Infrastructures sportive : Où est passé le gymnase simplifié de Ngaoundéré ?

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Inscrit dans la perspective de la dotation des aires de jeu afin d’assurer le développement du volley-ball dans la région de l’Adamaoua, le projet de construction de cette infrastructure a finalement tourné à une rupture entre la Fédération camerounaise de volley-ball et la Communauté urbaine de Ngaoundéré, pour cause d’engagements non respectés.

La belle histoire à l’eau de boudin a commencé le 19 décembre 2016 au quartier Mardock, à Ngaoundéré où a eu lieu la pose de la première pierre du gymnase simplifié, un projet ficelé par les bons soins de la Fédération camerounaise de volleyball. Très ému que la région de l’Adamaoua puisse enfin abriter un projet d’une telle envergure, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de la « ville château d’eau du Cameroun », Ahmadou Dawa, dans son allocution, avait alors exposé le cheminement dudit projet jusqu’à son aboutissement, à savoir la construction d’un gymnase moderne, apportant une « réponse appropriée aux besoins des habitants, des scolaires et des sportifs du territoire ».

Le président de la Ligue régionale de l’Adamaoua, Ahmadou Aminou, Julien Serge Abouem, le président de la Fécavolley avaient ensuite tour à tour pris la parole, pour souligner l’importance du développement des infrastructures dans cette partie du pays ainsi que l’impact de ces derniers dans la performance pour une discipline comme le volley-ball qui a atteint le niveau international grâce à ses valeureuses sélections. Le numéro 1 de la Fédération avait pour l’occasion, particulièrement insisté sur la nécessité des volleyeurs dès le plus tendre âge à savoir aller au sol et d’apprendre le jeu dans les conditions idoines.

130 millions de Fcfa pour rien

Le gymnase, conçu par le cabinet Immo Plus Sarl, devait comprendre une salle principale de 623 m2 dotée de gradins d’une capacité de 300 places et une annexe destinée aux vestiaires. L’infrastructure clé en main, devait être livrée à la fin de l’année 2017. Le coût global de construction s’élevait à 130 millions de Fcfa, entièrement financé par la Fécavolley. Suffisant pour comprendre le satisfécit d’Abouem qui s’est engagé à faire construire de nombreuses infrastructures sportives dédiées au volleyball sur toute l’étendue du territoire national. C’est d’ailleurs à lui que revient tout le mérite des aménagements sur le site de Messa qui a vu naître et évoluer de nombreuses générations de volleyeurs dont Roger Bowen alias « Balas ». Alors qu’on attendait plus que la cérémonie d’inauguration du fameux gymnase de Ngaoundéré, tout semble tomber à l’eau. En effet, le 07 mars 2019, sous la référence N/Ref N 2019/036/L/Dg/Cab/Cun, le Délégué du gouvernement a adressé une correspondance au président de la Fécavolley avec en objet : « Résiliation de la convention entre la Cun et la Fcvb pour la construction d’un gymnase dans la ville de Ngaoundéré ». Qu’est ce qui n’a pas marché ?

Abandon du chantier

Hamadou Yarou écrit : «Faisant suite au non respect de vos obligations, contenues dans l’article 3 de la Convention signée entre la Communauté urbaine de Ngaoundéré et votre fédération relative aux travaux de construction d’un gymnase simplifié au lieu dit “Bois de Mardock” dans la ville de Ngaoundéré et compte tenue des ambitions que nous avons pour l’achèvement des travaux et l’ouverture solennelle de ce parc de récréation ». À la suite du non respect de la parole donnée, le super maire de la « ville château d’eau » à donc décidé de « (…) vous signifier notre engagement de résilier la Convention sus évoquée dans l’intérêt de la ville de Ngaoundéré ; en raison du silence observé sur ledit chantier depuis le lancement des travaux en 2016. Cette situation dévient de plus en plus préoccupante, dans la mesure où le chantier est en arrêt et la difficulté à obtenir des infrastructures sur la poursuite des travaux, présume un signe d’abandon de chantier ». Sans une autre forme de procès, l’administrateur civil annonce qu’ « au vu des multiples interpellations que nous enregistrons sur le sort du site préalablement choisi, je suis obligé d’arrêter la contribution de la ville de Ngaoundéré dans ce projet (…) » Une grosse claque pour le développement de cette discipline devenue l’égérie du mouvement sportif camerounais au moment où le football peine à confirmer son illustre statut de « sport roi ». A méditer !

Daniel NDING

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