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Fenagin 2026 : Malimba : autonomisation des femmes et transmission culturelle

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Le village Malimba a accueilli la 17e édition du Fenagin, articulée autour du thème « Femme, Énergie Verte et Autonomisation ». Entre défilé des ondines, course de pirogues et allocutions, l’événement a souligné le rôle économique des femmes et l’appel de la présidente à la jeunesse pour assurer la relève.

C’est un bout de terre où le fleuve Sanaga, après un long chemin, se fond dans l’océan Atlantique. Au village Malimba, la 17e édition du Festival nautique de la Femme Malimba (FENAGIN) a commencé par un geste silencieux, une prière à voix basse. Vendredi, avant que les premières hampes rituelles ne soient dressées, il y a eu les ateliers, le culte et cette veillée singulière : celle de la piroguière. Là, dans la pénombre, on a parlé aux ancêtres, on a préparé les esprits avant de préparer les pirogues. Le programme a épousé cette logique : d’abord l’invisible, puis la parole, enfin le geste.

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Le lendemain matin, le cérémonial officiel a pris le relais sous un ciel nuageux. Manyaka Madeleine, présidente de l’association Malimba Expression, a ouvert les allocutions. « Je vous souhaite la bienvenue », a-t-elle dit, avant de rappeler que le festival est, depuis dix-sept ans, « un espace de valorisation culturelle, de sensibilisation et de renforcement des capacités des femmes ». Puis, dans un même mouvement, elle a interpellé les pouvoirs publics : « soutenir le Fenagin, c’est investir dans la stabilité sociale ». À ses côtés, le maire de la commune rurale de Mouanko, Pierre Ebwea, confirmera plus tard cette nécessité, en évoquant le soutien matériel déjà apporté aux femmes il y a deux ans et l’accompagnement permanent qu’il entend poursuivre.

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Autonomie, équilibre social et économie

Puis, vint au tour de Mme Ewane de prendre la parole. Devant l’assistance, elle a déroulé un constat sans fard : le chômage des jeunes, les femmes fragilisées par un accès restreint à l’éducation technique et à la décision, une surcharge de travail qui n’en finit pas. « Peut-on développer une communauté avec une jeunesse désorientée et des femmes fragilisées ? » a-t-elle demandé. Le thème de cette édition, « Femme, Énergie Verte et Autonomisation », dessinait en filigrane la réponse. L’énergie verte, a-t-elle expliqué, peut être un levier, à condition de lever les freins que sont le coût des équipements et le manque de formation. L’autonomie, a-t-elle résumé, repose sur une base énergétique accessible : la femme en est l’actrice, l’énergie le moyen, l’autonomie le résultat.

L’après-midi, la clairière a changé de visage. Sous la canopée, le défilé des ondines a commencé. Pieds nus, vêtues de bleu, elles ouvraient la marche, hampes rituelles dressées, dans un pas lent et mesuré. Derrière elles, d’autres vagues de couleurs : le jaune de la jeunesse, le vert de la continuité. À quelques encablures, sur le fleuve, plusieurs pirogues longues, équipages vêtus de vert, de bleu et de jaune, se sont alignées. La course a commencé dans un battement régulier des pagaies, chaque embarcation cherchant la cadence parfaite. Autour, des petites embarcations transportaient des spectateurs attentifs.

L’appel à la relève

C’est à la fin du festival, au moment où l’on redistribuait les dons, qu’une voix a fait basculer le regard vers l’avenir. Manyaka Madeleine, 64 ans, a livré un constat intime. « La fête d’aujourd’hui s’est bien passée, plus que toutes les autres », a-t-elle d’abord dit, mesurant la mobilisation accrue. Puis : « Aujourd’hui, je n’ai pas pu ramer, mon état de santé ne m’a pas permis. » La présidente, qui avait ouvert la cérémonie par un appel aux pouvoirs publics, s’est alors tournée vers les jeunes : « Nous sommes déjà vieilles… les jeunes doivent nous remplacer, ils doivent prendre la relève. » Elle a dit avoir demandé à partir, plusieurs fois. « Elles ne veulent pas que je quitte », a-t-elle confié, évoquant ces femmes qui la retiennent encore. Mais elle cherche, a-t-elle ajouté, « des jeunes qui peuvent me remplacer ».

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Ainsi, la 17e édition du FENAGIN a tissé une double boucle. En amont, le culte et la veillée de la piroguière rappelaient que rien ne commence avec nous. En aval, l’appel de la présidente pointait que rien ne doit s’arrêter avec nous. Entre ces deux rives, le fleuve a porté les discours des responsables, les danses des ondines, la course des pirogues, et la parole exigeante de Mme Ewane sur l’énergie et l’autonomie. Le Fenagin 2026 s’achève ainsi sur une question ouverte, non plus seulement celle de l’énergie verte, mais celle de l’énergie humaine qui se renouvelle. Au bord de l’eau, sous un ciel redevenu calme, quelques jeunes filles en jaune observaient les pirogues désormais amarrées. Le geste de la transmission, lui, a déjà commencé.

Cheikh Malcolm EPANDA

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