Dans la course à la magistrature suprême, le sport est rarement un terrain de jeu prioritaire. Pourtant, en 2018, deux candidats, Josuah Osih et Cabral Libii, affichaient chacun une vision qui méritait le coup d’œil… même si elle ne décroche pas encore la médaille d’or.

Josuah Osih : le pari de la reconnaissance et de la professionnalisation
Le candidat du SDF promettait de rendre à nos héros sportifs ce que la nation leur doit : une reconnaissance concrète. Dans son projet, une caisse de solidarité, alimentée par des prélèvements sur les primes des sponsors et autres ressources internationales, viendrait soutenir les sportifs ayant marqué l’histoire, tout en finançant leur reconversion. Il entendait aussi professionnaliser le sport et ses ligues, créer des lycées sports/études dans les dix régions, et instaurer un programme national de gestion des infrastructures sportives.
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Originalité notable : capitaliser sur les stades et équipements hérités de la CAN 2022 pour viser…la co-organisation de la Coupe du monde 2030 avec d’autres pays africains. Une idée séduisante sur le papier, mais qui est autre chose dans la réalité. Enfin, le candidat du SDF voulait nationaliser le poste de sélectionneur des équipes nationales, en offrant aux techniciens locaux les mêmes formations que leurs homologues étrangers.
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Cabral Libii : rationaliser, professionnaliser, construire
Candidat Cabral Libii, lui, voulait s’attaquer à la structure même du sport camerounais. Première cible : les fédérations. Certaines seraient fusionnées, d’autres, tout simplement, privées d’agrément. Il plaidait aussi pour un championnat national de football réduit à dix clubs — un format plus élitiste, à l’image de la Suisse, pourtant mieux dotée que nous en infrastructures. Côté équipements, son plan prévoyait la construction de palais multisports de 1 000 à 5 000 places dans les régions, départements et communes, et même des infrastructures dans chaque quartier. Ambitieux… peut-être trop, surtout en un seul mandat et sans chiffrage précis. Pour financer ce chantier, il misait sur des incitations fiscales, tant pour l’importation de matériel que pour encourager le sponsoring et le mécénat. Il entendait aussi redonner un souffle à l’Agence nationale du financement du sport (ANFIS), déjà existante mais sous-utilisée.
Et en 2025 ?
Si l’on regarde au-delà de la campagne 2018, l’offre politique sportive de Cabral Libii pourrait se renforcer grâce à son expérience de président de la Commission des sports à l’Assemblée nationale. Quant à Josuah Osih, lui, il pourrait capitaliser sur son immersion dans les coulisses de la Fédération camerounaise de football, où il a officié comme vice-président aux côtés de Seidou Mbombo Njoya. Deux trajectoires qui, bien exploitées, pourraient transformer leurs ambitions en véritables politiques sportives pour aider à construire un véritable écosystème vertueux du sport camerounais.
Par Nasser NJOYA
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