Affaire Pierre Kwemo : l’Ums crie à un règlement de compte politique

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Dans une volumineuse lettre signée du secrétaire à la Communication de l’Union des mouvements socialistes (Ums), les partisans du maire de Bafang, écroués à la prison centrale de Kondengui  soutiennent mordicus qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un stratagème pour faire obstruction à leur champion lors des prochaines échéances électorales.

Pierre Kwemo victime d’un complot ? Pour l’Ums, cela ne fait l’ombre d’aucun doute. La lettre ouverte que signe Joseph Tchungno transpire la thèse d’une conspiration ourdie visant à éloigner l’édile de la ville de Bafang de la course vers les prochaines échéances électorales. L’affaire, croit-il savoir, a quitté les tribunaux pour atterrir dans l’arène politique. C’est peut être pourquoi le document dont lavoixdukoat.com a obtenu copie, est une espèce de compilations de preuves dévoilées au grand jour dans le dessein de prouver l’innocence du président de cette formation politique. Pierre Kwemo a été Interpellé, inculpé pour pillage en bande par un juge d’instruction près du Tribunal de grande instance du Mfoundi avant d’être finalement placé en détention provisoire à Kondengui le 10 janvier dernier. L’affaire entre dans le cadre d’un litige foncier qui oppose l’ancien député et ancien vice-président de l’Assemblée nationale depuis 2009 à Jean Claude Andze. On lui reproche d’avoir illégalement expulsé le plaignant d’un immeuble pour procéder à la vente du terrain querellé.

Demande frauduleuse

Dans un tableau récapitulatif, le secrétaire à la Communication de l’Ums retrace la chronologie des faits dans l’optique d’éclairer la lanterne des «profanes». De l’état de liquidation judiciaire de la Société camerounaise des grands travaux de l’Est (Scgte), société anonyme doublé de la désignation de la Société d’études juridiques et de recouvrement (Sejurec), (représentée par Kwemo, expert-fiscal agréé par la Cemac) aux fins de procéder à l’opération de liquidation à la « demande frauduleuse de la famille Andze  qui s’était d’abord présentée comme acquéreur auprès de la liquidation de l’immeuble bâti, objet du titre foncier N° 1718/Nyong et Sanaga (Mefou) d’une contenance de 3 hectares 01 ares 83 centiares », en passant par  la « mutation frauduleuse un contrat de bail emphytéotique de 50 ans pour la location des édifices implantés sur le terrain signé entre la Société immobilière de Nkolondom (Socink) appartenant à la famille Andze et l’Etat du Cameroun ». L’on est en plein dans un grand déballage.

Dans une volumineuse lettre signée du secrétaire à la Communication de l’Union des mouvements socialistes (Ums), les partisans du maire de Bafang, écroués à la prison centrale de Kondengui soutiennent mordicus qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un stratagème pour faire obstruction à leur champion lors des prochaines échéances électorales.

Pierre Kwemo.

Tentative d’extorsion d’argent

De cette démonstration  de prétoire, vient se greffer le fait qu’avant la vente de ces terrains, le liquidateur avait engagé les poursuites judiciaires qui ont abouti à une décision de la Cour suprême, ordonnant l’expulsion des occupants des deux immeubles. Le tableau renseigne que Jean Claude Andze figurait parmi les personnes qui occupait une maison sans titre ni qualité. Au moment où l’expulsion de ce dernier se déroulait, il avait abandonné certains de ses effets personnels sur la parcelle querellée. Cette affaire a rebondi en juillet 2018 lorsque le maire de Bafang est convoqué à la Police judiciaire pour être auditionné. Reparti à la police le 10 janvier 2019 pour une tentative d’arrangement à l’amiable entre celui qui est par ailleurs le président du club de football de D1 Ums et Jean Claude Andze, cette opération s’est soldée par un échec. Lire aussi :Opposition camerounaise : les leçons de la coalition (3ème partie)

Joseph Tchungno rappelle par ailleurs que Kwemo n’a jamais été sur les lieux d’exécution des décisions de justice expulsant la Socink et autres. En outre, « en cas d’exécution des décisions de justice, il revient à la personne expulsée d’assurer la sécurité et la garde de ses effets expulsés. M. Andze Jean Claude brille par une tentative d’extorsion d’argent en partant d’une demande en dommage-intérêts de dix millions d’ailleurs déboutée par la justice à des centaines de millions Fcfa au pénal avec des complices ». Suffisant pour lui de conclure que le premier magistrat municipal de Bafang subit les affres d’un procès kafkaïen. Comparer son chemin de croix devant la Justice à la trame de fond de l’ouvrage du célèbre auteur pragois Frantz Kafka, ne serait donc pas une hyperbole. Bien au contraire, les similitudes entre les clichés est révélateur de la complexité de ce dossier que les partisans de l’Ums assimilent à un rouleau compresseur contre leur champion. Lire aussi :Football : Ums de Loum sacré champion du Cameroun

Promesses fallacieuses

« Nombreux sont ceux qui pensent, et cela se comprend, que son enchaînement a d’autres visées : il s’agit de lui faire obstruction aux prochaines échéances électorales, donc de laisser le champ libre à son adversaire politique connu, qui espère ainsi gagner l’Ums sur tapis vert, comme ils l’ont fait lors des récentes élections législatives de 2013, où sa liste a été purement et simplement disqualifiée, pour des motifs à la limite ridicules. Comme cela se trame sous vos yeux, il s’agit cette fois, de changer tout simplement de mode opératoire, pour atteindre le même résultat : gagner frauduleusement et sur tapis vert les élections », écrit le secrétaire à la communication non sans inviter ses camarades à garder confiance au sens de Justice, en ses capacités à lutter pour ses droits et à choisir lucidement et conséquemment ses dirigeants.

Daniel NDING

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