Avec la cession de la plantation de Socapalm-Eséka à la société Opalm, certains transformateurs locaux disent craindre une fluctuation des prix du liquide rouge. Les agro-industries du secteur persistent et signent, il n’y aura aucune fluctuation. Avec l’Etat, Socapalm et Opalm travaillent plutôt à accroître la production.
Le prix de vente du litre d’huile de palme ne va pas grimper. C’est l’assurance réitérée par la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm), et Opalm. Les deux agro-industries ont décidé depuis peu de joindre les efforts pour booster la production d’huile de palme au Cameroun. Avec l’acte de cession des plantations d’Eséka de la Socapalm à Opalm en février dernier, l’un des gros intérêts est justement d’accroitre l’offre du liquide rouge, et de maintenir ainsi les prix homologués selon le volume. Le litre doit être vendu à 1000 Fcfa, même si sur les étals, le prix grimpe souvent jusqu’à atteindre 1.500Fcfa.
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Les deux partenaires se sont engagés à maintenir une synergie opérationnelle pour que le passage de témoin se fasse sans aucune perturbation des flux d’approvisionnement du marché. De plus, en augmentant la production locale à Eséka, Opalm réduit la pression sur la demande.
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La demande d’huile de palme sur le marché camerounais est d’environ 1,5 millions de tonnes. La production nationale tourne autour de 400.000 tonnes, ce qui crée un déficit structurel qui oscille entre 130 000 et 500.000 tonnes. Pour tenter de resserrer l’écart, le pays importe près de 120.000 tonnes par an. Pour augmenter la production nationale, Opalm a mis sur pied toute une stratégie étalée sur cinq ans, qui a convaincu la Socapalm à céder les plantations d’Eséka. C’est ainsi qu’en 2025, la société agro-industrielle Opalm a investi 45 milliards FCFA au Cameroun pour construire cinq usines de production d’huile de palme sur cinq ans. Ce projet vise à réduire de 50 % le déficit national en huile de palme et à diminuer les importations, en débutant par l’acquisition et la modernisation de la plantation d’Eséka. Il s’agit in fine d’accroître la capacité nationale de transformation de 108.000 tonnes.
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Les transformateurs locaux ne doivent donc pas se faire du mouron, « sauf bien évidemment, les adeptes de la spéculation qui augmentent à leur guise les prix sur le marché, généralement en période de fêtes. Ils le font de manière unilatérale, et en toute impunité. Malheureusement le consommateur final conclut que l’augmentation est du fait de la Socapalm, ce qui est faux. Socapalm vend toujours aux prix homologués, mais certains maillons de la chaîne notamment des transformateurs et des détaillants se permettent d’abuser des consommateurs », confie Menye, grossiste.
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Des propos que corrobore sous cape un employé de la Socapalm : « L’opinion pense que c’est Socapalm qui choisit en décembre de créer une pénurie pour faire flamber les prix de l’huile ou même que si l’huile est vendue sur le marché à 1500 le litre, c’est du fait de la Socapalm et que l’argent la rentre dans les caisses de la Socapalm que non ! Or le développement de la filière tel que lancé va à terme annuler tous ces aléas avec une incidence numéraire directe sur le panier de la ménagère qui verra le prix du produit final régulé également sur le marché et plus maîtrisé. Il est clair que si la capacité de production augmente, et c’est ce qui va se passer avec l’entrée d’Opalm, il n’y aura pas que des heureux ». Une offre locale abondante à travers l’extraction locale d’huile de palme va à coup sûr tordre le coup à la spéculation, à l’inflation, tout en servant de gage quant à la qualité du produit.
Valgadine TONGA






