L’actualité de ces derniers jours est abondamment nourrie par ce qui se passe dans la police nationale, en termes de sortie des élèves policiers ou de concours d’entrée. Au total, si l’on s’en tient aux chiffres avancés, près de 10.000 agents, tout grade confondu, viendront gonfler les rangs du corps de la police pour les prochaines années.

De quoi rassurer à priori les populations, au vue de la montée en puissance de l’insécurité et de la multiplication des techniques de braquage développées par les malfrats ces derniers temps. Il est en effet illusoire de prétendre énumérer les nouvelles techniques utilisées par les braqueurs, que ce soit de nuit ou de jour. Ils s’adaptent aussi au temps. L’époque des braquages avec violence est désormais révolue, laissant place aux opérations douces, qui laissent même le plus prudent sur le carreau. Nous pouvons citer l’utilisation des faux parfums. Soit ils font inhaler cela par les victimes dans les taxis, soit ils le présentent dans la rue comme un nouveau produit et demandent de sentir l’odeur. La victime elle-même met le produit à son nez, et dans les deux cas elle perd connaissance dans les minutes qui suivent, et se fait dévaliser. C’est au réveil qu’elle se rendra compte qu’elle a été victime d’un braquage, et même les gens les plus proches.
On parle également des portes clés piégés qui sont proposés au propriétaires de véhicules, renfermant en fait une puce avec un code capable de neutraliser le système d’alarme, des bandits qui viennent dans des événements, font faire des annonces qu’une voiture ciblée bloque le passage d’une autre, juste pour attirer le propriétaire à l’extérieur et le dépouiller. D’autres enlèvent simplement l’une des plaques d’immatriculation, et quand le propriétaire vient prendre sa voiture, ils le suivent dans une autre voiture et le dépassent à un endroit propice, brandissant la plaque bien en vue pour que le propriétaire croie qu’il l’a perdue, et dès qu’il ralentit pour récupérer, il se retrouve dans le piège. Les clous fixés sur un socle qu’on glisse sous les roues des voitures devant les banques, Les taxeurs en pleine ville et en journée avec l’utilisation discrète des lames de rasoir ou de couteaux, les fraudes bancaires, le trafic des cartes informatisées. On a l’impression que tout y passe désormais, rendant les mouvements de jour comme de nuit de moins en moins sûrs. Les crimes et les assassinats ne sont pas en reste. Il ne se passe plus des mois qu’on ne parle de cadavres retrouvés soit dans un domicile, soit dans la nature, plus ou moins décapité. Des meurtres qui sont commis avec de plus en plus de professionnalisme.
Apporter un répondant à l’ingéniosité de l’adversaire

Face donc à la sophistication des techniques de vol et de crime, les nouvelles cuvées se doivent d’être à la hauteur, tant techniquement que psychologiquement. Ces derniers temps, la police s’illustre avec des coups de filet spectaculaire, qui leur permettent de débusquer des bandes de malfrats, présentés aux médias comme des trophées de guerre. Ce qui est louable certes, mais encore loin des performances qui devront apporter un répondant à l’ingéniosité de l’adversaire. Les experts en criminologie militent désormais pour la densification et le fonctionnement effectif de l’unité scientifique de la police. Pour eux, à côté des agents de renseignements, il faudrait renforcer un réseau de policiers «invisibles» qui, sans uniforme permettant leur identification facile, pourraient traquer les acteurs de ces nouvelles formes d’agression dans les taxis, les bistrots et autres lieux publics de la ville, les auteurs des crimes rituels. La police scientifique participe en effet activement à la recherche d’identification des auteurs d’infractions de toute nature. Elle apporte ainsi une aide à l’enquête dans de nombreux domaines tels que les recherches criminelles, les missions d’identité judiciaire, les travaux d’analyses réalisées dans les laboratoires de la police scientifique et la mise en œuvre d’outils informatiques.
La sophistication des vols et des crimes qui se déroulent de nos jours dans notre pays est tel que la police doit se faire une mue profonde pour apporter du répondant, au risque de se voir dépassée à chaque fois. Ce ne sont pas les hommes qui manquent, ou qui pourront manquer à l’avenir, ce ne sont pas non plus les moyens qui vont manquer, au vu des investissements qui sont consentis chaque jour pour l’acquisition du nouveau matériel.
Les nouvelles formations données aux hommes en tenue doivent tenir compte des avancées technologiques, seule garantie pour élucider les crimes odieux avec des relents de règlements de compte ou de vengeance. La télévision fait déjà suffisamment rêver, et il n’est pas impossible que les populations soient aussi un jour rassurées, voyant qu’après une enquête minutieuse qui a permis de rassembler des preuves irréfutables, la police procède poliment à l’arrestation d’un prévenu en lui récitant aussi ses droits en ces termes : « Vous êtes en état d’arrestation, vous êtes libres de vous taire mais tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous devant un tribunal »
Roland TSAPI, Journaliste