Son nouveau single « Memané » est un appel à la persévérance et un refus au découragement. Taty Eyong affirme aussi sa maturité à travers ce titre.
La thématique embrassée par l’artiste est très actuelle. Elle l’est d’autant plus dans un contexte comme le nôtre, où les sonorités que nous renvoie notre société sont celles de la tristesse, du malheur et de l’anxiété. Des conséquences du chômage, du sous-emploi et des réalités socioéconomiques contraignantes qui conduisent aussi au découragement. Taty Eyong, de son vrai nom Eyong Bengono Jeanine Tatiana, estime qu’il faut toujours fouiller, bécher, forger, sans jamais capituler.
« Memané », son nouveau single, un ekang-bikutsi est donc une interpellation de ses concitoyens à ne pas céder à l’abattement, quelles que soient les difficultés. Il est un hymne à l’effort. Taty est elle-même le produit de cette persévérance. De chorégraphe-danseuse, elle a travaillé dur pour réaliser son rêve, la musique. Si l’artiste tisse encore sa toile, Taty est déjà une chanteuse affirmée.
Un cocktail sensuel et mielleux
Avec un chant simple et naturel où s’entremêlent les sonorités africaines et du Jazz dans un style assez soft, Taty Eyong se démarque légèrement de son tout premier Maxi single «C’est mon comme ça» qui l’a relevé au grand public et tirait un peu vers un Bikutsi populaire. Cette nouvelle trouvaille, se classe plutôt dans un registre world music. Une musique de recherche ouverte à d’autres sonorités du monde. A côté des guitares, du balafon typique au Bikutsi traditionnel, elle mixe avec des instruments modernes, ce qui donne ce cocktail sensuel et mielleux proche de l’acoustique.
Avec « Menamé », Taty Eyong exprime sa maturité. Elle a grandi. L’artiste est monté d’un cran pour se hisser dans le même registre que Sally Nyolo, Karesse Fotso et bien d’autres. Loin de l’image béjaune de ses débuts qu’on lui a connue lors Festival Escale Bantou à Douala et pendant plusieurs autres spectacles quand l’occasion lui était donnée de lever les rideaux.
A redire néanmoins pour cet air l’absence de refrain et de phrase mélodique forte qu’on retrouve régulièrement dans les grandes chansons susceptibles de retenir dès la première écoute l’attention des mélomanes. De petites insuffisances imperceptibles à l’oreille d’un profane mais qui ne soustraient rien du gros potentiel présenté par l’artiste en qui sommeille un génie.
Félix EPEE