Doual’Air : Le Dg en porte à faux avec la législation camerounaise

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Présenté comme un sans papiers, le Français Mark Braastad qui brandit sa carapace d’intouchable, déjoue les convocations et ultimatums de l’administration camerounaise. Pourtant, il lui est reproché de chercher à s’accaparer l’entreprise pour le compte du groupe Servair.

Aéroport international de Douala. Il est 14h30. Il fait une chaleur suffocante. Devant l’entreprise Doual’Air, (société d’exploitation commerciale de l’aérogare de Douala), des vigiles d’une société de gardiennage tambourinent aux barrières. Les chiens qu’ils tiennent en laisse, poussent des aboiements. Les employés envoient leurs têtes à travers les fenêtres pour voir se qui se passe à l’extérieur. «Depuis le matin que les portes sont fermées, comment allons nous faire pour rentrer ? Nous allons dormir ici ?», s’interrogent certains. Tout le boucan est filmé par les caméras de médias présents, alertés par la tenue d’un conseil d’administration pourtant interdit.

Le Directeur général, Mark Braastad est au cœur du problème, comme nous l’expliquent les huissiers rencontrés sur le site. Ils sont venus en matinée, remettre au Français, l’ordonnance du Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bonanjo, qui interdit –à la requête du Pca- la tenue du conseil d’administration (voir documents ci-dessous). C’est que, bien de griefs pèsent sur Mark Braastad. Le premier, il est en situation irrégulière sur le sol camerounais. «L’entreprise camerounaise Doual’Air a signé en 2015 avec le groupe français Servair, un contrat d’assistance technique. Avec ce contrat, le poste de Dg était assuré par Braastad, et le Président du Conseil d’administration restait un Camerounais. Le contrat numéro 0594 du 2 mai 2015 courait sur huit mois. Son travail était loin de nous avoir plu, raison pour laquelle nous n’avons pas renouvelé le contrat. Mais il refuse de quitter l’entreprise», nous explique un cadre de Doual’Air, documents à l’appui.

Présenté comme un sans papiers, le Français Mark Braastad qui brandit sa carapace d’intouchable, déjoue les convocations et ultimatums de l’administration camerounaise. Pourtant, il lui est reproché de chercher à s’accaparer l’entreprise pour le compte du tristement célèbre groupe Servair.

Mouvement à Doual’Air.

Incompétence notoire

Dans une correspondance du 2 janvier 2019, à l’adresse d’Olivier Célestin NKembe, Pca de la boîte, le délégué régional de l’Emploi et de la Formation professionnelle écrit : «Des sources générales dignes de foi émanant des services de l’emi-immigration font état de ce que ce dernier continue d’exercer au sein de votre entreprise en dépit de ma mise en demeure et de la séance de travail de recadrage que j’ai tenue dans mon bureau en votre présence, et des déclarations de ce dernier lors de notre séance de travail du 16 novembre 2018, dans les locaux de votre société, où il avait pris l’engagement ferme de cesser sa relation contractuelle avec la société Doual’Air dès la fin de l’année 2018. Cette attitude déplorable est un mépris vis-à-vis de l’administration dont j’ai la charge, qui s’est engagée à lutter contre la main d’œuvre expatriée clandestine.»  D’autres mises en garde suivront, sans inquiété l’expatrié. Qui crache aussi sur les convocations de la Justice. Son mépris vis-à-vis de la législation en vigueur, apprend-t-on, est des plus légendaires. Il foule au pied les Lois de la République, joue les intouchables, affiche pompeusement ses allures de néo-colon et nargue ses désormais ex partenaires qui ont refusé de valider son incompétence notoire qu’il cache derrière ses faux airs de blanc-bec.

Souveraineté

Ce jeudi 10 janvier 2019, il était attendu chez le Général de la région de gendarmerie à 11h. Il n’a pas répondu à la convocation. «Avec le réaménagement ministériel du 4 janvier, soutient un cadre, il était question pour lui de renverser le Pca, d’installer quelqu’un qui devait résoudre sa situation de séjour irrégulier. Et d’envoyer les documents au nouveau Minefop Issa Tchiroma, qui, n’étant certainement pas au parfum de cette affaire, avaliserait. L’espace portuaire relève de la souveraineté de notre pays. Un expatrié ne peut pas, au nom du groupe Servair, s’approprier une société camerounaise. Il n’est qu’un actionnaire minoritaire mais il nous fait savoir qu’avec Servair, il va nous évincer.» Malgré l’ordonnance du tribunal, l’homme que plusieurs présentent comme un indic des services secrets français, a  tenu la réunion, avant de se rendre, en soirée chez le procureur. Pour le Pca, les résolutions de ce conseil sont nulles et de nul effet. Affaire à suivre !

Valgadine TONGA

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