Gohou Michel : «Si vous ne prenez pas garde, il y aura clash»

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Son avion a atterri sur le tarmac de l’aéroport international de Douala ce 5 juin 2019 à 3h30, au fort de la tempête. Gohou Michel ne cache pas qu’il a eu des sueurs froides devant les différentes tentatives d’atterrissage. Sur les lieux, Markus et son équipe (organisateurs de l’évènement) priaient pour que le pire ne se produise. Et au final, plus de peur de que de mal. Ce monument de l’humour en Afrique va bel et bien parrainer l’acte 7 du Stand Up Party. A ses côtés, des cadets venant de l’Europe et de l’Afrique, notamment du Gabon, du Cameroun, du Congo. A quelques heures du grand show de ce jeudi 19h au Castel Hall à Douala, la diva du parlement du rire Charlotte Ntamack, Ulrich Takam, Weilfar Kaya, Norma, Les Daltons de la capitale, Hector, Manitou du Gabon…ont rencontré la presse. Occasion pour La Voix Du Koat d’arracher cet entretien au doyen Gohou Michel.

Qu’est-ce que ça vous fait d’être le parrain de la 7ème édition du Stand Up Party, un rendez-vous en terre camerounaise?

C’est un honneur que les enfants me font, c’est une joie immense, une manière de respecter le doyen que je suis. Ça veut dire qu’ils sont sur la bonne voie, ils respectent les aînés, ils ont envie d’avancer, ils apprennent. Nous en tant que devanciers, ne pouvons que les tirer vers le sommet. Ça me fait plaisir d’être là, de les soutenir et surtout d’être parrain de cette 7ème édition. C’est un honneur. Nous leur demandons d’entreprendre, d’oser. C’est parce que nous n’osons pas que nous pensons que les choses sont difficiles. Nous sommes cette année à la 7ème édition du Stand Up Party. L’enfant a déjà 7 ans. Ça veut dire que l’enfant est responsable, il est conscient de ce qu’il fait. 7ans ça se fête et ça me fait plaisir d’être là. Je suis très content d’être entouré de mes petits frères. Le festival est né, il vit. Maintenant il faut le nourrir et pour cela, on a besoin de la participation de tout le monde, de tout le Cameroun, de toute l’Afrique. Et pour qu’il grandisse dans de bonnes conditions, on a vraiment besoin de la presse parce que sans elle on ne peut pas avancer.

Son avion a atterri sur le tarmac de l’aéroport international de Douala ce 5 juin 2019 à 3h30, au fort de la tempête. Michel Gohou ne cache pas qu’il a eu des sueurs froides devant les différentes tentatives d’atterrissage. Sur les lieux, Markus et son équipe priaient pour que le pire ne se produise. Et au final, plus de peur de que de mal. Ce monument de l’humour en Afrique va bel et bien parrainer l’acte 7 du Stand Up Party. Occasion pour La Voix Du Koat d’arracher cet entretien au doyen Michel Gohou. "Ce n’est pas quand il y a la guerre que l’artiste joue son rôle. L’artiste est un avant-gardiste. C’est ce que nous avons toujours fait, depuis le temps d’Houphouët Boigny, en passant par Bédié, Guei, Gbagbo et les autres. On a

Pendant la conférence de presse.

L’humour occupe de plus en plus une place de choix en Afrique. Peut-on affirmer qu’il n’est plus considéré aujourd’hui comme un sot métier ?

Nous qui avons eu la malchance de commencer ce métier il y a belle lurette, pensions que personne n’allait survivre parce que c’était dur. Mais on s’est battu comme de beaux diables et aujourd’hui, l’art est en train de nourrir son homme. Avant, tout le monde disait «l’art ne paie pas son homme». C’était connu de tous. Ce métier était comme la voie de la perdition totale. Aujourd’hui, tout le monde encourage son enfant vers ce métier car c’est un métier d’ouverture, de communication, de rencontre, d’acceptation de l’autre, de vivre-ensemble. C’est un métier où on a brisé les frontières, où on se retrouve en symbiose. Il n’y a pas de nationalité entre nous. Quand on se retrouve. C’est la joie totale et c’est ce qu’on demande aussi à nos dirigeants africains.

Vous avez connu des guerres en Côte d’Ivoire et vous avez sûrement eu vent de la crise sécuritaire qui secoue le Cameroun. Quelle a été le rôle des artistes durant les périodes troubles dans votre pays?

Ce n’est pas quand il y a la guerre que l’artiste joue son rôle. L’artiste est un avant-gardiste. Depuis que la Côte d’Ivoire existe, l’artiste a toujours crié et il a toujours mis le doigt sur la plaie. L’artiste c’est quelqu’un qui crie ‘‘attention, si vous ne prenez pas garde, il y aura clash. Faites attention à ce genre de comportement.’’ C’est ce que nous avons toujours fait, depuis le temps d’Houphouët Boigny, en passant par Bédié, Guei, Gbagbo et les autres. On a toujours attiré l’attention des gens sur les éventuelles guerres. Ce n’est pas quand la guerre est arrivée que les artistes ont commencé à parler, non. C’est une base qui a été établie depuis fort longtemps. Mais puisqu’en Afrique on trouve que l’artiste c’est quelqu’un qui parle beaucoup et se mêle de ce qui ne le concerne pas, on n’écoute pas les artistes. Mais quand il y a clash, on cherche les artistes. Ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire, on a longtemps tiré la sonnette d’alarme. Pendant la crise, on a encore joué des rôles de conciliateurs, de pacifistes, de vivre-ensemble, de partager ensemble notre humour et notre amour, le rôle d’aimer son prochain. Nous l’avons prôné pendant la guerre et après. C’est la base même de nos messages.

Entretien avec Valgadine TONGA

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