Pendant que les habitants de la planète tout entière en ont plein la tête d’images et de sons répétés à l’infini d’une guerre improbable sur un théâtre qui en a pourtant l’habitude, les germes sont en incubation d’un nouvel accès de violences sur notre continent. À preuve, les réseaux pas forcément clandestins, de déroutement vers certaines des régions de nos pays, de cargaisons d’armes officiellement promises à d’autres contrées, sans parler des filières de recrutement d’individus désireux de faire fortune en faisant le coup de feu.
Les messages vantant cette espèce d’héroïsme de crapules font florès sur les réseaux sociaux, avec en évidence les adresses des agences de recrutement. Et pour une fois, chose suffisamment rare pour être signalée, ni les fameux papiers administratifs, ni aucune qualification ne sont exigés. Il suffit de clamer son ineffable amour pour l’un et sa profonde aversion de l’autre, pour décrocher l’emploi.
Et pour mieux s’attirer la compassion de bienfaiteurs à la vérité assez peu intéressés par ce genre de considérations, il en est qui poussent l’ignominie au point de vouer aux pires gémonies, la terre de leurs ancêtres. Dans l’espoir qui sait d’une éventuelle assimilation aux lendemains de la confrontation. En tout cas, le rêve est permis.
Sauf que la réalité se targue de beaucoup moins d’onirisme, et il est fort à craindre si ce n’est à parier, de voir refluer au pays, ces desperados de la gâchette en déserrance, les poches en détresse et le cœur en furie. Pour ceux dont le scalp aura échappé aux cannons, mines et autres drones kamikazes de la belligérance. Alors, par conviction ou par opportunisme, les survivants de ces individus jeunes en majorité n’auront d’option que celle d’aller garnir les effectifs des groupes séditieux anciennement présents sur le terrain, à défaut d’en créer. L’on verra ainsi fleurir en divers points du continent d’étranges printemps tropicaux aux couleurs de feu et de sang.
Des insurrections d’autant plus catastrophantes qu’elles seront menées par des personnes formées à la manipulation d’armements modernes, à l’instar des drones de combat dont l’endurance et la multifonctionnalité autorisent la surveillance, la poursuite, le ciblage et l’attaque. Il n’est pas jusqu’aux mines et autres lance-missiles anti-chars portables, qui ne viendraient changer la donne conflictuelle connue jusqu’ici.
Du grain à moudre pour les services de sécurité qui déjà sont montés sur le créneau, dans l’optique de contrecarrer du plus loin possible l’infiltration dans nos sociétés, des agents de la déstabilisation possiblement soutenus par des désirs de revanches entretenus sous d’autres cieux. Car viendra inéluctablement le temps des règlements de comptes. Et quel qu’ait été le positionnement de nos États, certains voudront, détrompés par le souvenir de leurs épopées sanglantes et castratrices de l’ère des colonies, de le leur faire payer au prix fort.
Heureusement que les temps ont changé. Oui !‼ Les paradigmes des conflictualités importées ou par procuration sur les terres d’Afrique ont beaucoup changé.
En l’espèce, la bataille en préparation sera multi-domaines, de longue haleine et sans répit. Sans peur et sans concession, avec conviction, courage et détermination, l’on se doit tous, nous nous devons tous, de relever les défis qui nous seront proposés. Nous nous devons tous d’assumer la charge de nos souverainetés sur le plan international.
Sachons rester vigilants. /-
Capitaine de Vaisseau
Colonel ATONFACK GUEMO
Chef de la Division Communication






