Compétitions africaines interclubs : la peau de chagrin des «ambassadeurs» camerounais

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Coton sport de Garoua et New star de Douala, les deux derniers représentants du pays des Lions indomptables ont été éliminés dimanche dernier au terme des matches retours de la Coupe des Confédérations africaines de football (Caf) qualificatifs pour la phase de poules. Une vieille habitude qui tend à se pérenniser au fil des saisons.

A peine ont-ils eu le temps de chausser les crampons que les revoilà de retour au bercail, la queue entre les jambes. Les saisons se suivent et se ressemblent pour les clubs camerounais engagés dans les compétitions africaines interclubs. Comme une histoire qui se répète, les ambassadeurs du vert-rouge-jaune sont les premiers à quitter la compétition au stade des préliminaires. Une sortie prématurée qui n’a pas épargné nos deux représentants cette année encore. Déjà amputé d’un troisième larron du fait de l’inertie des autorités qui n’avaient pas transmis dans les délais le nom du second représentant pour l’édition 2018/19 de la Coupe de la Caf, New star de Douala et Coton sport de Garoua n’ont pas fait mieux que de se faire éliminer précocement. Le club que dirige Faustin Domkeu qui recevait Gro Mahia du Kenya au stade omnisports de Limbé a concédé un match nul 0-0, insuffisant pour poursuivre la compétition, car battu au match aller 1 but contre 2 la semaine dernière à Nairobi.

Mauvaise moisson pour les Cotonculteurs

Alors que les poulains de Gérard Mbimi n’avaient qu’un seul but à remonter, ils ont brillé par un manque de réalisme à domicile. Et comme il fallait s’y attendre, au bout d’innombrables occasions vendangées, l’équipe voit son rêve en Coupe de la Confédération, s’envoler en fumée. Les joueurs à qui le top management avait promis 500.000 Fcfa chacun en cas de victoire, vont certainement s’en vouloir de ce manque d’efficacité offensive. Coton sport a connu le même destin. Le champion en titre du Cameroun a aussi été mis hors d’état de nuire  en Coupe de la Confédération africaine. Les trois buts concédés à Ashanti Kotoko au match aller, au stade militaire de Yaoundé étaient déjà un mauvais présage. L’on pouvait espérer à quelques minutes de la fin de la première période qu’une surprise se réalise. Mais dans les arrêts de jeu, le club prend un premier but qui a complètement cassé le moral du groupe, sachant qu’il fallait inscrire beaucoup de buts en quelques minutes pour que l’impossible soit possible. Mais quand le second but est encaissé à la 63e minute, il fallait un miracle pour continuer à espérer. Coton enlèvera quand même le « sans dame » à la 85e minute en diminuant cette avance. Mais pas suffisant pour valider son passeport pour la phase des poules. Cette autre défaite de 2 buts contre 1 met fin à la campagne africaine des Cotonculteurs à qui certains observateurs prédisaient un beau parcours. Lire aussi :Football : New Stars remporte la Coupe du Cameroun 2017

La Lfpc au banc des accusés

La messe est dite ! Après le dernier sacre d’un club camerounais en coupes africaines de club il y a près de 40 ans (c’était Union sportive de Douala en coupes des coupes contre Stationary star du Nigeria en 1981), il faudra attendre l’année prochaine pour voir si le signe indien sera brisé. Qu’est ce qui n’a pas marché ? Comment comprendre cette élimination prématurée ? Les techniciens sont tous unanimes sur le fait que c’est en grande partie à cause de la mauvaise organisation de notre football. Le mouton noir a pour nom la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc) dont les approximations et les insuffisances dans l’organisation générale des deux compétitions que sont Elite One et Elite two, restent leur seul palmarès. A preuve, le démarrage tardif de la saison en Elite one après moult reports, n’a pas permis à nos deux représentants d’avoir le nombre de matches souhaité dans les jambes. Un défaut que les observateurs n’ont pas cessé de claironner. Avant les matches aller, l’on soulignait déjà l’écart de compétition qu’il y avait entre les clubs camerounais et leurs adversaires.

Coton sport de Garoua et New star de Douala, les deux derniers représentants du pays des Lions indomptables ont été éliminés, au terme des matches retours de la Coupe des Confédérations africaines de football (Caf) qualificatifs pour la phase de poules. A peine ont-ils eu le temps de chausser les crampons que les revoilà de retour au bercail, la queue entre les jambes. L

Coton Sport de Garoua.

Management bancal

Plus grave, par paresse intellectuelle, on a voulu contourner la réflexion transversale qui s’imposait pour passer au foot professionnel, et on constate aujourd’hui que certains clubs sont même moins bien lotis qu’à l’époque du foot amateur déclaré. Le simple passage en société s’avère être une véritable quadrature du cercle pour beaucoup de clubs. Les dirigeants, pour l’essentiel, pensent plus aux bénéfices en termes d’honneurs, de prestige, de mise en lumière, et de gains financiers qu’ils vont glaner, qu’à bâtir de vrais clubs, en se préoccupant d’abord de la matière première qu’est le joueur. La faute aussi à ce management très critiqué par les supporters depuis des lustres. Lire aussi :Championnats professionnels : Pierre Semengue et l’éternel casse-tête des reports

Pis, les jeunes footballeurs de plus en plus sont considérés comme un fonds de commerce par les familles, les clubs, les agents de joueurs, et les dirigeants du foot local, ce qui fausse la vraie détection, au détriment de réseaux maffieux sans scrupules. Conséquence, « on se retrouve avec des joueurs médiocres aux premières loges, et les vrais talents qui n’ont pas de pistons jetés aux oubliettes », dénonçait Charles Mongue Mouyeme, observateur avisé de la scène sportive dans les colonnes du Messager en 2016. Et la série (noire) continue…

Daniel NDING

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