Le maire de la ville est descendu sur le terrain samedi 22 août 2020, suite aux inondations occasionnées par les pluies diluviennes tombées dans la nuit de jeudi à vendredi à Douala.
«Monsieur le maire sauvez-nous ! », s’exclament quelques commerçantes du marché Bobongo Petit Paris, un quartier de l’arrondissement de Douala 3equi a subi de plein fouet les récentes inondations qu’a connues la capitale économique. Ce site qui constitue la première étape de la visite du maire est plein de témoignages de la part des riverains.
Carlin Kamga Kamdem, habitant de la Cité Berge 1 est sans mot ce samedi 22 août. C’est avec une voix quasi inaudible qu’il nous raconte ce qu’il a vécu pendant ces précipitations. «On ne s’attendait pas à une telle inondation. Je me suis réveillé à 4h du matin pour aller uriner, il n’y avait pas d’eau. C’est à 7h que notre père nous demande de nous réveiller pour surélever le mobilier. À 100 mètres plus loin, on a apercevait les gens perchés sur leurs toitures».
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Ce récit est presque le même chez les autres habitants de Makèpè Vallée, Makepè Missokè Pont cassé dans l’arrondissement de Dla V, Grand Hangar et Mabanda dans l’arrondissement de Dla IV et New-Town Aéroport à Dla II… Dans ces zones, les traces d’eau sont encore visibles sur les murs. Vêtements et objets sont étalés au soleil. Au lieu-dit Cassé à Makèpè Missokè, le pont qui reliait les deux cotés du quartier et les canalisations d’alimentation ont été emportés par les eaux, privant cette partie de la Ville de l’eau potable. Roger Mbassa Ndinè constate au cours de cette visite l’incivisme des populations dont les maisons à certains endroits occupent les drains. Quand les maisons ne sont pas sur les drains, ce sont les ordures ménagères et des bouteilles plastiques qui obstruent le passage des eaux.
Face à ce désastre observé, le maire de la ville annonce un plan de batailles parmi lesquelles la suite du travail de curage des canalisations entamé depuis deux mois dans certains quartiers ; la continuité de la construction des 240 km de drains prévus pour l’évacuation des eaux de la ville. Un dispositif d’urgence à court et long terme auxquels s’ajoutera la mise sur pied des comités d’hygiène et de salubrité et qui veilleront à la propreté des drains. «Si l’inondation n’a duré que quelques heures c’est dû au travail curatif entrepris qui a limité les dégâts », a-t-il indiqué.
Cependant, Dr Mbassa Ndinè interpelle les riverains à plus de civisme et de responsabilité. Le maire entend rentrer dans la phase répressive. « La ville a les moyens de punir. Soit en détruisant les habitations construites sur les drains, soit en infligeant les amendes aux personnes qui continueront à déverser les ordures dans les drains», prévient-il. Une amende qui ira de 10 000fcfa à 25 000fcfa à l’endroit de tout contrevenant et en fonction de la quantité d’ordures jetés dans les canalisations.
Félix ÉPEE