avez observé durant vos travaux, en ce qui concerne la promesse faite par Socapalm et Opalm de maintenir les postes ?
Il a été constaté que tous les travailleurs qui étaient à Eséka ont été totalement repris par Opalm. Ça c’est un point positif. La deuxième des choses, des informations qui me sont parvenues, les travailleurs qui ont été libérés par Socapalm ont eu une prime. Une prime de reconversion ou bien une prime de cession. C’est comme ça qu’il faut l’appeler, et cette prime a été vraiment considérable et appréciée par les travailleurs. Donc par la suite concernant la santé, la sécurité au travail, ça dépendra de comment Opalm prendra les travailleurs. C’est aussi l’un des éléments sur lesquels nous allons nous appuyer pour faire une évaluation et dont on ne peut pas parler maintenant.
Revenons donc sur ce dont on peut parler maintenant. De quoi avez-vous discuté lors de la rencontre de ce jour ?
Il s’agit d’un séminaire de renforcement des capacités des délégués de personnel qui ont été élus le 13 janvier. Il n’est que normal pour une entreprise qui a un souci de collaboration, qui a un souci de maintien de la paix sociale, de former ses délégués du personnel. C’est aussi une joie de savoir que cette entreprise ait pensé aux syndicalistes qui sont tout le temps à l’œuvre avec les travailleurs qui maîtrisent les réalités et de leur accorder ce droit d’apporter des compétences aux délégués du personnel afin de pouvoir les amener à poser les problèmes des travailleurs et apporter un certain nombre de propositions pour l’évolution du travail pour le bien-être du travailleur également. Il s’agit ici particulièrement en termes de la délégation du personnel, une instance de collaboration, de maintien de la paix sociale pour une production de l’entreprise et pour le bien-être des travailleurs.
Alors, est-ce que cette organisation part d’un simple prétexte, d’une observation sur le terrain en tant que syndicaliste ou alors d’un accompagnement des délégués du personnel, c’est-à-dire de vos missions ?
Ça va dans les deux sens, non seulement de l’observation mais aussi de l’accompagnement, parce qu’il est de notre rôle de former les délégués. Il faut dire qu’aujourd’hui à la Socapalm, il y a eu des délégués personnels parmi lesquels des nouveaux et des anciens. On ne peut pas jeter en pâture les nouveaux délégués qui n’ont pas des attitudes et des aptitudes pour aborder les questions de leur des travailleurs qu’ils représentent. Aussi, il est également de notre rôle d’accompagner l’entreprise pour cette formation.
Parlant justement de la formation, vous avez développé un thème assez important, vous parliez de la méthodologie. Comment utiliser les délégués du personnel pour être efficace face aux employeurs. Expliquez-nous exactement ce point…
Oui, nous avons parlé de la méthodologie parce que généralement, le délégué du personnel a les textes qui régissent sa fonction. Il a un certain nombre d’instruments qui lui permettent de travailler mais il n’arrive pas à poser des problèmes. C’est un cas pratique qui a été pris parce que connaître les textes et maintenant savoir les appliquer, savoir amener l’employeur à les appliquer, savoir poser les problèmes sont d’une importance capitale parce que vous pouvez poser mal un problème et le problème ne sera jamais perçu. Vous pouvez soulever un problème avec une arrogance et ça vous posera des problèmes vous-même pour votre emploi. Donc il a été juste question de leur indiquer qu’un délégué du personnel doit travailler avec méthode et doit avoir un cahier avec lequel il doit recenser un certain nombre de données qui constituent les problèmes qu’il rencontre sur le terrain en utilisant son crédit horaire de 16 heures qui lui a été octroyé par la convention collective. Une fois le problème recensé, il doit se retrouver avec ses pairs, faire une analyse de ce problème en se mettant en accord avec les textes qui résolvent ce problème et maintenant trouver un moyen pour transcrire ce problème dans le cahier des doléances des délégués personnels avec l’employeur en mettant des arguments et en proposant des solutions pour en débattre en réunion avec l’employeur.
Propos recueillis par Cheik Malcom EPANDA






