Face à la presse ce mardi 27 janvier 2026, le leader politique Jean-Jacques Ekindi a appelé le futur gouvernement annoncé par le président de la République, à faire de la résolution de l’affaire Glencore une priorité de son action en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption.
Selon Jean Jacques Ekindi, la corruption est un fléau mais pas une fatalité. « Lorsqu’on prend des dispositions adéquates, on peut véritablement la réduire. Mais l’inaction expose le pays à des conséquences extrêmement graves », a-t-il averti. L’homme politique s’exprimait ainsi ce 27 janvier 2026 à Douala, dans le cadre de ses échanges avec les professionnels des médias Il estime toutefois que les mécanismes actuels restent largement insuffisants, car ils ciblent principalement les fonctionnaires, en négligeant la corruption active, celle des corrupteurs.
Jean Jacques Ekindi déplore également la faiblesse structurelle de la CONAC, dont les moyens sont jugés dérisoires au regard de l’ampleur des flux financiers publics. Il souligne qu’en 2023, les cas examinés par l’institution représentaient environ 100 milliards de FCFA, alors que les dépenses budgétaires de l’État dépassaient 5 000 milliards de FCFA.
Sur le plan judiciaire, le leader politique évoque une corruption devenue systémique, touchant les marchés publics, la justice, le foncier et les grands projets publics. Il estime que l’inefficacité des tribunaux et l’absence de poursuites contre les instigateurs de la corruption active entretiennent une culture de l’impunité.
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Cette défaillance est, selon lui, illustrée par l’affaire Glencore, qu’il présente comme un « scandale international majeur ». La multinationale pétrolière a reconnu avoir versé plus de 7 milliards de FCFA de pots-de-vin à des responsables de la SNH et de la SONARA, obtenant en contrepartie un rabais de 30 % sur le pétrole brut camerounais. Condamnée à plus de 600 milliards de FCFA d’amendes au Royaume-Uni et aux États-Unis, Glencore voit ses dirigeants poursuivis à l’étranger, tandis que le Cameroun peine à engager des actions judiciaires significatives.
Jean Jacques Ekindi appelle ainsi le nouveau gouvernement à prendre ce dossier à bras-le-corps, au même titre que ceux liés à la CAN et aux marchés publics. Il exige que fonctionnaires, corrupteurs et complices rendent des comptes, sans distinction de rang.
Parmi ses propositions figurent l’intégration effective des conventions internationales anticorruption dans le droit camerounais, la criminalisation renforcée de la corruption active, l’instauration d’un délit de non-dénonciation et la création de juridictions spécialisées. Pour lui, la lutte contre la corruption doit être considérée comme une question de survie nationale, et non comme un simple enjeu politique.
Blanchard BIHEL






