Eliminatoires Can 2019 : les Lions indomptables sur une corde raide

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Condamnée à obtenir au moins un match nul si ce n’est une victoire à domicile au mois de mars prochain face aux Cœlacanthes, l’équipe nationale fanion dont les récentes performances ne sont pas des plus rassurantes, jette des inquiétudes dans l’esprit des supporters qui attendent désespérément de voir le groupe en terre égyptienne en juin.

Revoici le Cameroun dos au mur ! Une vieille habitude qui se perpétue au fil des années, obligeant les fans de football à sortir les calculettes pour des conjectures susceptibles d’éviter le chaos. Malgré la perte de son statut de pays-hôte, la patrie de Samuel Eto’o n’a pas été disqualifiée des éliminatoires de la Can 2019 contrairement à ce que prévoient les règlements. Cette situation a été vécue comme une injustice par les Comores, adversaires directs des Lions indomptables et qui réclament leur disqualification. A preuve, le 05 janvier dernier, le président de la Fédération de football des Comores, (Ffc) Said Ali Said Athouman, a confirmé que son pays compte bien saisir le Tribunal arbitral du Sport (Tas) pour contester cette décision de la Confédération africaine de football (Caf). « Je garde espoir pour le dossier concernant le recours devant le Tribunal arbitral du Sport qui, contrairement à ce qu’on a pu lire ces derniers jours, n’a pas été abandonné. La Fédération a initié des démarches auprès d’un cabinet d’avocats spécialisé en la matière et sollicite le soutien de l’Etat pour son financement, car les coûts pour une telle opération sont extrêmement élevés. L’aventure est donc loin d’être terminée », avait annoncé le dirigeant dans des propos relayés par la Ffc.

Stricte application des textes

C’est que, après la cinquième journée, disputée en novembre 2018, la situation était la suivante : le Maroc, qui venait d’assurer sa qualification, et le Cameroun, en tant que pays organisateur, étaient donc assurés de jouer la Can. Mais la décision de la Caf de retirer au pays des fauves l’organisation du tournoi a changé les choses. Selon la Caf, le Cameroun, deuxième du groupe, devra au moins faire match nul face aux Comores le 22 mars prochain à Yaoundé, pour se qualifier, alors que ces dernières auront besoin d’un succès. Mais en attendant que les insulaires qui ont demandé à l’instance dirigeante du football africain la « stricte application des textes » en évoquant l’article 92 (lequel stipule que « si une association qui a obtenu l’organisation du tournoi de la Coupe d’Afrique des nations se désiste ou se fait retirer l’organisation, il lui sera infligé, outre les sanctions disciplinaires, une amende ») les supporters du Onze national ne sont pas rassurés. Les récentes performances des champions d’Afrique en titre ne sont pas de nature à miroiter un billet qualificatif pour la Can Total Egypte 2019.

Incertitude permanente

Condamnée à obtenir au moins un match nul si ce n’est une victoire à domicile au mois de mars prochain face aux Cœlacanthes, l’équipe nationale fanion dont les récentes performances ne sont pas des plus rassurantes, jette des inquiétudes dans l’esprit des supporters qui attendent désespérément de voir le groupe en terre égyptienne en juin.

Clarence Seedorf (à gauche), Patrick Kluivert (à droite).

Cinq mois après sa désignation comme patron de l’encadrement technique des champions d’Afrique en titre, le bilan de Clarence Seedorf est loin d’être élogieux. A commencer sur le plan statistique, puisqu’il n’a remporté qu’un match sur le fil face à une modeste équipe du Malawi (1-0). Au total, cinq matchs, deux défaites, une maigre victoire,  deux nuls pour un total de deux buts inscrits contre 4 encaissés. Quelques missions de supervision plus ou moins fructueuses à l’étranger ; une campagne de retour en sélection des bannis d’hier qui connaît plus ou moins de succès ; une rotation du brassard pour à coup sûr, tuer la fameuse tradition de super pouvoirs conférés aux précédents capitaines et un système de jeu largement critiquable. Si l’on peut se réjouir d’avoir de jeunes et talentueux gardiens de buts, la défense dont les hommes changent au fil des matchs et au gré du sélectionneur, n’a rien d’une charnière impénétrable.

Que dire du milieu de terrain ou de l’attaque où l’incertitude reste permanente ? En acceptant le challenge proposé par l’équipe nationale du Cameroun, Clarence Seedorf qu’accompagne son compatriote Patrick Kluivert, prenait un risque énorme, avec comme face visible de l’iceberg, un chantier de taille qui se dressait devant lui. Avec comme objectif de bâtir une équipe solide et conquérante, condamnée à remporter la Can dans 5 mois et se qualifier pour le prochain Mondial qatari, l’ancien milieu de terrain du Milan Ac était attendu comme le sauveur.

Choix tactiques questionnables

Vantés par la chronique sportive locale pour leur passé de footballeurs talentueux, le duo Seedorf-Kluivert n’en n’est pas moins au cœur de la polémique depuis leur recrutement à la tête de cette sélection où des habitués de la chose sportive semblent ne pas leur accorder un crédit à la hauteur des compétences que les médias leur prêtent. Seedorf qui avait exigé qu’on le laisse avoir les « mains libres », peine encore à faire parler sa petite expérience managériale et son impressionnant passé de star planétaire du ballon rond. S’il est clair que son arrivée a mis fin à l’existence des « clubs des petits copains » qui se forment entre les joueurs et agissent à travers des codes pour influencer les sélections et les choix tactiques des entraîneurs comme ce fût le cas avec le très célèbre « 1.9.8.4 » ; lequel a, à une époque peser de tout son poids sur les grandes options et orientations internes de l’équipe nationale, les (bons) résultats tardent à suivre. Le miracle se produira-t-il le 22 mars ? Tic tac, tic tac !

Daniel NDING

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