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Restitution foncière par la Socapalm : le double jeu d’Afrise

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Alors que la Société Camerounaise de Palmeraies (Socapalm) a engagé depuis 2017 un vaste processus de clarification et de restitution de ses terres non exploitées, un point de friction persiste à Edéa. Tandis que les sites d’Eséka et de Dibombari ont vu des milliers d’hectares officiellement restitués à l’État dans un cadre apaisé, les actions du village d’Apouh à Edéa portées par le mouvement Afrise, sont contre toute restitution. 

Depuis 2017, la Société Camerounaise des Palmeraies (Socapalm) a engagé une politique volontaire de clarification et de restitution foncière, dans un contexte marqué par la sensibilité des questions de terre. Cette démarche s’inscrit dans un cadre strictement légal et repose sur un dispositif tripartite associant l’entreprise, les administrations compétentes et les communautés riveraines. L’objectif affiché est d’identifier, à l’issue de travaux techniques de délimitation, de bornage et de cartographie, les superficies strictement nécessaires aux opérations agro-industrielles, afin de restituer à l’État les terres devenues excédentaires.

Les résultats de cette politique sont déjà tangibles sur plusieurs sites. À Eséka dans le Nyong et Kellé, le 11 décembre 2025 dernier, plus de 8 800 hectares ont été officiellement restitués à l’État sur une concession initiale de près de 14 000 hectares. À Dibombari, le 21 janvier 2026, 2567 hectares ont également été restitués, en conformité avec des procédures validées par les autorités préfectorales et matérialisées lors de cérémonies publiques. D’autres restitutions sont en cours de préparation, notamment à Mbongo et Mbambou, à l’initiative même de l’entreprise.

Lire aussi : Eséka : la Socapalm restitue plus de 8 mille hectares à l’Etat   

La Socapalm présente cette stratégie non comme une perte économique, mais comme un investissement dans la sécurisation juridique de ses actifs, la réduction des conflits et la construction d’un climat de confiance durable avec l’État et les communautés riveraines. Pour maintenir ses niveaux de production malgré la réduction des superficies, l’entreprise mise sur un modèle d’intensification durable, conforme à sa certification RSPO, fondé sur l’amélioration des rendements, le replanting et la modernisation des outils industriels.

Lire aussi :Bonne gouvernance : la Socapalm restitue plus de 2 500 hectares à l’Etat   

Dans ce paysage de restitution progressive et encadrée, le cas du village d’Apouh, dans la zone d’Edéa, apparaît comme une exception. Alors que les cinq autres sites de la Socapalm sont engagés, à des degrés divers, dans les processus de concertation et de clarification foncière, Apouh, à travers le mouvement Afrise présenté comme son bras armé, maintient une posture de confrontation directe avec l’entreprise. Intrusions dans les plantations, agressions du personnel et blocages d’activités agricoles, notamment celles liées au replanting, constituent l’essentiel du mode opératoire observé sur ce site.

Le déni de l’autorité étatique

Cette stratégie interroge d’autant plus qu’elle s’écarte du principe central qui fonde la politique de restitution : l’initiative et la décision finales relèvent de l’État, propriétaire du domaine foncier national, et non de l’entreprise concessionnaire. En ciblant exclusivement la Socapalm, Afrise semble ignorer, ou contester implicitement, le rôle souverain de l’administration dans l’attribution et la destination des terres restituées. Aucun autre village riverain des concessions de la Socapalm n’a, à ce jour, engagé des actions de revendication en dehors des cadres légaux, malgré des attentes parfois similaires.

Lire aussi :Restitution des terres à l’ État : comment la Socapalm a transformé une crise foncière à Dibombari, en dialogue    

Cette situation met en lumière une rupture nette entre deux logiques : d’un côté, une démarche institutionnelle fondée sur le droit, la procédure et l’objectivation technique ; de l’autre, une contestation qui privilégie la pression et la conflictualité. Cette singularité contribue à isoler Apouh du processus global en cours et transforme une revendication foncière, par ailleurs répandue dans le pays, en un problème sécuritaire local. Dans un contexte où l’État cherche à promouvoir un apaisement durable des tensions foncières, la persistance de cette exception pose la question de la capacité des autorités à réaffirmer le primat du droit et à éviter que des dynamiques locales ne fragilisent un processus national encore fragile.

Réécriture du contrat foncier

Au-delà du simple narratif, la Socapalm apparaît, à son insu, mais via sa démarche, non plus comme un simple acteur agro-industriel, mais comme un partenaire à Depuis 2017, la Société Camerounaise des Palmeraies (Socapalm) a engagé une politique volontaire de clarification et de restitution foncière, dans un contexte marqué par la sensibilité des questions de terre. Cette démarche s’inscrit dans un cadre strictement légal et repose sur un dispositif tripartite associant l’entreprise, les administrations compétentes et les communautés riveraines. L’objectif affiché est d’identifier, à l’issue de travaux techniques de délimitation, de bornage et de cartographie, les superficies strictement nécessaires aux opérations agro-industrielles, afin de restituer à l’État les terres devenues excédentaires.

Les résultats de cette politique sont déjà tangibles sur plusieurs sites. À Eséka dans le Nyong et Kellé, le 11 décembre 2025 dernier, plus de 8 800 hectares ont été officiellement restitués à l’État sur une concession initiale de près de 14 000 hectares. À Dibombari, le 21 janvier 2026, 2567 hectares ont également été restitués, en conformité avec des procédures validées par les autorités préfectorales et matérialisées lors de cérémonies publiques. D’autres restitutions sont en cours de préparation, notamment à Mbongo et Mbambou, à l’initiative même de l’entreprise.

Le choix de l’impasse contre l’apaisement

La Socapalm présente cette stratégie non comme une perte économique, mais comme un investissement dans la sécurisation juridique de ses actifs, la réduction des conflits et la construction d’un climat de confiance durable avec l’État et les communautés riveraines. Pour maintenir ses niveaux de production malgré la réduction des superficies, l’entreprise mise sur un modèle d’intensification durable, conforme à sa certification RSPO, fondé sur l’amélioration des rendements, le replanting et la modernisation des outils industriels.

Dans ce paysage de restitution progressive et encadrée, le cas du village d’Apouh, dans la zone d’Edéa, apparaît comme une exception. Alors que les cinq autres sites de la Socapalm sont engagés, à des degrés divers, dans les processus de concertation et de clarification foncière, Apouh, à travers le mouvement Afrise présenté comme son bras armé, maintient une posture de confrontation directe avec l’entreprise. Intrusions dans les plantations, agressions du personnel et blocages d’activités agricoles, notamment celles liées au replanting, constituent l’essentiel du mode opératoire observé sur ce site.

Fait révélateur : à la suite d’une demande d’audience formulée par Afrise et accordée par la Socapalm, l’entreprise indique être, à ce jour, toujours en attente d’une réponse d’Afrise pour la tenue effective de la rencontre. Ce décalage entre l’appel au dialogue et l’absence de suite opérationnelle entretient une ambiguïté qui fragilise les perspectives d’apaisement.

Le déni de l’autorité étatique

Cette stratégie interroge d’autant plus qu’elle s’écarte du principe central qui fonde la politique de restitution : l’initiative et la décision finales relèvent de l’État, propriétaire du domaine foncier national, et non de l’entreprise concessionnaire. En ciblant exclusivement la Socapalm, Afrise semble ignorer, ou contester implicitement, le rôle souverain de l’administration dans l’attribution et la destination des terres restituées. Aucun autre village riverain des concessions de la Socapalm n’a, à ce jour, engagé des actions de revendication en dehors des cadres légaux, malgré des attentes parfois similaires.

Cette situation met en lumière une rupture nette entre deux logiques : d’un côté, une démarche institutionnelle fondée sur le droit, la procédure et l’objectivation technique ; de l’autre, une contestation qui privilégie la pression et la conflictualité. Cette singularité contribue à isoler Apouh du processus global en cours et transforme une revendication foncière, par ailleurs répandue dans le pays, en un problème sécuritaire local. Dans un contexte où l’État cherche à promouvoir un apaisement durable des tensions foncières, la persistance de cette exception pose la question de la capacité des autorités à réaffirmer le primat du droit et à éviter que des dynamiques locales ne fragilisent un processus national encore fragile.

Une réécriture du contrat foncier

Au-delà du simple narratif, la Socapalm apparaît, à son insu, mais via sa démarche, non plus comme un simple acteur agro-industriel, mais comme un partenaire à part entière de la gouvernance foncière, lucide face aux fractures et résolu à inscrire son action dans un horizon d’apaisement durable. En filigrane se dessine ainsi une tentative de refondation du contrat reliant l’entreprise, l’État et les communautés : moins de confrontation, davantage de lisibilité ; moins de concentration foncière, plus de responsabilité ; moins d’extension foncière, plus de performance. La restitution des terres n’y apparaît donc pas comme une concession imposée, mais comme un choix stratégique assumé, presque pédagogique, car, consciente que « la terre survit toujours aux conflits que les hommes y projettent. »

Cheikh Malcolm EPANDA

 

 

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