Eliminatoires Can 2019 : les Lions indomptables à l’épreuve de l’épine comorienne

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Les Comores, s’estimant lésées par l’absence de sanctions sportives à l’égard des champions d’Afrique en titre, demande au Tribunal arbitral du Sport de contraindre la Confédération africaine de football à prononcer comme l’exigent les textes, la disqualification du Cameroun des éliminatoires.

Le procès de la Confédération africaine de football (Caf) n’aura pas lieu ! Le coup de semonce que les clubs amateurs avaient réservé à l’instance que dirige Ahmad Ahmad n’est plus qu’un vilain dessein. Même si l’initiative aura quand même eu le mérite de mettre la pression sur la maison mère du football africain. Suite au désistement mardi dernier de la Côte-d’Ivoire à l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations 2021-ce qui profite au Cameroun- l’Acfac dont fait partie Abdouraman Ahmadou Baba, a annoncé hier mercredi 30 janvier 2019 sa décision de retirer les recours initialement introduits au Tas pour contester le retrait de la Can 2019 au Cameroun, par la Caf.  « L’Acfac qui regroupe en son sein plus de 500 clubs amateurs du Cameroun, tient à rappeler que toutes les initiatives suite au retrait de l’organisation de la Can 2019 au Cameroun, visaient uniquement à garantir à notre pays toutes les chances d’organiser une Can dans les meilleurs délais possibles », indique le communiqué de l’association, publié dans les réseaux sociaux par le président d’Etoile filante de Garoua. 

Les Comores, s’estimant lésées par l’absence de sanctions sportives à l’égard des champions d’Afrique en titre, demande au Tribunal arbitral du Sport de contraindre la Confédération africaine de football à prononcer comme l’exigent les textes, la disqualification du Cameroun des éliminatoires

Une sélection des Comores.

Alassane Ouattara

Après avoir obtenu le feu vert du Cameroun pour 2021 au lieu de 2019 et de la Guinée pour 2025 à la place de 2023, la Caf a fini par convaincre le pays des Eléphants, longtemps réticent à l’idée de troquer l’organisation de l’édition 2021 contre celle de 2023. Pour sortir de l’impasse, Ahmad Ahmad s’est déplacé à Abidjan pour rencontrer le président de la République ivoirienne, Alassane Ouattara. A l’issue de cette entrevue et en présence des dirigeants de la Fédération ivoirienne (Fif), le Malgache a confirmé le glissement du calendrier au nom du principe de solidarité et confirmé que la Côte d’Ivoire devra patienter deux ans de plus, jusqu’en 2023, pour abriter la grande fête du football africain. « Nous avons pris une décision douloureuse de retirer l’organisation de la Can 2019 au Cameroun. Mais vu les importants investissements déployés par l’Etat camerounais et par respect du président Paul Biya, nous avons mis en place un glissement des différentes dates. Mais, ce sont les pays concernés qui devaient accepter cette décision. Nous leur avons demandé cela par solidarité. Aujourd’hui, le président Ouattara a accepté que le Cameroun organise la Can 2021 et la Côte d’Ivoire celle de 2023 », a déclaré Ahmad après l’audience.

Lot de consolation

En principe, la Fif va désormais retirer le recours qu’elle avait déposé devant le Tas. On se souvient que le 30 novembre, le Cameroun a perdu son statut de pays-hôte de la Can 2019 en raison de retards dans les travaux et la compétition a finalement été réattribuée à l’Egypte. La Caf a réglé ce dossier à l’amiable avec les autorités camerounaises en leur confiant l’organisation de la prochaine édition, en 2021, comme « lot de consolation ». Mais cet arrangement n’a pas été du goût de l’Acfac qui percevait le retrait de l’édition 2019 comme une injustice. Raison pour laquelle elle a saisi le Tas afin de contester non seulement le retrait de la Can au Cameroun, mais également la désignation de l’Egypte comme nouveau pays-hôte. Dans un courrier rendu public lundi dernier, l’Acfac annonçait que « le Tas a ouvert ce jour, une procédure arbitrale sous le numéro Tas 2019/A/6111. (…) Les clubs concernés ont également déposé un appel contre la décision du Comité Exécutif de la Caf du 8 janvier 2019 qui a attribué l’organisation de la Can 2019 à l’Egypte », précise le document. Ces initiatives visent uniquement à préserver les intérêts du football camerounais en obligeant les dirigeants de la Caf à mettre fin à l’imbroglio juridique créé par le « glissement » qui est un principe inconnu des règlements de la Caf »

Amende et suspension

Les Comores, eux, ont mis leur menace à exécution ! En colère contre la décision de la Caf qui a décidé de ne pas disqualifier le Cameroun des éliminatoires de la Can 2019 malgré la perte de son statut de pays-hôte, les Cœlacanthes ont saisi le Tas. L’annonce a été faite mardi matin sur Twitter par le manager général de la sélection des Comores, Ben Amir Saadi. La sélection insulaire comptait effectuer cette démarche depuis plusieurs semaines mais elle a dû se confronter à des moyens financiers limités qui l’ont d’abord freinée. Les Comores réclament l’application de l’article 92 du règlement de la Can, qui prévoit dans un cas de retrait comme celui-ci une amende et une suspension pour deux éditions. En l’état actuel des choses, le Cameroun et les Comores se disputeront la qualification sur le terrain en mars prochain à Yaoundé lors de la dernière journée des qualifications. Si les Lions Indomptables ne perdent pas, ils valideront leur billet pour la phase finale. Chaud devant !

Daniel NDING

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