La Socapalm a annoncé la cession de sa plantation d’Eséka à la société Opalm, dans le cadre d’une opération conduite avec l’aval de l’État du Cameroun. Au-delà d’un simple changement de gestion, l’entreprise présente cette transition comme une étape structurante pour la consolidation et la régulation de la filière nationale de l’huile de palme, dans un contexte où la demande intérieure demeure soutenue.
Sur le plan économique, l’enjeu affiché est clair : renforcer la production nationale d’huile de palme brute, contribuer à une meilleure couverture du marché local et soutenir la création de valeur au Cameroun. Sur le plan social, la Socapalm affirme avoir conçu un dispositif de transition centré sur la stabilité, avec un transfert de l’ensemble du personnel en service vers Opalm, et le maintien des droits acquis, de l’ancienneté, des fonctions et des avantages sociaux.
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Dans l’immédiat, la transition est annoncée comme progressive et accompagnée. La Socapalm indique qu’elle apportera un appui opérationnel à Opalm pour la prise en main du site, dans l’objectif de préserver la continuité des activités et d’assurer une circulation claire de l’information auprès des parties prenantes, notamment les communautés riveraines et les planteurs porteurs PPE , partenaires.
Alors que les attentes se multiplient sur la transparence, la stabilité sociale et la performance des chaînes d’approvisionnement, cette opération intervient aussi comme un signal adressé au secteur : la structuration de la filière ne dépend pas uniquement de l’investissement, mais aussi de la gouvernance, du dialogue social et de l’alignement avec les priorités publiques.
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Pour éclairer les contours de cette cession, notre rédaction a sollicité des précisions auprès de Germain Jules Kamta, Secrétaire Général de la Socapalm, qui revient sur le calendrier, les garanties sociales et l’orientation stratégique de l’opération.
Cheick Malcolm EPANDA
Germain Jules Kamta : « L’État est actionnaire de la Socapalm, et un acteur incontournable. Cette cession s’effectue avec son aval »
La Socapalm annonce la cession de la plantation d’Eséka à Opalm. Quelle est la logique principale de cette opération ?
Cette cession s’inscrit dans une dynamique de consolidation et de régulation de la filière huile de palme au Cameroun. L’objectif est de contribuer à une production nationale plus robuste, mieux organisée, et capable de répondre durablement aux besoins du marché intérieur. C’est une opération structurée, conduite avec l’aval de l’État, et pensée pour préserver la continuité des activités et la stabilité sociale.
Concrètement, qu’est-ce que cela change pour l’activité du site et pour l’approvisionnement du marché ?
La continuité productive est un point central. Le site poursuit ses activités, avec une transition graduelle de la gestion vers Opalm. L’ambition est de renforcer l’organisation et l’efficacité des opérations, au service d’une production nationale d’huile de palme brute plus stable. Au-delà du volume, c’est aussi une question de structuration : méthodes, coordination, standards, et dialogue avec l’ensemble des acteurs.
Les questions sociales sont toujours sensibles dans ce type d’opération. Quelles garanties apportez-vous aux travailleurs ?
Nous avons mis la stabilité sociale au cœur du dispositif. L’ensemble du personnel en service est transféré chez Opalm, avec maintien des droits acquis, de l’ancienneté, des fonctions et des avantages sociaux. Par ailleurs, la Socapalm accompagne la transition pour sécuriser les étapes et éviter les ruptures dans l’organisation du travail. Nous savons que ce type de changement peut susciter des inquiétudes : notre responsabilité est de donner des repères et de maintenir un cadre clair.
Vous insistez sur l’idée d’un accompagnement progressif. Que recouvre-t-elle ?
Une transition progressive signifie qu’on évite les basculements brusques. Nous organisons un passage de relais structuré : continuité des opérations, transfert des pratiques, appui à la prise en main de la gestion, et coordination avec les parties prenantes. L’objectif est qu’au-delà de l’annonce, l’exécution soit maîtrisée, avec des points d’étape réguliers et une communication factuelle.
Qu’en est-il des communautés riveraines et les PPE impliqués sur le site ?
La bonne circulation de l’information et la concertation sont essentielles. Nous poursuivons les échanges avec les communautés riveraines, les autorités traditionnelles, ainsi qu’avec les PPE partenaires, afin d’expliquer les jalons de la transition et de prévenir les incompréhensions. La réussite d’une transition se mesure aussi à la qualité du dialogue local.
Certains observateurs parlent souvent de “reconfiguration du secteur”. L’État joue-t-il un rôle spécifique ici ?
L’État est non seulement actionnaire de la Socapalm, mais il est surtout un acteur incontournable, et cette cession s’effectue avec son aval. Ce cadre est important : il participe à la sécurité juridique, à la régularité administrative et à la cohérence avec les priorités publiques. Notre démarche est de travailler dans la transparence et le respect des diligences attendues, afin que l’opération soit comprise et correctement exécutée.
Quel message souhaitez-vous adresser à l’opinion publique, au moment où la filière est très observée ?
Le message est clair : cette opération doit être comprise comme une opportunité de développement partagé, conciliant continuité de l’activité, stabilité sociale et contribution à une filière palmier à huile plus structurée, mieux régulée et créatrice de valeur au Cameroun. Nous sommes attachés à une exécution responsable de la transition, ainsi qu’à une communication fondée sur des éléments factuels et vérifiables.
À travers cette démarche, la Socapalm et Opalm entendent soutenir l’accroissement de la production nationale, renforcer le développement de la filière, et s’inscrire dans la vision portée par l’État du Cameroun en matière de consolidation de la chaîne de valeur et de création de valeur économique.
Entretien réalisé avec Malcolm EPANDA






