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Socapalm Edéa : Afrise marche sur le dialogue et la propriété privée

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Malgré les mises en garde répétées des autorités et la volonté affichée de Socapalm de privilégier l’apaisement, le mouvement de femmes persiste dans une démarche radicale et illégale, ignorant toute procédure. La société réaffirme que la question foncière relève de la seule autorité de l’État.

La plantation Socapalm d’Edea a été le théâtre, ce vendredi, 23 janvier d’une nouvelle escalade de violence. Un groupe de femmes se réclamant du mouvement AFRISE a pénétré par la force dans l’enceinte de l’entreprise, réclamant la rétrocession des terres. Elles ont agressé un agent de sécurité et perturbé l’ordre public. Cet acte, délibérément non déclaré aux autorités administratives comme à l’entreprise, illustre la radicalisation d’un conflit foncier où les méthodes employées défient ouvertement la loi et sapent les efforts de dialogue.

Dès les premières heures, de nombreuses manifestantes ont investi les plantations sans la moindre autorisation. « Ce n’est pas la première fois qu’on descend sur le terrain », a reconnu la présidente de ce mouvement radical. Interrogée, Félicité Ngon, présidente d’AFRISE, justifie cette défiance : « Même lorsqu’on les appelle, ils ne viennent pas. Donc, nous n’avons pas besoin de les appeler quand on a à mener une action. »

Contactée dans la foulée, la direction de Socapalm a immédiatement condamné cet acte. Dans un communiqué de presse diffusé le 23 janvier, l’entreprise qualifie les faits d’« intrusion en violation des procédures » marquée par des « actes d’agression ». Elle rappelle que « l’accès à ses sites est strictement encadré, pour des raisons de sûreté et de sécurité ».

Socapalm affirme n’avoir « été saisie, ni formellement ni par une quelconque autre voie officielle, d’une action annoncée ou d’une revendication préalable à cette intrusion ». Malgré cette provocation, la Direction générale a immédiatement « sollicité un échange avec le groupe concerné afin de privilégier le dialogue et l’apaisement ». Une initiative restée sans réponse : « Aucun membre du groupe n’a donné suite et aucune revendication formelle n’a été exprimée ».

Lire aussi :Socapalm Edéa : le vent de la contestation souffle de nouveau sur Apouh   L’action ciblerait le programme de replanting de l’entreprise. Socapalm tient à clarifier ce point : « le replanting correspond exclusivement au rajeunissement du verger sur des superficies déjà exploitées et ne constitue, en aucun cas, une extension », nous explique un cadre de l’entreprise. L’entreprise déplore faire face, depuis 2023, à des « blocages récurrents » sur ce programme, « et ce malgré les sensibilisations réalisées et les communications des autorités administratives sur le sujet », lit-on dans le communiqué.

Lire aussi :Socapalm Edéa : les riverains paralysent les travaux de replanting     

La démarche d’AFRISE pose une question fondamentale de légalité. En n’informant ni l’entreprise ni le Préfet de la Sanaga-Maritime, le mouvement a sciemment contourné tout cadre légal de revendication. Cette attitude confirme les mises en garde répétées des autorités contre « l’influence de certaines officines sur les mouvements anarchiques », selon les termes du Préfet. Elle met à mal la parole de l’autorité administrative, systématiquement ignorée.

Lire aussi :Affaire Apouh-Socapalm : à qui revient la charge du compromis ?   

Un cadre de Socapalm établit clairement les responsabilités : « Le problème relève de l’État du Cameroun et non de l’entreprise. » Il rappelle que si la demande d’« espace vital » des communautés est légitime, la procédure est strictement encadrée par la loi : elle doit passer par une demande d’expropriation pour cause d’utilité publique initiée par l’État, et non par la pression violente sur une propriété privée. « La réclamation des terres relève de l’autorité de l’État. Il faut absolument que les populations et les médias sachent que les terres appartiennent à l’Etat. La Socapalm restitue les terres à l’Etat et seul l’Etat peut rétrocéder les terres aux riverains. La Socapalm n’a aucun pouvoir sur la question», insiste-t-il.

Lire aussi : Bonne gouvernance : la Socapalm restitue plus de 2 500 hectares à l’Etat   

Un mouvement coutumier des coups de force

L’action de ce vendredi s’inscrit dans une série de provocations. En juin 2024 et janvier 2025, les femmes d’AFRISE avaient déjà investi les plantations avec des milliers de pieds de bananiers plantain pour « aller les cultiver de force », nécessitant l’intervention des forces de l’ordre.

Face à cette radicalisation, Socapalm oppose une stratégie de transparence et d’action concrète. L’entreprise met en avant son « engagement en faveur d’une communication transparente et ouverte » et sa « disponibilité pour un dialogue apaisé, dans un cadre respectueux des règles, des personnes et des institutions ».

La preuve de cet engagement, selon elle, réside dans des actes. L’entreprise rappelle avoir restitué à l’État plus de 400 hectares de sa concession non exploités à Edéa pour les besoins des populations. Plus significatif encore, elle vient de procéder, le 21 janvier 2026, à la « restitution volontaire de 2 567 hectares » de sa concession de Dibombari, dans le cadre d’un « processus engagé de clarification foncière » mené avec l’État et les parties prenantes. Cette démarche vise à « sécuriser le foncier, apaiser les tensions passées et renforcer la confiance ».

Alors que les autorités ont multiplié les alertes et que l’entreprise affiche une volonté de dialogue et prouve sa bonne foi par des restitutions foncières significatives, la stratégie d’AFRISE semble s’enfermer dans une impasse. En privilégiant l’action violente et non déclarée au détriment du dialogue institutionnel, le mouvement isole sa cause et défie l’État de droit. L’incident d’Edea démontre, une fois de plus, que la solution à ce conflit foncier complexe ne peut naître de la confrontation, mais d’un strict respect des procédures légales dont l’État camerounais est le seul garant et l’arbitre ultime.

Cheikh Malcolm EPANDA

 

 

 

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