Téléphonie mobile : comment Orange Cameroun arnaque ses clients

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Alors que la Conac l’avait déjà interpellée pour des pratiques contraires à l’éthique il y a quelques années, cette entreprise a opté pour une autre forme d’escroquerie  plus subtile.

C’est désormais très régulier d’entendre les clients d’Orange Cameroun se plaindre d’avoir été débités de leur crédit de communication sans avoir émis d’appel, ni souscrit à un des multiples services de cette entreprise. Laurent, agent d’entretien dans une structure de la place est une victime. «Samedi soir, avant d’aller me coucher, j’ai fait un transfert de crédit  de 500 Fcfa non seulement pour avoir  la possibilité d’appeler en cas d’urgence et surtout parce que j’avais un coup de fil important à passer le lendemain à la première heure. Mais, au réveil, quand je consulte mon forfait, je me rends compte qu’il a été débité de plus de 300 Fcfa. Il ne me restait plus qu’à peine  149 Francs.  J’ai appelé directement le service client pour en savoir plus. La responsable que j’ai eu au téléphone m’a fait comprendre que cette amputation du crédit est due aux services auxquels  j’avais souscrits. Elle m’a donné un code pour me désabonner. L’opération ainsi faite, je me rends aussitôt compte que le crédit restant a été lui aussi débité de 100fcfa».  

Patrick Ngosso, a quant à lui, perdu même son latin. Ce spécialiste en marketing et création graphique ne comprend pas les pratiques de cette entreprise à l’endroit de sa clientèle. «Je ne vous dis pas combien de fois mon crédit m’a été débité pour rien. Quand j’essaie même de contacter les responsables d’Orange, ils font toujours tout pour se justifier en m’attribuant des abonnements à des services dont je ne connais ni d’Adam, ni d’Eve. C’est très décevant de la part d’une si grosse entreprise. S’imaginent-ils, un seul instant qu’ils allaient le faire continuellement et que les clients ne se rendront pas compte ? », S’interroge-t-il, tout courroucé. Sandrine dit ne plus être surprise de la manœuvre. Elle en a fait les frais plusieurs fois. «Je fais le transfert de 500Fcfa en rentrant du boulot. Quand le matin je veux appeler un collègue de bureau, on m’informe que je n’ai plus d’unités. Je suis déjà habituée. Maintenant je fais le transfert de 100Fcfa pour surfer quelques minutes, le temps qu’il coupe leurs crédits», raconte-t-elle.

Voie judiciaire

Ces distractions de crédit de communication, les clients d’Orange en connaissent fréquemment. Mais ce qui  surprend, c’est l’attitude quelque peu arrogante des dirigeants de cette entreprise qui sont restés jusque là de marbre malgré les multiples plaintes. « Ils ne nous gèrent même pas », déplore Grégoire Boum, une autre victime. Or,  dans ce cas, renchérit notre interlocuteur,  «une entreprise soucieuse de son image qui crée ainsi des désagréments à ses abonnés, devrait, non seulement s’en excuser mais également réparer les torts causés à l’endroit  de  ces derniers. Ce qui n’est pas le cas pour Orange Cameroun. Leur attitude laisse croire que ces pratiques ne relèvent pas d’un quelconque dysfonctionnement du système mais qu’elles sont bien connues et pensées par certaines personnes au sein de cette structure.»

Joint au téléphone pour avoir la version de l’entreprise, Stéphane Moukoury, chargé des relations publiques et des médias, refuse de nous expliquer le pourquoi de la situation. Il nous donne plutôt un rendez-vous qu’il  n’honore pas. Il est rappelé plusieurs fois, sans succès.

Il y a trois ans, cette maison de téléphonie mobile était rappelée à l’ordre par la Commission  Nationale Anti-corruption (Conac)  pour des agissements similaires. On se souvient que la Conac dénonçait notamment les manœuvres de la boîte à travers des jeux concours et de hasard soumis régulièrement à leur clientèle. Des offres qui ne relevaient pas de son ressort selon la Conac, au regard de la nature principale de ses activités. Elle se faisait ainsi du beurre sur le dos des clients sans en verser une moindre taxe  à l’Etat. Visiblement, Orange Cameroun a trouvé un nouvel subterfuge aujourd’hui. Exactement comme celui qui a consisté à un moment à prélever directement les unités dans le crédit principal  du client sans son accord lorsque son forfait internet était expiré.

Face à ce jeu trouble et à l’indifférence des responsables de l’entreprise, des clients se sont constitués en collectif et envisagent d’ores et déjà d’ester en justice.  Affaire à suivre !

Félix ÉPEE

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